Le site d’Orange à Marseille, implanté dans le quartier sensible de Saint-Mauront, va de nouveau fermer à partir de jeudi, après la découverte de plusieurs impacts de balles sur sa façade. Déjà contraint à une fermeture fin novembre, l’opérateur invoque une priorité absolue donnée à la sécurité de ses salariés, tandis qu’une enquête est en cours et que les syndicats réclament désormais un départ définitif du site.
Le choc est encore vif chez les salariés. À Saint-Mauront, quartier du nord de Marseille, la découverte de nouveaux impacts de balles sur un site industriel majeur a ravivé les inquiétudes et relancé un débat brûlant sur les conditions de sécurité au travail.
À Saint-Mauront, un site Orange à nouveau à l’arrêt
Le site d’Orange, qui emploie habituellement près d’un millier de collaborateurs, va fermer de nouveau ses portes à compter du jeudi 8 janvier 2026. L’opérateur télécoms a pris cette décision après la découverte, lundi, de quatre impacts de balles sur la façade du bâtiment. Une situation qui fait écho à une première fermeture intervenue fin novembre, déjà motivée par un contexte jugé dégradé.
Mercredi soir, Orange a indiqué que « dans le cadre de l’enquête initiée lundi, des premiers éléments sur cet incident ont été portés à notre connaissance hier soir ». Face à ces éléments, l’entreprise a décidé d’agir sans délai. « La sécurité des collaborateurs étant notre priorité absolue et guidant nos décisions », la direction a annoncé que les salariés seraient invités à travailler sur d’autres sites du département ou en télétravail, et ce pour toute la durée de l’enquête.
Des impacts de balles qui ravivent les tensions
En début de semaine, la découverte de plusieurs impacts de balles par des agents de sécurité a provoqué une vive émotion parmi les salariés, tout juste revenus sur le site après la fermeture de novembre. À l’époque, Orange avait déjà invoqué une « montée des tensions » dans le quartier, mettant en place le télétravail pour ses équipes.
Les syndicats avaient alors dénoncé des « bagarres » répétées et pointé l’emprise du « narcotrafic », avec la présence de plusieurs points de deal à proximité immédiate du site. Ces éléments avaient contribué à installer un climat anxiogène durable, aujourd’hui ravivé par la découverte de tirs dont la date exacte reste inconnue.
Renforcement de la sécurité
Lundi, après la découverte des impacts, la préfète de police déléguée Corinne Simon s’est rendue sur place, alors que des agents procédaient aux premières constatations et à une expertise balistique. La préfecture de police a précisé que « la date des tirs n’était pas connue même si tout laissait à penser que ces faits s’étaient produits en dehors des heures ouvrables ».
Dans l’attente des conclusions de l’enquête, la préfète a annoncé un renforcement du dispositif de sécurité, avec « une augmentation des rondes et patrouilles », ainsi que la mise en place d’«une garde statique aux heures d’entrée et de sortie du site ». Mercredi soir, la préfecture a toutefois indiqué qu’il n’y avait « pas de conclusion à ce stade » concernant ces nouveaux faits.
Les syndicats réclament un départ définitif
Du côté des représentants du personnel, le ton se durcit. Laurent Bedrossian, pour la CFE-CGC Orange, a rapporté qu’«lors d’une réunion à 14h00 le directeur opérationnel grand sud, Nicolas Drouillet nous a annoncé que le site serait fermé demain et resterait fermé le temps de l’enquête, sans indication de durée ».
Le syndicat va plus loin et affirme désormais que « la CFE-CGC exige deux choses : l’organisation de la fermeture définitive et l’officialisation du déménagement ». Une position qui illustre l’ampleur du malaise, alors que le site de Saint-Mauront apparaît de plus en plus comme un symbole des difficultés rencontrées par certaines entreprises implantées dans des secteurs marqués par l’insécurité.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP



