À Marseille-Fos, l’année 2026 doit marquer un tournant stratégique. Le premier port de France s’apprête à devenir le premier port d’Europe capable d’alimenter simultanément trois navires de croisière à quai en électricité, tout en affichant des résultats économiques en progression. Une trajectoire portée par des investissements en hausse, mais toujours largement dépendante des flux d’hydrocarbures.
Trois paquebots branchés en même temps, moteurs à l’arrêt, fumées coupées. Dès avril 2026, le port de Marseille-Fos veut franchir un cap symbolique, à la fois technologique et environnemental, dans un contexte où les escales de croisière continuent de susciter de vives tensions locales.
Un port en croissance malgré un contexte international sous tension
Présentant les résultats et perspectives du port, Christophe Castaner, président du conseil de surveillance du port de Marseille Fos, a insisté sur la solidité de ses bases économiques. « Le port de Marseille a des fondamentaux qui restent solides », a-t-il affirmé, en dépit de « tensions géopolitiques » persistantes. Selon lui, « des chiffres de croissance (…) qui montrent une dynamique positive » témoignent de cette résilience.
En 2025, le chiffre d’affaires du port a progressé de 5%, pour atteindre 235,3 millions d’euros. Une évolution parallèle à celle du trafic global, lui aussi en hausse de 5%, avec un total de 74 millions de tonnes traitées sur l’année.
Les hydrocarbures toujours au cœur de l’activité
Derrière ces résultats, le poids des hydrocarbures demeure central. Les vracs liquides représentent à eux seuls 47,6 millions de tonnes, dont 43,5 millions de tonnes d’hydrocarbures, soit environ 65% du trafic total du port.
Le directeur général du port, Hervé Martel, a mis en avant une évolution marquée sur les produits raffinés. « La très grosse croissance des produits raffinés [est] liée à des fermetures, des arrêts techniques de raffineries » en Europe, a-t-il expliqué, rappelant que Marseille-Fos reste « un port pétrolier important, le troisième en Europe aujourd’hui je crois. »
Automobile, conteneurs et nouvelles dynamiques de trafic
Au-delà des flux énergétiques, d’autres segments contribuent à la vitalité du port. Le trafic automobile affiche une progression notable, avec « 17% de croissance [concernant] les voitures ». Hervé Martel souligne le rôle stratégique de Marseille-Fos dans ces chaînes logistiques, tant pour les exportations vers l’Algérie, la Tunisie ou la Corse que pour les importations en provenance du Maroc, de la Turquie ou de la Corée.
À l’inverse, le trafic de conteneurs est resté stable, se maintenant à un niveau équivalent à celui observé en 2024, sans progression notable sur l’année écoulée.
Des investissements en forte hausse pour la transition écologique
Pour accompagner ces évolutions, le port prévoit une montée en puissance de ses investissements, qui atteindront près de 130 millions d’euros en 2026, soit une hausse de « 24%» par rapport à 2025. Environ un tiers de cette enveloppe sera consacré à la transition écologique et à la décarbonation, avec un accent particulier sur le développement des connexions électriques à quai.
C’est dans ce cadre que Marseille-Fos ambitionne de devenir, dès avril 2026, « le premier port d’Europe et de Méditerranée capable de brancher simultanément trois navires de croisière ». Christophe Castaner y voit la confirmation de « son avance technologique et son engagement pour la qualité de l’air et la décarbonation du territoire ».
Une avancée attendue alors que, lors des pics saisonniers, jusqu’à cinq escales peuvent être accueillies simultanément. Faute de branchement électrique, ces navires doivent faire tourner leurs moteurs à quai, alimentant une polémique persistante. Des riverains ont engagé une action en justice, tandis que la mairie avait lancé en 2022 une pétition contre les escales des navires jugés les plus polluants.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP







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