Ancien commissaire divisionnaire, fort de quarante ans dans la police nationale, Richard Miquelis, adjoint à la sécurité, dresse pour Menton-Presse un premier bilan à l’approche des cent jours de la mandature d’Alexandra Masson.
Quel état des lieux avez-vous dressé en arrivant ?
Une police municipale exsangue. Nous attendions une quarantaine de fonctionnaires, ce qui était « budgété », et nous en avons trouvé vingt-quatre ! Notre but premier, vital, est de la renforcer.
Où en êtes-vous ?
Nous avons déjà recruté quatre fonctionnaires et, surtout, une nouvelle directrice de la police municipale. Une professionnelle expérimentée venue du Nord, passée par Strasbourg, Valenciennes et Dunkerque. Le premier objectif est d’atteindre les quarante postes. Alexandra Masson en vise une cinquantaine, d’ici la fin du mandat.
Ce recrutement est-il aussi difficile qu’on le dit ?
Toutes les mairies cherchent des policiers municipaux, et les candidats choisissent désormais les mieux-disantes. S’ajoute le problème du logement, avec la concurrence des autres communes. La maire s’est engagée à réserver des logements aux policiers, municipaux comme nationaux. À nous, ensuite, de retenir les bons profils, ceux qui s’intégreront.

Votre mesure clé de ces cent jours, c’est cet arrêté contre la « mendicité agressive ». Pourquoi ?
Il y avait un véritable besoin. Cet arrêté dépasse d’ailleurs la seule mendicité. Il vise tous les comportements qui créent des troubles à l’ordre public, à l’hygiène ou à la salubrité, des personnes alcoolisées qui s’étalent sur la voie publique, se bousculent, mettent la pression sur les passants. C’est l’image toxique de la ville. Quel que soit le quartier, tout le monde nous a demandé d’agir.
Comment cela se traduit-il sur le terrain ?
Chaque matin, nos policiers passent et interviennent pour faire cesser ces situations. Très honnêtement, cela se passe mieux que prévu. Les personnes obtempèrent. Quand l’une d’elles est trop alcoolisée, nous l’emmenons à l’hôpital. Un médecin établit un certificat de non-hospitalisation, puis elle est conduite au commissariat, en cellule de dégrisement, avant d’être libérée. C’est le droit commun.
Travaillez-vous main dans la main avec la police nationale ?
Absolument, et c’est d’ailleurs une innovation. Nous menons des patrouilles communes, sur des créneaux et des secteurs définis. Le commissaire reste le patron de l’ordre public, et je m’entends très bien avec mon jeune collègue, Yannick Dupin. Sur un contrôle, par exemple sur la Madone, on peut compter une douzaine d’interpellations en une heure et demie : excès de vitesse, alcool, stupéfiants. La police municipale est désormais équipée pour les tests salivaires.

Parmi vos projets, il y avait une brigade canine et une maritime…
Les deux sont toujours d’actualité. Pour la canine, nous cherchons à recruter un maître-chien habilité. C’est difficile, mais un profil est bien avancé. Pour les avoir utilisées à Antibes et à Juan-les-Pins, je peux vous dire que ces brigades, c’est magnifique : ça calme le jeu. Côté mer, nous avons aujourd’hui une police portuaire, sans bateau. L’objectif est d’investir dans une navette pour patrouiller de Menton à Roquebrune-Cap-Martin. Nous l’espérons pour l’année prochaine.
Qu’en est-il de la vidéosurveillance ?
Nous avons cent cinquante caméras et comptons en ajouter une centaine sur la mandature. Tout cela s’inscrit dans la durée. Il faut d’abord présenter une carte de visite visible, puis réaliser ce qu’on a promis. Sinon ce n’est ni crédible, ni sincère.

Quels sont vos autres chantiers ?
Un centre d’accueil de nuit, qui relève surtout de l’action sociale, avec le CCAS et une association. La plateforme Allô Menton, avec ses bornes d’appel. Tout ce qui figurait dans le programme, nous le ferons.
L’été, la population de la ville et de l’agglomération triple. Quelles mesures pour juillet et août 2026 ?
Une présence accrue sur la voie publique, adaptée aux secteurs et aux événements. Pour les gros rendez-vous, nous faisons des rappels de personnel et mobilisons policiers municipaux et ASVP, en patrouilles pédestres, à moto, en VTT, parfois jusqu’à deux heures du matin, avec une brigade qui tourne jusqu’à six heures.
Les Sablettes concentrent toujours les incivilités…
C’est aujourd’hui la grande demande : beaucoup de touristes, des jeux de ballon, des trottinettes et des vélos sur la Promenade de la mer, là où ils sont interdits. Nos agents doivent se démultiplier entre les vraies interventions du centre-ville et ces sollicitations. Si chacun se comportait un peu mieux, la police nationale pourrait se concentrer sur ses vraies missions.





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