Deux procès à l'appui, la Justice confirme que l'enquête "À Nice-​Matin, l'indépendance en danger" publiée dans Nice-​Presse juste avant les élections dépar­te­men­tales de 2021 était bien sérieuse, honnête et réalisée dans les règles. 

C'est assez rare pour être souligné : juste avant d'importantes élections terri­to­riales, le directeur d'un média local a lancé des poursuites contre son concurrent direct. C'est bien ce qui est arrivé en 2021, quand Denis Carreaux, à la tête des rédac­tions du groupe Nice-​Matin, a déposé plainte pour "diffa­mation" contre Nice-​Presse, un mois avant le premier tour des dépar­te­men­tales et régio­nales. Une procédure lancée après la publi­cation dans nos colonnes de l'enquête "À Nice-​Matin, l'indépendance en danger".

Échec total devant le Tribunal correc­tionnel de Nice : il y a un an, les magis­trats relaxaient Nice-​Presse et son directeur Clément Avarguès de cette accusation de diffa­mation. Pire pour la partie poursui­vante, Denis Carreaux était condamné au versement de dommages-​intérêts pour "consti­tution de partie civile abusive". Lequel avait décidé de faire appel.

La Cour d'appel d'Aix-en-Provence a rendu sa décision, commu­niquée ce mercredi 3 avril. Elle souligne l'intérêt de l'article publié par Nice-​Presse en 2021 : "l'indépendance d'un groupe de presse relève d'un débat d'intérêt général. La légitimité du but poursuivi est établie".

Au sujet des extraits incri­minés, les magis­trats démentent à plusieurs reprises tout caractère diffa­ma­toire, recon­naissent "une prudence dans l'expression" et la recherche d'éléments contra­dic­toires, à charge et à décharge

L'affaire est terminée

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Vue de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence - Photo © Depositphotos.com

Nice-​Presse était également poursuivi pour avoir cité le travail de confrères sur les pratiques de Nice-​Matin.

Or, estime la Cour, relayer les articles du Monde Diplomatique (Simon Fontvieille et Jean-​Baptiste Malet, 03/​2020) et de Arrêt sur Images (Loris Guémart, 07/​03/​2020) permettait aux lecteurs de "compléter leur infor­mation et se forger leur propre opinion".

Plus généra­lement, la Justice estime que cette enquête prenait appui sur "une base factuelle suffi­sante", relevant de "la liberté d'information". Par ailleurs, "la bonne foi du prévenu, Clément Avarguès, est établie (…) Aucune faute civile n'est démontrée".

Sur un point très secon­daire, la Cour d'appel n'a pas établi que le directeur de Nice-​Matin se serait porté partie civile dans l'intention de nuire au prévenu, il n'aura donc pas à verser 500 euros. Nice-​Presse étant défini­ti­vement relaxé du délit de diffa­mation, l'affaire est terminée. 

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