Après six semaines d’audience et trois semaines de suspension, le procès du réseau présumé de blanchiment international lié à la bande criminelle corse du « Petit Bar » a repris lundi à Marseille avec le réquisitoire du ministère public.
Un réquisitoire attendu contre le clan du « Petit Bar »
« Allons-nous sonner le glas de ce clan, le Petit Bar, ce clan criminel qui imprime sa marque sur Ajaccio ?», a interrogé lundi Isabelle Candau, l’une des deux procureures de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) en ouverture des réquisitions, prévues jusqu’à mercredi devant le tribunal correctionnel de Marseille.
Un dossier tentaculaire de plusieurs dizaines de millions d’euros
Depuis fin février, 24 prévenus, parmi lesquels plusieurs membres présumés du clan – dont tous contestent jusqu’à son existence même –, comparaissent dans ce dossier complexe, né d’une vaste enquête sur des investissements immobiliers à Courchevel (Savoie) et des achats de montres de luxe, pour des montants atteignant plusieurs dizaines de millions d’euros.
L’absence remarquée de Jacques Santoni, « l’intouchable »
Le procès se déroule sans la présence de Jacques Santoni, qualifié par la procureure de « chef incontesté et incontestable » du clan. Tétraplégique depuis un accident de moto en 2003, il a fait valoir un certificat médical pour justifier son absence. Il est poursuivi pour blanchiment aggravé, complicité et tentative d’extorsion, ainsi que pour participation à une association de malfaiteurs, le tout en récidive.
Une organisation criminelle aux ramifications internationales
Selon l’ordonnance de renvoi devant le tribunal, longue de 934 pages, Jacques Santoni est soupçonné d’avoir dirigé une « organisation structurée et hiérarchisée » active entre janvier 2018 et janvier 2021 en Corse-du-Sud, en Île-de-France, ainsi qu’à Hong Kong, Singapour, en Suisse et au Luxembourg.
Des bras droits présumés et des proches sur le banc des accusés
Michael Ettori, Pascal Porri – le seul actuellement détenu – et André Bacchiolelli sont désignés comme ses bras droits ou « pièces maîtresses », tous niant leur implication. En récidive légale, ils risquent jusqu’à 20 ans de réclusion. Michael Ettori, ainsi que trois autres prévenus, est en fuite et fait l’objet d’un mandat d’arrêt.
Le procès vise également les ex-épouses de figures du clan et plusieurs entrepreneurs ou hommes d’affaires, considérés par la procureure comme « des relais pour entrer dans un sérail ».
Le rôle d’intermédiaires chinois dans le blanchiment d’argent
Deux « membres de la communauté chinoise d’Aubervilliers », en banlieue parisienne, sont accusés d’avoir remis d’importantes sommes issues du blanchiment international de fonds via des sociétés chinoises.
Des condamnations déjà prononcées en marge du procès
Avant l’ouverture de cette audience, trois autres prévenus avaient déjà été condamnés dans ce dossier dans le cadre de procédures de plaider coupable.
(Avec AFP)



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