Avec sa façade Belle Époque fraîchement rénovée et classée monument historique, l’hôtel West End raconte à lui seul près de deux siècles de l’histoire niçoise. Une histoire où se mêlent élégance, glamour, et anecdotes impériales.
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C’est une adresse où les célébrités se croisent depuis des décennies. « Isabelle Adjani, Pierre Niney, Gérard Darmon, Gérard Jugnot, Vanessa Paradis, Laetitia Casta »… chacun d’eux a franchi au moins une fois les portes du West End, niché au numéro 31 de la Promenade des Anglais.
Dernièrement, l’établissement a même accueilli un événement entre têtes couronnées : « la descendante directe de l’empereur d’Autriche, issue de la lignée du frère de François-Joseph Ier, y a célébré son mariage en septembre dernier » confie Georges Pradier, le directeur des lieux. Tout un symbole, pour un hôtel qui cultive depuis toujours une image élégante et prestigieuse.


Aujourd’hui, avec ses 121 chambres et suites réparties sur sept niveaux, le West End attire surtout une clientèle internationale. « Nous accueillons majoritairement des Américains, Britanniques, Asiatiques et désormais de nombreux Indiens. Nos hôtes viennent précisément chercher ce cachet Belle Époque qu’ils ne trouvent pas forcément ailleurs. »

Pour rester fidèle à cette image de luxe discret, d’importants travaux de rénovation ont été menés récemment. « Nous avons modernisé l’ascenseur tout en gardant son style d’origine, amélioré les salles de bains, changé les moquettes du restaurant, illuminé sa magnifique verrière, et entièrement repensé notre terrasse extérieure. »
Deux siècles d’histoire sur la baie des Anges
Bien avant de devenir ce refuge discret des célébrités, le West End était déjà une icône. Construit il y a exactement 181 ans, il est le plus ancien hôtel de la célèbre Promenade des Anglais, précédant même le mythique Negresco qui ne verra le jour que dans les années 1910.


À l’origine, le terrain de 5000 mètres carrés appartenait à Jean-André Chabaud, simple particulier, loin d’imaginer le destin de cette parcelle face à la mer. C’est Joseph Féraut, propriétaire suivant, qui eut l’idée d’y bâtir un hôtel d’exception. L’entrepreneur César Gilly réalise son rêve, en édifiant d’abord un établissement de trois étages, bientôt rehaussé pour accueillir davantage de visiteurs.
Mais son histoire n’a pas été dépourvue de rebondissements. Baptisé initialement Hôtel Victoria, l’établissement est dévasté en 1867 par un violent incendie. Restauré, il devient l’Hôtel de Rome. C’est finalement autour de 1887 qu’il trouve son identité actuelle et définitive : le West End, en référence à sa localisation idéale, entre le centre-ville et l’ouest de la cité azuréenne.

Son parcours se lie ensuite à celui de Victor Masséna, prince d’Essling et propriétaire voisin, dont la villa est aujourd’hui devenue le célèbre musée Masséna. Aujourd’hui intégré au groupe hôtelier 3A Hôtels La Collection, le West End continue d’écrire sa légende face à la baie des Anges, discrètement mais sûrement, loin des regards indiscrets mais toujours au cœur de l’histoire niçoise.



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