Le Rassemblement national a investi ou soutenu pour les élections législatives des candidats aux parcours parfois atypiques, voire controversés.
- L’aile pro-russe -
Le RN présente des aspirants députés considérés comme favorables au Kremlin : dans le Cher, l’avocat de 33 ans Pierre Gentillet, chroniqueur sur CNews, est proche de Thierry Mariani - lui-même réélu eurodéputé il y a dix jours - et de son association Dialogue franco-russe.
Après l’annexion de la Crimée, M. Gentillet a fondé en 2015 le « cercle Pouchkine », plateforme destinée à rapprocher la Russie et la France. Mais avec la guerre en Ukraine, la « donne a changé », souligne-t-il à l’AFP, tout en contestant les « sanctions contre la Russie qui pénalisent les Français » et les discours « va-t-en guerre ».
M. Gentillet s’est rendu aussi plusieurs fois en Syrie, notamment en 2016 pour une rencontre avec le président Bachar al-Assad, aux côtés de Thierry Mariani et de l’ancien président du Front national de la jeunesse, Julien Rochedy.
Dans le même registre, le RN soutient le maire LR de Maisons-Laffitte Jacques Myard dans les Yvelines. Habitué aux polémiques lors de ses déplacements en Crimée ou en Syrie, l’ancien député a critiqué dans une tribune les sanctions contre Moscou, assurant que « Poutine n’est pas le seul fauteur et seul responsable de cette guerre ».
Dans le Val-d’Oise, Sébastien Meurant, ex-sénateur LR passé un temps chez Eric Zemmour, a été mis en cause pour avoir organisé au Sénat une « réunion » avec des parlementaires de tous bords sur le conflit ukrainien, qui s’était révélée être diffusée en direct sur une chaîne ukrainienne pro-russe.
- Dérapages sur les réseaux sociaux -
Problème récurrent au RN, le parti à la flamme va devoir composer avec les dérapages de certains de ses candidats sur les réseaux sociaux.
Candidat à La Réunion, Jonathan Rivière a partagé plusieurs vidéos complotistes sur Facebook, pour dire que l’homme n’a « jamais marché sur la Lune » ou interroger le rôle de la CIA dans les attentats du 11 septembre 2001.
Le journal Libération a exhumé des publications de plusieurs candidats dont Françoise Billaud, investie dans les Côtes-d’Armor. Fin mai, elle a relayé une image suggérant de soutenir « l’hétérosexualité pendant qu’elle est encore légale ». En juillet 2021, elle a partagé une publication d’un internaute montrant la tombe de Pétain, avec la légende « 23 juillet 1951, mort en détention de Philippe Pétain, Maréchal de France ».
- A peine élus à Strasbourg, déjà candidats ailleurs -
Pas moins de quatre eurodéputés élus le 9 juin ont décidé de concourir aux législatives et devront donc, en cas de victoire, quitter l’hémicycle de Strasbourg : Anne-Sophie Frigout (Marne), Marie Dauchy (Savoie), Gaëtan Dussausaye (Vosges) et Virginie Joron (Bas-Rhin).
Cette dernière s’est par ailleurs illustrée lors d’un premier mandat au Parlement européen par son opposition farouche au vaccin contre le Covid-19. En 2019, elle avait, elle aussi, fait le voyage à Damas pour rencontrer Bachar al-Assad.
Un autre eurodéputé, élu le 9 juin, figure encore parmi les candidats, mais en tant que suppléant : Aleksandar Nikolic, dans l’Eure-et-Loir.
- Des parcours parfois sinueux -
Membre du PS, du Parti radical, de l’UMP, « sarkozyste » de gauche, membre de cabinets ministériels sous les gouvernements Chirac, Rocard et Raffarin, candidat sur une liste UMP aux municipales à Paris en 2008 avant de soutenir la socialiste Anne Hidalgo pour la mairie en 2014… C’est finalement avec l’étiquette RN que Thierry Coudert briguera la troisième circonscription de la Côte-d’Or.
De même, la médiatique cheffe cuisinière Babeth de Rozières, qui a tour à tour soutenu Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, Emmanuel Macron puis Éric Ciotti, est candidate dans les Yvelines.
L’ancien syndicaliste CFDT et FO Frédéric Weber, l’un des hérauts de la lutte pour le maintien des hauts fourneaux d’Arcelor Mittal, a été investi en Meurthe-et-Moselle.
Une ancienne députée macroniste, Typhanie Degois, retente sa chance, cette fois sous les couleurs lepénistes, toujour dans la première circonscription de la Savoie.
- La famille d’abord -
Au RN, les liens familiaux sont souvent politiques.
Marie-Caroline Le Pen, soeur aînée de Marine Le Pen et épouse de l’eurodéputé RN Philippe Olivier, brigue un siège de député dans la quatrième circonscription de la Sarthe, fief historique de François Fillon.
En Meurthe-et-Moselle, Dominique Bilde est candidate dans la quatrième circonscription quand son fils Bruno Bilde tente de se faire réélire député dans le Pas-de-Calais. De même, Sandrine Granger et son fils Grégoire Granger briguent respectivement la cinquième et sixième circonscription de la Loire.
Guillaume Pennelle, frère du directeur général du RN Gilles Pennelle élu début juin eurodéputé, est candidat en Seine-Maritime.
Louis-Joseph Pécher, fils d’un intime de Jean-Marie Le Pen et frère de Jean-Eudes Gannat, figure de la mouvance identitaire nationale-catholique et ex-porte-parole d’un groupe depuis dissous, tente sa chance en Meurthe-et-Moselle.





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