À Nice, le duel aura tenu toutes ses promesses. Éric Ciotti, allié notamment au RN, s’impose face à Christian Estrosi et prend la tête de la cinquième ville de France. Une victoire qui s’inscrit dans une rivalité ancienne entre les deux hommes.
- Les résultats estimés à 22h15. Éric Ciotti (48,9 %), Christian Estrosi (37 %) et Juliette Chesnel Le Roux (14,1 %), selon ELABE pour BFM.
Le parcours s’est construit sur la durée, presque en filigrane de la vie politique azuréenne. Longtemps dans l’ombre de Christian Estrosi, Éric Ciotti s’est imposé comme son principal rival, jusqu’à lui ravir la mairie de Nice.
Député de la première circonscription des Alpes-Maritimes depuis 2007, ancien président du conseil départemental entre 2008 et 2017, il a bâti toute sa carrière sur la Côte d’Azur. Une trajectoire locale qu’il revendique pleinement. « Je suis né à Nice, j’ai grandi à Nice, certains diront pas beaucoup », plaisante-t-il souvent.
Né d’une mère institutrice et d’un père agent immobilier, il reste attaché à la Vésubie, dans l’arrière-pays.
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« Un vieux couple qui divorce »
Tout commence en 1988. Diplômé de Sciences Po Paris, Éric Ciotti choisit de devenir l’attaché parlementaire de Christian Estrosi, alors jeune député. Les deux hommes deviennent rapidement inséparables.
Avec le temps, la relation se fissure. Leur opposition finit par structurer la vie politique locale. « Chacun considère qu’il a fait l’autre, d’où la rancoeur d’un vieux couple qui divorce », observe Charles-Ange Ginésy, le président des Alpes-Maritimes.
Leurs trajectoires politiques divergent nettement. Christian Estrosi s’oriente vers le macronisme, tandis qu’Éric Ciotti s’affirme sur une ligne plus dure, notamment sur la lutte contre l’immigration clandestine.
Ses proches décrivent un homme « très à l’écoute », « sincère », avec une « mémoire colossale », à la fois « chaleureux et drôle » dans le privé, mais aussi doté d’un « tempérament bouillant ».
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Le tournant, un accord avec le RN
Après l’élection présidentielle de 2022 et les difficultés des Républicains, Éric Ciotti accède à la tête du parti. Mais les divisions internes s’intensifient, notamment autour de la ligne politique à suivre.
En juin 2024, il franchit un cap en concluant une alliance avec le Rassemblement national, rompant avec la tradition du cordon sanitaire. À Nice, cette stratégie s’inscrit dans un contexte où le RN progresse.
Christian Estrosi attaque alors frontalement son ancien allié. « Il a été estrosiste, il a été sarkozyste, il a été filloniste, il a été wauquériste, il a été pécressiste, il est aujourd’hui lepéniste… Il incarne le changement de veste ».
Exclu de LR, Éric Ciotti poursuit avec son nouveau parti, l’Union des droites pour la République. Il conserve un discours offensif sur plusieurs sujets, dénonçant « l’en-même-temps de Macron », « l’idéologie wokiste » ou encore les « islamogauchistes ».
À Nice, il adapte cependant sa campagne. Entouré d’une liste éclectique où les membres du RN restent discrets, il met en avant une volonté de rassemblement. « Depuis quelques mois, il est beaucoup plus ouvert », assure Jean-Pierre Rivère.
Désormais maire de la cinquième ville de France, il dispose d’un nouveau point d’appui politique pour tenter d’élargir son influence, notamment auprès de ceux qualifiés de « LR de papier ».
Ce qui est important
- Éric Ciotti remporte la mairie de Nice face à Christian Estrosi après une rivalité politique ancienne.
- Son alliance avec le Rassemblement national marque une rupture stratégique dans la droite.
- Cette victoire lui ouvre des perspectives politiques au-delà des Alpes-Maritimes.
Nice-Presse avec dépêche



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