De la grande église moderne Saint-Joseph aux chapelles nichées dans les hauteurs, Saint-Laurent-du-Var abrite six clochers chargés d’histoire. Témoins de la vie spirituelle de la commune, ils forment un patrimoine unique, où la foi se mêle à la mémoire populaire. Roland Galligani, responsable de l’équipe liturgique et gardien passionné de ce trésor local, nous livre (quelques uns de) leurs secrets.
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Saint-Joseph, l’audaciseuse
À Saint-Laurent-du-Var, l’église Saint-Joseph ne ressemble à aucune autre. Consacrée en janvier 2009, elle s’impose par sa modernité et son histoire singulière. « Contemporaine, elle est née d’une volonté d’offrir à la ville et au doyenné un édifice plus grand, capable d’accueillir dignement les célébrations » raconte Roland Galligani.

Le projet, porté dans les années 2000 par le père Castro, doit sa naissance à un double miracle. Un terrain cédé symboliquement par un horticulteur laurentin, spécialiste de la rose, et l’arrivée d’un mécène discret, un promoteur suisse, qui a financé intégralement la construction et le mobilier.
« On peut dire que l’église a littéralement été bâtie sur des fleurs » sourit-il. Édifiée en béton, loin des pierres séculaires, Saint-Joseph séduit par la lumière de ses vitraux modernes, signés par le couple d’artistes Frédéric et Christine Pélissier, installés à Sainte-Agnès.
Saint-Laurent, la doyenne
C’est la plus ancienne du territoire. L’église Saint-Laurent, construite par les Augustins au XIᵉ siècle, conserve encore son clocher d’origine, classé monument historique.

« Le bâtiment a connu plusieurs restaurations, la dernière il y a trois ans. Le clocher, lui, reste inchangé, témoin des siècles » précise Roland Galligani. Dédiée à Notre-Dame de l’Assomption - et non à Saint-Laurent, qui n’y figure qu’en second patron - elle révèle quelques secrets.
« Lors du repavage de l’église dans les années 1970, on a découvert une vaste cavité sous la nef, contenant des ossements et… des bouteilles de vin anciennes ! Rien de probant pour parler d’une sépulture, mais on suppose que les Augustins pouvaient y entreposer leurs réserves. »
Jeanne-d’Arc, la chapelle discrète
Construite il y a un demi-siècle par le père Isnardi, la chapelle Jeanne-d’Arc témoigne de l’élan pastoral des années 1970.

« Il voulait développer la vie paroissiale et a trouvé un terrain vendu à bon prix, mais les contraintes de copropriété ont obligé à bâtir en contrebas de la route » se souvient Roland Galligani.
La charpente, en chêne massif, demeure un chef-d’œuvre d’artisanat. « C’est une très belle chapelle, ouverte au culte tous les dimanches à 9 heures. »
Sainte-Geneviève, la « paroisse des hauteurs »
Dans les années 1970, un groupe d’habitants du quartier Montaleigne, conduit par une conseillère municipale, Madame Blondeau, décide de construire une chapelle pour ce secteur excentré.

« C’est un lieu chaleureux, remis récemment à neuf : toiture, sonorisation, chauffage… On y célèbre désormais une messe chaque dernier dimanche du mois » raconte Roland Galligani.
Autrefois, la chapelle accueillait une kermesse annuelle et un repas communautaire après la messe. Les bénéfices servaient à financer les travaux d’entretien. Une tradition que les paroissiens espèrent faire revivre.
La petite Notre-Dame-des-Sept-Douleurs
C’est sans doute la plus émouvante. « C’est un petit bijou, la plus petite des six, construite au XIXᵉ siècle pour remercier la Vierge après une épidémie de choléra » confie Roland Galligani.

Ses fresques intérieures ont été entièrement restaurées par une artiste bénévole. « On y célébrait rarement les messes, mais elle reste un très beau patrimoine. »
Aujourd’hui, les célébrations s’y limitent à deux moments : le lundi de Pâques et la fête de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. « Il n’y a plus personne pour l’ouvrir régulièrement, mais c’est un lieu qui garde une forte charge émotionnelle pour les anciens du quartier. »
Sainte-Pétronille, bientôt de retour ?
Édifiée entre collines et oliviers, la chapelle Sainte-Pétronille, du XIXᵉ siècle, accueillait autrefois un pèlerinage annuel.

« Les communiants y participaient, mais la fête a fini par être interdite : certains paroissiens prenaient un peu trop d’enthousiasme, et un jour, un forcené a même tiré dans la foule… » lance Roland Galligani.
Fermée depuis trois ans à cause des termites, elle est en voie de réouverture. « Le traitement est terminé, on espère la rouvrir pour la messe de la Pentecôte. La mairie a constaté des détériorations et prévoit de reprendre la peinture. Ce serait un bonheur de la retrouver vivante. »




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