Face à l’expansion immobilière qui bouleverse le paysage, des habitants de Vence ont décidé de se mobiliser. Leur objectif clé : une urbanisation raisonnée et respectueuse des règles. Jacques Cordier, l’un des membres actifs, partage ses préoccupations et celles de nombreux riverains.
- Dossier spécial Vence - Plein zoom sur nos communes des Alpes-Maritimes, au plus près du terrain : reportages, portraits, interviews… Les réussites de nos territoires, portées par leurs figures locales.
« L’association est née autour du projet Chagall. Nous sommes des citoyens vençois, affiliés à aucun parti » souligne Jacques Cordier. Cette opération, à l’Ouest de la ville, cristallise des tensions depuis de nombreuses années.

Avec 220 logements, dont 47 sociaux, ainsi que des locaux commerciaux et un parc public, le vaste ensemble immobilier s’étend sur deux îlots distincts. Si les travaux du Nord, entre les avenues Rhin-et-Danube et Henri-Giraud, ont été achevés en fin d’année, le Sud est pour l’instant à l’arrêt suite à la décision du maire de la ville, Régis Lebigre, de faire stopper le projet dans sa forme actuelle.
Urbanisation « déraisonnée » ?
« Chagall est une aberration, un vrai massacre. Ce n’est pas la création de logements que nous contestons, mais la façon dont ces chantiers sont menés, sans concertation populaire et peut-être en dehors du cadre réglementaire. »

Les inquiétudes des riverains ne s’arrêtent pas là. D’autres dossiers de grande ampleur, comme une résidence sociale dans le quartier des Meillières, une autre pour les seniors aux Cadrans Solaires, ou encore des constructions sur le terrain de la Pépinière Gaudissart et en dessous du Leclerc, inquiètent.
Pour le collectif, tout cela s’enchaîne sans réelle prise en compte de problématiques locales. « Qu’en est-il des eaux pluviales, du stationnement, des infrastructures existantes ? Ces questions ne sont même pas envisagées dans les premières étapes » s’insurge le collectif.
« Nous sommes des lanceurs d’alerte »
Le sujet des Cadrans Solaires, initialement controversé, a néanmoins vu ses plans révisés grâce à la mobilisation. « Nous avons démontré que certaines voies privées allaient être touchées et que des aménagements techniques n’étaient pas conformes. Le projet a dû être revu. »
Face à ce qu’ils dénoncent comme un laisser-faire en faveur de promoteurs, les membres de l’asso ont exigé la mise en place d’une charte de l’urbanisme. Ce document a pour vocation d’imposer des pré-requis plus stricts, même si des cascades de textes nationaux existent déjà.

« Nous voulons des plus règles claires : si elles ne sont pas respectées, les promoteurs ne doivent pas obtenir de marché. »
Un collectif qui ne se contente pas de dénoncer puisqu’il se veut aussi force de proposition. « Nous jouons un rôle de lanceurs d’alerte. Notre objectif est d’intervenir en amont, avant que les premiers coups de pioche ne soient donnés. »
Préserver l’identité de Vence
Un combat quotidien destiné à préserver l’identité de la cité des arts. « Nous ne voulons pas que Vence devienne une simple ville-dortoir de la métropole niçoise. »
L’appartenance de la commune à l’agglo compliquerait néanmoins la donne. « Les contraintes imposées par la Métropole, notamment sur la création de logements, sont de plus en plus lourdes. Avec la pression immobilière de Nice, les villes périphériques doivent accueillir une part importante de ces nouveaux habitants. »
Pour le collectif, une voix forte au sein de la collectivité pourrait permettre de défendre davantage les intérêts hyper-locaux. « La ville mérite qu’on lutte pour préserver son caractère et son cadre de vie exceptionnel. Vence est une petite cité de moins de 20.000 habitants, il ne faut pas l’oublier. »





Hélas..c’est déjà bien entamé !!chagall horrible !