Nichée à Saint-Martin-du-Var, tout près de Carros, la remarquable église Saint-Roch est reconnaissable à son incroyable façade bleu azur. Un clin d’œil à son riche passé après une importante phase de travaux terminée voilà plus de deux ans.
La Côte d’Azur regorge d’édifice religieux au style unique. On pense à la chapelle Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, au mont Boron, avec sa toiture en référence à l’art byzantin. Il y a aussi Sainte-Jeanne d’Arc, entre « mosquée » et « fusée », toujours à Nice. Les artistes ont façonné ce patrimoine, à l’image de la chapelle Saint-Pierre, magnifiée par Jean Cocteau, à Villefranche-sur-Mer.
Mais un peu plus dans les terres également, on retrouve de très beaux ouvrages : la chapelle des Pénitents-Blancs et ses fresques que l’on doit à Jean-Michel Folon par exemple. Entre Carros et La Roquette-sur-Var, il nous faut citer Saint-Martin-du-Var, un village dans lequel il fait bon vivre.
En son sein est préservée la superbe église Saint-Roch, l’un des fleurons de la paroisse Saint-Benoit-les-Oliviers. Celle qui ressemble étrangement à une maison a vu le jour en 1750, grâce à l’argent des fidèles de l’époque. Elle a depuis traversé les siècles, faisant l’objet de tous les regards voilà quelques années, lorsqu’elle a pu se refaire une beauté.
Le chantier retardé à deux reprises
Après quasiment deux ans de travaux, elle a dévoilé son aspect flambant neuf en août 2023. Une importante phase de rénovation qui aura sollicité une ribambelle d’artisans, entre la charpente, la consolidation de l’escalier menant au clocher, la toiture et surtout, le reprise de la peinture sur les façades extérieures. À l’intérieur, il était question de réhabiliter les sols ainsi que les menuiseries, entre autres.
Un chantier qui n’a pas été de tout repos. En effet, il a été interrompu à deux reprises, ce qui a retardé l’inauguration du site. On y a d’abord découvert des restes humains, puis plus tard, des fresques cachées. Ces dernières ont été soigneusement préservées grâce au travail de Corinne Tormos, offrant un style… inattendu à cet établissement.
L’église a retrouvé sa couleur originelle
Mais ce qui frappe les esprits lorsqu’on tombe nez-à-nez avec ce monument au détour d’une ruelle, c’est sa couleur. Les murs arborent désormais un bleu azur, donnant un tout nouvel éclat à la place Baudoin sur laquelle trône l’église. Faisant ainsi écho à la mer Méditerranée.
En plus de ce retour aux sources, on aperçoit, sous la pendule de la devanture du sanctuaire, une peinture représentant Saint Martin, ce soldat de l’armée romaine qui, un jour, donna la moitié de son manteau à un mendiant transi de froid. Au-dessus de lui, apparaît Jésus, entouré de deux anges.
Autre anecdote autour de ce lieu qui n’en manque pas, les quatre boulets de canon qui ornent son extérieur. Dénichés lors de fouilles précédentes, ils datent de la bataille de Gilette de 1793. Un clin d’œil au riche passé de ce coin des Alpes-Maritimes.






