Le préfet des Alpes-Maritimes annonce ce 29 mai qu’il interdit l’abattage rituel en dehors des exploitations agréés. Une mesure qui vise, selon lui, à protéger les citoyens musulmans contre les risques sanitaires.
À partir du 15 ou du 16 juin prochain, durant trois jours, les musulmans du monde entier célèbreront l’Aïd el-Kébir. Cette grande fête commémore à la fois la fin du pèlerinage à La Mecque et le sacrifice d’Abraham. À cette occasion, les croyants sacrifient, selon le rituel, un mouton.
Mais cette tradition inquiète déjà les autorités départementales. Ces dernières alertent sur de possibles débordements, dont des abattages sauvages. Dans un communiqué publié ce mercredi 29 mai, le préfet Hugues Moutouh annonce plusieurs mesures pour réguler la mise à mort de l’espèce ovine.
Des tensions entre la préfecture et les responsables musulmans
Comme chaque année depuis 1997, une commission de préparation de la célébration de l’Aïd est organisée pour mettre en place des abattoirs temporaires pour les particuliers. Une réunion qui regroupe le préfet et les responsables des principales fédérations religieuses, mais aussi les services vétérinaires, la chambre de l’agriculture, les syndicats ovins, la police ainsi que la gendarmerie.
Mais patatras ! Organisée ce lundi 27 mai, la rencontre a été boycotté par les responsables du culte musulman. Une première depuis 30 ans, selon Nice-Matin.
Dans une lettre adressée au préfet, la Fédération azuréenne de mosquées et instituts islamiques (Famii), notamment en charge notamment d’En Nour, explique : « nous sommes dans l’obligation de décliner. Les musulmans estiment que rien n’a été proposé par l’État pour une organisation saine et rapide de l’abattage rituel, et qu’une énième réunion ne pourra résoudre cette problématique ».
Des frictions qui rappellent celles entre Christian Estrosi et les fidèles niçois. Il y a quelques semaines, les fédérations du culte musulman avaient refusé l’offre du maire de Nice qui proposait de mettre à disposition une grande salle pour fêter la fin du Ramadan.
À LIRE AUSSI : Ramadan : la polémique entre la communauté musulmane et la mairie de Nice en 3 actes
De son côté, le représentant de l’État appelle les professionnels à réguler le sacrifice des ovins. « L’abattage rituel est donc interdit en dehors des abattoirs agréés », a fait savoir le préfet.
Il interdit « la détention d’ovins ou de caprins vivant et la cession à titre gratuit ou onéreux à toute personne ne pouvant justifier d’une déclaration à l’établissement de l’élevage rural régional (EDER)», et ce jusqu’au 23 juin prochain.
Hugues Moutouh précise que la cession est uniquement autorisée « si elle est assortie d’une prestation de transport assurée par un transporteur autorisé vers un abattoir agréé, un clinique vétérinaire ou entre deux exploitations ».
Des mesures motivées par le fait que de nombreux animaux sont abattus dans des conditions clandestines « en contradiction avec les règles d’hygiène et de protection animale selon la loi ». Ces interdictions visent également à prévenir la diffusion de maladies contagieuses. En juin 2023, des dizaines de moutons avaient été découverts entassés dans un appartement de 40 mètres carrés.



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.