À Marseille, Emmanuel Macron a réaffirmé mardi sa volonté de mener une guerre assumée contre le narcotrafic, mêlant traque des têtes de réseaux, durcissement des sanctions contre les consommateurs et gestes symboliques forts à l’égard des victimes.
Le déplacement présidentiel a commencé par un temps de recueillement sur la tombe de Mehdi Kessaci, assassiné le 13 novembre à l’âge de 20 ans, probablement pour faire pression sur son frère Amine, engagé contre l’emprise des réseaux de drogue.
Ce meurtre a profondément marqué une ville pourtant habituée aux violences liées aux stupéfiants. Si le nombre de morts est en recul depuis deux ans, 17 personnes ont été tuées cette année dans le département, contre 24 l’an dernier et 50 en 2023.
Mehdi Kessaci « a été attaqué parce qu’on attaquait » les trafiquants, a déclaré le chef de l’État devant des policiers, lors de l’inauguration d’un commissariat dans les quartiers Nord, en présence d’Amine Kessaci, 22 ans, et de sa mère.
« C’est une famille courageuse qui se bat, comme beaucoup de Marseillaises et de Marseillais. On ne doit rien lâcher, parce que ce qu’ils cherchent à faire, c’est à intimider », a ajouté Emmanuel Macron.
Narcotrafic à Marseille : durcissement des sanctions et pression sur les réseaux ?
Le président a également rencontré la mère de Socayna, étudiante tuée par une balle perdue en 2023 alors qu’elle travaillait dans sa chambre, un drame qui avait déjà bouleversé la deuxième ville de France.
Dans la matinée, lors d’un échange avec les lecteurs du quotidien La Provence, Emmanuel Macron a promis une « guerre aux réseaux qui tuent des jeunes innocents », affirmant qu’il « n’y a aucune chance qu’ils gagnent ».
Il a exprimé sa détermination à aller chercher la coopération des pays où se trouvent les chefs de réseaux, afin de saisir leurs biens et procéder à leur arrestation. Le chef de l’État doit d’ailleurs se rendre dimanche aux Émirats arabes unis pour le Noël aux troupes, un pays où se sont réfugiés plusieurs narcotrafiquants selon la justice française.
S’agissant des consommateurs, dont il souligne régulièrement la responsabilité, Emmanuel Macron a confirmé le passage de l’amende forfaitaire délictuelle de 200 à 500 euros. « J’en ai ras-le-bol d’avoir des jeunes qu’on pleure et dans des quartiers d’avoir d’autres gens qui considèrent que c’est festif d’aller acheter de la drogue », a-t-il lancé.
Pour le maire divers gauche de Marseille, Benoît Payan, cette mesure « ne mettra pas fin au trafic ». « Mes ennemis, c’est ceux qui ont du sang sur les mains, c’est les narcotrafiquants. Mais évidemment que les consommateurs doivent se poser la question de ce qu’ils font », a-t-il estimé.
L’édile a surtout plaidé pour un renforcement des moyens destinés à réimplanter des services publics dans les quartiers les plus paupérisés et minés par les trafics.
De son côté, Amine Kessaci a appelé à la création d’une « convention citoyenne de la lutte contre le narcotrafic pour justement créer un espace de parole et donner la parole » aux habitants, lors d’une intervention sur Ici Provence.
En fin d’après-midi, toujours sur le volet sécuritaire, Emmanuel Macron a inauguré l’extension de la prison des Baumettes.
Le président a également défendu le bilan du plan « Marseille en grand », lancé en 2021 avec cinq milliards d’euros d’engagements de l’État, qu’il juge « sans équivalent » pour combler les retards de la ville.
La Cour des comptes avait pourtant pointé en octobre 2024 un suivi jugé indigent et un manque de cohérence de ce programme, censé notamment rénover les écoles, développer les transports, réduire les fractures territoriales et renforcer les effectifs de police.
Alors qu’un site de suivi des projets a été mis en ligne avant la visite, Emmanuel Macron a assuré se rendre sur le terrain pour constater les réalisations et ce qu’il reste à accomplir pour « Marseille en grand », affirmant vouloir continuer à rendre des comptes et à poursuivre le travail.
Selon l’Élysée, les deux tiers des crédits sont désormais engagés, avec notamment la livraison de 15 écoles, des chantiers en cours sur 86 autres et le déploiement de 350 policiers supplémentaires dans les Bouches du Rhône.
La visite présidentielle s’est achevée par le lancement symbolique des travaux de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur, un projet de 3,6 milliards d’euros destiné à reconfigurer le réseau ferroviaire régional, dont l’extension de la gare Saint Charles.
- Ce qu’il faut retenir : Emmanuel Macron a affiché à Marseille une ligne dure contre le narcotrafic, mêlant symboles, annonces sécuritaires et pression internationale. Le président a confirmé le relèvement de l’amende pour les consommateurs tout en ciblant les chefs de réseaux. Il a aussi défendu le plan Marseille en grand et lancé symboliquement un grand projet ferroviaire régional.
Avec AFP







: « Emmanuel Macron a affiché à Marseille une ligne dure contre le narcotrafic ». Si c’est lui qui dit ça alors, attention les yeux, ça va faire mal …