Le tribunal correctionnel de Tarascon a prononcé ce jeudi la relaxe générale pour les gestionnaires du domaine d’Estoublon, poursuivis pour la destruction d’une bâtisse du XVe siècle. La holding de l’entrepreneur Stéphane Courbit et ses associés échappent aux demandes de dommages et intérêts d’une association écologiste après la démolition du mas de Montredon. Cette décision met un terme à une procédure engagée par la Ligue de défense des Alpilles au cœur de ce massif prestigieux.
Le verdict est tombé ce jeudi dans la salle d’audience de Tarascon. Le juge a décidé de blanchir l’ensemble des acteurs visés par la procédure de citation directe. Me Kyum Lee, l’avocat du domaine, a réagi immédiatement après le délibéré : « Le tribunal correctionnel de Tarascon a relaxé l’ensemble des prévenus, les infractions dénoncées par l’association n’étant pas établies ».
Cette relaxe concerne des profils de premier plan, notamment la Estoublon Holding, l’entrepreneur Stéphane Courbit, un ancien salarié ainsi qu’un cabinet d’architecture. Le parquet de Tarascon a confirmé cette issue judiciaire en précisant les contours du jugement : « Le juge correctionnel a bien aujourd’hui prononcé, dans le cadre de son délibéré, une relaxe d’une des sociétés d’Estoublon, poursuivie par la Ligue des Alpilles ».
Pour les militants écologistes, le revers est total. Bien que le tribunal ait déclaré recevable la constitution de partie civile de la Ligue de défense des Alpilles, il a choisi de les débouter de toutes leurs demandes de réparation financière. L’association réclamait pourtant 100 000 euros de dommages et intérêts, à verser solidairement par les différents prévenus.
Le mas de Montredon au centre du litige
Le conflit trouve son origine en mai 2021, sur les terres de ce petit hôtel de luxe niché dans les Alpilles. Le mas de Montredon, un témoin médiéval du XVe siècle situé dans le parc du domaine, a été entièrement rasé. Cette destruction a été opérée sans attendre l’obtention des permis nécessaires, provoquant la colère immédiate des défenseurs du patrimoine local.
Ce dossier avait déjà connu un premier volet judiciaire significatif. Une autre entité juridique, la société agricole du domaine d’Estoublon, avait été visée par une procédure distincte. En mai 2025, la justice avait déjà sanctionné ces faits par une amende de 150 000 euros. Cette condamnation était intervenue dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), la procédure dite de « plaider-coupable ».
Dans ce second volet, l’association espérait obtenir une condamnation supplémentaire de la holding et des individus associés au projet. Le tribunal a cependant estimé que les éléments apportés n’étaient pas suffisants pour établir les infractions dénoncées dans cette nouvelle action.
Prestige et oenotourisme
Le domaine d’Estoublon figure parmi les propriétés les plus exclusives de la région. S’étendant sur 17 hectares de vigne et 120 hectares d’oliviers, il se targue d’une histoire qui remonte à 1489. Sur place, l’activité se concentre sur l’oenotourisme et la production d’huiles d’olive présentées comme « multimédaillées aux profils aromatiques exceptionnels ». Le château lui-même, entièrement privatisable, dispose de dix chambres haut de gamme.
Le rayonnement de cette propriété doit aussi beaucoup à ses propriétaires et à leur entourage médiatique. Stéphane Courbit y est associé au couple Sarkozy ainsi qu’à la famille Prats. En 2022, un reportage de Paris Match suivait Carla Bruni dans ses activités créatives au sein du domaine.
L’épouse de l’ancien président de la République ne cachait pas son attachement pour ce coin de Provence. « Mon mari et moi sommes tombés amoureux d’Estoublon », expliquait-elle alors pour justifier son investissement personnel dans le développement du site. Malgré la destruction du mas médiéval et les amendes passées, le domaine conserve son statut de lieu d’exception dans le paysage des Alpilles.
Ce qui est important
- Le tribunal de Tarascon a relaxé la holding d’Estoublon et Stéphane Courbit, jugeant que les infractions dénoncées par les écologistes n’étaient pas établies.
- La Ligue de défense des Alpilles a été déboutée de sa demande de 100 000 euros d’indemnités pour la destruction du mas médiéval du XVe siècle.
- Une autre entité du domaine avait déjà été condamnée à 150 000 euros d’amende en mai 2025 pour ces mêmes faits dans le cadre d’un plaider-coupable.
Nice-Presse avec dépêche



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