Rappel des principaux faits depuis l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998, jusqu'à la décision de la justice jeudi d'accorder la semi-​liberté à Alain Ferrandi.

Assassinat du préfet de Corse

Le préfet de Corse Claude Erignac est tué par balles dans une rue d'Ajaccio le 6 février 1998.

Les jours suivants, des dizaines de milliers d'insulaires expriment leur effroi lors des plus grandes manifes­ta­tions jamais organisées à Ajaccio et Bastia.

Le 9, un groupe natio­na­liste anonyme reven­dique l'assassinat.

Colonna prend le maquis

Les enquê­teurs arrêtent plusieurs militants natio­na­listes en mai 1999, dont quatre passent aux aveux en garde à vue et désignent Yvan Colonna comme le tireur du commando.

Un mandat d'arrêt est lancé contre ce berger natio­na­liste de 39 ans du village de Cargèse, au nord d'Ajaccio, qui a pris le maquis.

En 1999, huit suspects sont mis en examen pour assas­sinat ou complicité.

Premières condamnations

Durant leur procès en 2003, quatre des accusés retirent leurs accusa­tions contre Colonna.

Alain Ferrandi et Pierre Alessandri sont condamnés à perpé­tuité pour assas­sinat. Les six autres écopent de peines allant de 15 à 30 ans pour complicité, dont deux seront acquittés en appel en 2006.

Colonna arrêté et condamné

Le 4 juillet 2003, Yvan Colonna est arrêté après quatre ans de cavale. Il clame son innocence.

Le 25 septembre 2004, Pierre Alessandri dit être celui qui a tiré sur le préfet.

Colonna est condamné à perpé­tuité le 13 décembre 2007, puis en appel le 27 mars 2009, avec 22 ans de sûreté.

Mais le 30 juin 2010, la Cour de cassation annule sa condam­nation pour vice de procédure.

Yvan Colonna est à nouveau condamné à perpé­tuité le 20 juin 2011.

Son pourvoi en cassation est rejeté en 2012 et la Cour européenne des droits de l'Homme le déboute en 2016.

Agression en prison suivie d'émeutes

Au cours des années suivantes, Colonna demande en vain la levée de son statut de détenu parti­cu­liè­rement signalé (DPS), qui permet­trait son trans­fè­rement dans une prison en Corse.

Le 2 mars 2022, il est violemment agressé à la prison d'Arles (Bouches-​du-​Rhône) par un codétenu, Franck Elong Abé, et tombe dans le coma. L'agresseur est mis en examen le 6 d'abord pour tentative d'assassinat terroriste.

En Corse, des manifes­ta­tions en soutien à Colonna sont émaillées de heurts et de violences.

Le gouver­nement lève le statut de DPS de Colonna, puis ceux d'Alain Ferrandi et de Pierre Alessandri.

Le 13 mars, des émeutes font 102 blessés à Bastia, dont 77 parmi les forces de l'ordre.

Décès de Colonna

Le calme revient après une visite sur l'île du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui promet, le 18 mars, des discus­sions pouvant mener à une autonomie pour la collectivité.

Le 21, décès d'Yvan Colonna et nouvelles violences.

Le 11 avril, Ferrandi et Alessandri sont trans­férés vers la prison de Borgo (Haute-​Corse).

Le 12 mai, une demande de semi-​liberté d'Alessandri, libérable depuis 2017, est acceptée mais le parquet national antiter­ro­riste oppose un appel suspensif. La cour d'appel rejette fin septembre cette troisième demande, au grand dam des élus corses.

Alain Ferrandi essuie deux refus du même type.

Demandes d'aménagement réexaminées

Le 5 octobre 2022, les syndicats étudiants natio­na­listes à l'origine des manifes­ta­tions violentes du printemps réclament l'interruption du processus sur l'avenir de la Corse et menacent d'un retour au "rapport de force". M. Darmanin reporte un dépla­cement prévu dans l'île.

Le 26 octobre, la Cour de cassation annule le refus d'un aména­gement de peine de Pierre Alessandri par la cour d'appel de Paris et ordonne un réexamen. Le 31 janvier 2023, la cour d'appel de Paris fait droit à cette demande d'aménagement de peine. Alessandri passe en semi-​liberté le 14 février, ce pour une année.

Le 6 février, 25 ans après l'assassinat du préfet, Gérald Darmanin propose aux instances de l'île de reprendre les discus­sions sur son avenir.

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