Un « renforcement significatif des effectifs » est annoncé dans deux quartiers niçois où les narcotrafiquants se livrent une guerre sans merci. Les syndicats de police dénoncent le manque de moyens.
Les communications de la préfecture maralpine se suivent et se ressemblent. Le 10 mai, les services de Laurent Hottiaux ont ainsi noté que « les événements survenus ce week-end à Nice dans le quartier Fenoglio de Briga ainsi qu’aux Moulins appellent une réponse immédiate et d’une très grande fermeté de l’État. » À l’Ouest (pas de blessé) puis à l’Est (deux), des fusillades ont éclaté ces dernières vingt-quatre heures, sans doute à cause du trafic de drogue qui sévit dans ces cités. Une flambée de violence qui n’y est pas rare.
Pas d’annonce particulière des pouvoirs publics ce dimanche : « j’ai demandé un renforcement significatif des effectifs de police sur les secteurs concernés afin de rétablir pleinement la sécurité » pose le préfet, qui se garde ici d’évoquer des renforts pérennes.
Depuis des années, les syndicats de police dénoncent le manque de moyens sur le terrain, en particulier pour ce qui est des enquêteurs. C’est ce que réaffirme Un1té, qui voit une « urgence dans le département des Alpes-Maritimes tant pour la voie publique que dans les services d’investigation ».
Et de compléter : « Ça tire ! Ça tire une fois encore à Nice ! Après l’évènement d’avant-hier sur les Moulins, c’est le secteur Fenoglio qui vit les mêmes scènes. On ‘arrose’ avec du 9mm (arme de guerre) dans les rues. On compte deux blessés dont un par balle. Des impacts ont été retrouvés sur des véhicules. Dans le même temps, seulement 7 stagiaires sont venus renforcer Nice ! Ce cirque va durer encore combien de temps ?»
« Démanteler tous les points de deal des Moulins »
« Des opérations de contrôle et de sécurisation sont intensifiées dès à présent et se poursuivront dans les prochains jours » promet la préfecture. « Tous les moyens seront mobilisés pour identifier, interpeller et présenter à la justice les auteurs de ces actes d’une extrême gravité. »
Reste qu’en 2025, plus d’un mis en cause aura été interpellé chaque jour pour ses liens présumés avec la vente de stups sur la Côte d’Azur. D’après la police, aux Moulins, il reste cinq points majeurs, dont deux actifs, suite au démantèlement de sept autres depuis 2023.
Les « descentes » ont permis de mettre la main sur 107,5 kilos de substances illégales, mais aussi sur 8 armes à feu et pas moins de 344 088 euros entre le 1er janvier le 14 avril. Sur les trois premiers mois et demi de 2026, la justice a envoyé 47 délinquants issus de la Plaine du Var sous les verrous, soit quasiment le double de l’an passé à la même époque.
Laurent Hottiaux réaffirmait en ce printemps son ambition, « démanteler tous les points de deal du quartier avant la fin décembre ».



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.