Après la fermeture de son site de Saint-Mauront à Marseille pour des raisons de sécurité, Orange a annoncé proposer à environ 300 salariés de rejoindre d’autres lieux de travail ou de recourir au télétravail. Une décision prise dans un contexte de fortes tensions locales, après la découverte d’impacts de balles sur la façade du bâtiment, et dans l’attente des conclusions de l’enquête en cours.
L’émotion reste vive parmi les salariés d’Orange à Marseille. Depuis le début du mois de janvier, le site de Saint-Mauront, situé dans un quartier populaire du centre-ville, est au cœur des préoccupations de l’entreprise et des organisations syndicales. La découverte de plusieurs impacts de balles sur la façade du bâtiment a conduit la direction à fermer temporairement le site et à revoir en urgence l’organisation du travail pour une partie de ses effectifs.
Orange réorganise le travail de 300 salariés après la fermeture du site
Dans ce contexte, Orange a annoncé à l’AFP que près de 300 salariés, principalement issus des fonctions tertiaires, se verront proposer différentes solutions. Selon un porte-parole du groupe de télécommunications, ces employés pourront rejoindre d’autres sites d’Orange, s’installer dans des espaces de travail partagé ou exercer leur activité en télétravail. Cette réorganisation vise à garantir la continuité de l’activité tout en répondant aux impératifs de sécurité.
« L’objectif aujourd’hui, c’est la sûreté et la sécurité des salariés », a rappelé le porte-parole, soulignant que ces mesures sont mises en place « en attendant les résultats de l’enquête sur les récents événements ». La direction affirme travailler sur ces solutions depuis plusieurs mois, dans un climat devenu progressivement plus tendu.
Protection renforcée
La situation est différente pour les quelque 200 techniciens rattachés au site de Saint-Mauront. Contraints de continuer à s’y rendre, ils bénéficieront, selon Orange, d’un dispositif de sécurité adapté. La direction assure que des mesures spécifiques ont été prévues afin de limiter les risques pour ces salariés, dont l’activité nécessite une présence sur place.
Joint par l’AFP, Sébastien Crozier, délégué CFE-CGC, a précisé que « la plupart » de ces techniciens « viennent en voiture et travaillent en sous-sol », une configuration qui, selon lui, « minimise les risques ». Un élément mis en avant pour rassurer, alors que le climat sécuritaire demeure préoccupant aux abords du site.
Un site déjà fragilisé par les tensions
Le site de Saint-Mauront avait déjà été fermé une première fois le 27 novembre, à la suite d’une « montée des tensions » dans le quartier. À l’époque, l’entreprise avait basculé ses salariés en télétravail. Les syndicats avaient alors dénoncé des « bagarres » et pointé l’emprise du « narcotrafic », évoquant la présence de plusieurs points de deal à proximité immédiate des locaux d’Orange.
La nouvelle fermeture, intervenue le 7 janvier, fait suite à la découverte des impacts de balles, un événement qui a profondément marqué les équipes. La préfecture de police a indiqué que « la date des tirs n’était pas connue même si tout laissait à penser que ces faits s’étaient produits en dehors des heures ouvrables ».
Enquête en cours
Face à cette situation, la préfète Corinne Simon a annoncé un renforcement du dispositif policier autour du site. Elle a indiqué avoir décidé « de renforcer la présence policière en augmentant rondes et patrouilles », avec la mise en place « d’une garde statique aux heures d’entrée et de sortie du site ». Ces mesures visent à sécuriser les déplacements des salariés et à prévenir de nouveaux incidents.
Le site d’Orange à Saint-Mauront accueille environ 1.000 salariés et se situe dans un quartier paupérisé du centre de Marseille. Il a été fermé à deux reprises ces derniers mois pour des raisons de sécurité, illustrant les difficultés persistantes auxquelles l’entreprise est confrontée localement. La direction a confirmé à l’AFP qu’elle recherchait un site supplémentaire « depuis plusieurs mois », signe d’une réflexion de fond sur l’avenir de ses implantations marseillaises.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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