Municipales 2026 - À quelques jours des municipales, deux candidats de La France insoumise affirment avoir été visés par une campagne numérique organisée depuis l’étranger. À Marseille, le député Sébastien Delogu a déposé plainte après la diffusion en ligne de contenus diffamatoires. À Toulouse, le député François Piquemal prévoit lui aussi de saisir la justice.
Une campagne numérique visant deux candidats aux élections municipales fait l’objet d’investigations. Selon des sources policières, les députés LFI Sébastien Delogu à Marseille et François Piquemal à Toulouse ont été ciblés par une opération de manipulation en ligne.
Des « marqueurs techniques numériques qui pointent vers l’étranger » ont été identifiés. Les investigations se poursuivent afin d’en déterminer précisément l’origine géographique.
Cette campagne numérique visait directement les deux parlementaires, engagés dans les municipales de leurs villes respectives.
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Plainte déposée après des publications en ligne
À Marseille, Sébastien Delogu a décidé de saisir la justice. Le député a déposé plainte pour des « faits de diffamation à l’égard d’un particulier par image ou communication par voie électronique », a indiqué mardi son avocat Yonès Taguelmint.
Ceci concerne notamment des publications provenant d’un « blog de Sophie ». Ce site se présente comme celui d’une ancienne collaboratrice écrivant sous pseudonyme et affirmant vouloir raconter « comment Sébastien Delogu m’a fait du mal et a détruit ma vie ».
Le site contenait également des insinuations pouvant laisser penser à des violences. Mardi, la plateforme et ses déclinaisons sur Facebook et X n’étaient plus accessibles.
Un réseau de faux comptes et l’IA évoqués
D’après des informations révélées par le journal Le Monde, ce blog serait relié à « un tissu de faux comptes sur le réseau social » X. Ce réseau viserait également François Piquemal, candidat LFI à la mairie de Toulouse.
L’équipe de campagne du député toulousain a indiqué que celui-ci entendait déposer plainte « cette semaine ».
Cette nébuleuse de comptes, utilisant notamment l’intelligence artificielle, serait « utilisé(e) pour promouvoir des messages d’Elnet (…) lobby pro-israélien installé en Europe et enregistré, en France (…) en conflit ouvert avec LFI ».
Les deux députés ciblés sont engagés dans l’opposition aux opérations militaires d’Israël dans la bande de Gaza.
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« Après avoir été traité de trafiquant, d’allié de l’extrême droite, voilà que des agences d’influence étrangères organisent des campagnes de désinformation infamantes contre moi. Le lobby pro-israélien Elnet pourrait être impliqué. Ils ne me font pas peur. Je ne cèderai pas », a écrit lundi sur X le député de Marseille.
Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, également député de Marseille et présent en 29e position sur la liste conduite par Sébastien Delogu, a lui aussi réagi.
« Nous demandons à ce que les autorités de notre pays fassent respecter l’intégrité du processus électoral. Le commanditaire et l’exécutant de cette opération doivent être mis hors d’état de nuire », a-t-il écrit.
« Nos élections ne sont pas un terrain de jeu pour les agents des gouvernements étrangers, ni pour les barbouzes et autres agences d’influence ».
D’autres cas d’ingérences signalés récemment
Cette affaire intervient alors que d’autres opérations d’ingérence numérique ont été détectées ces dernières semaines dans le cadre des municipales.
Le candidat de centre-droit aux municipales à Paris Pierre-Yves Bournazel avait lui aussi été visé par une opération en ligne. Celle-ci était menée par un réseau lié à la Russie, selon Viginum, le service chargé de lutter contre les manipulations de l’information sur internet.
Fin février, les autorités avaient également identifié une première ingérence visant les municipales. Dans ce cas, l’opération poursuivait un objectif lucratif et reposait sur un réseau de faux sites pilotés depuis l’Asie du Sud, visant plusieurs prétendants à la mairie de Paris.
Ce qui est important
- Deux candidats LFI aux municipales à Marseille et Toulouse affirment avoir été visés par une campagne numérique venue de l’étranger.
- Une plainte a déjà été déposée à Marseille et une autre doit être déposée à Toulouse.
- Les autorités enquêtent alors que plusieurs opérations d’ingérence numérique ont récemment ciblé des élections municipales en France.



C’est une mauvaise manière de dire que c’est ‘depuis l’étranger’. C’est quoi l’étranger sur le web ?