Municipales 2026 - Alexandra Masson, députée RN et candidate à la mairie de Menton, fait de la lutte contre la délinquance l’un des principaux axes de sa campagne. Effectifs de policiers en hausse, vidéoprotection renforcée, « Allô Menton » 24/7, brigades (maritime, cynophile, VTT), arrêté anti-mendicité… Dans Menton-Presse, elle détaille ses mesures, et révèle l’identité de l’expert qui deviendrait son adjoint délégué à la sécurité.
Menton-Presse : Certains Mentonnais disent : « la sécurité, ce n’est pas vraiment un sujet, on est plutôt épargnés. » Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Alexandra Masson : Menton est une ville géographiquement très complexe. Sur les hauts de Garavan, en haut de l’Annonciade, si vous descendez peu en ville, vous ne serez pas forcément confronté au sentiment d’insécurité. En revanche, sur la bande littorale, en centre-ville, près de la frontière, c’est autre chose.
On est sur des délits, pas seulement de l’incivisme. On constate une augmentation par quatre des agressions physiques sur les cinq dernières années. Menton n’est pas Nice, l’augmentation est moins forte, mais quand on part d’une ville où il y avait très peu de délinquance, et que l’on voit cette vague augmenter, la réalité est plus forte.
Il y a une forme de déconnexion d’une part de la population, selon les quartiers ?
Nous avons l’une des circonscriptions de France avec le plus grand décalage en termes de revenus. Il ne faut pas oublier qu’il y a plus de 11 % de personnes qui vivent dans des logements sociaux, 800 personnes en attente, et beaucoup de retraités avec un petit pouvoir d’achat. Le sentiment d’insécurité fait partie de leur souffrance.

Qui avez-vous choisi pour être votre « monsieur sécurité » ?
Richard Miquelis sera sur ma liste, pour devenir mon adjoint si je suis élue. Ancien commissaire divisionnaire, il a dirigé les commissariats de Menton, Fort-de-France, Antibes et Avignon. C’est un Mentonnais, issu d’une vieille famille de notre territoire. Il est également Chevalier de l’ordre du Mérite et titulaire de la médaille d’honneur de la police nationale.
Quelles seraient vos priorités ?
D’abord c’est une augmentation des effectifs de la police municipale à hauteur de 80 % sur le mandat (34 personnes actuellement). On veut « plus de bleu dans la rue ». Ensuite, il y a un gros chantier au niveau de la vidéoprotection. Il manque plus de 100 caméras en ville. Elles sont vieillissantes, très peu ont été installées ces dernières années. Autour de 150 à 160 objectifs. Il va falloir faire mieux !
Surtout, je veux créer « Allô Menton », un numéro court à quatre chiffres, joignable 24 h/24 et 7 j/7. Aujourd’hui, à minuit ou une heure du matin, vous appelez, vous n’avez personne. La police nationale est débordée, mutualisée sur trois communes. Ce n’est pas tenable. Nos municipaux seront mobilisés.

« Plus de bleu dans la rue », mais encore ?
Il faut remettre de la présence en ville. Vous avez très peu d’agents en VTT. Il n’y en a que deux, et ils sortent peu. Il faudra au minimum doubler. Je veux une brigade canine, et des boutons SOS dans des lieux clés : devant le marché, la mairie, le Palais de l’Europe, près des églises, devant les lycées et les collèges.
On constate de plus en plus d’altercations, des agressions, des vols, parfois au couteau, à la sortie des établissements. L’idée, c’est qu’en deux minutes, une alerte arrive au PC Sécurité et que l’on puisse envoyer une brigade immédiatement. Plus on intervient vite, moins l’agression prend de l’ampleur.
Vous proposez aussi une brigade maritime. Pourquoi, et avec quels moyens ?
Roquebrune-Cap-Martin en a une, Menton non, c’est une anomalie. Je veux la créer. Elle serait mobile, basée au Port Garavan. Il faudra acquérir un bateau. Nous partirions sur deux à trois agents.
Je suis très investie sur les sujets environnementaux. La Méditerranée est une mer fermée, polluée, il faut agir. Cette brigade maritime sera aussi cohérente avec une cité portuaire, la frontière et les nombreux enjeux du littoral.
Vous abordez la question des sans abri, qui remonte souvent chez les commerçants…
Les professionnels de la zone piétonne vous le disent. Le matin, certains doivent enjamber quelqu’un pour ouvrir. C’est l’un des sujets sur lesquels on m’arrête le plus sur le terrain. Je prendrai un arrêté anti-mendicité dès mon arrivée. Ce n’est pas une baguette magique, mais cela donne un cadre d’intervention, notamment quand il y a des groupes, du bruit ou de l’alcoolisation. Il n’y a qu’un accueil de jour au CCAS !

Que proposez-vous ?
Je veux créer un centre d’accueil de nuit, pour pouvoir référencer, comprendre les situations, et donner une chance de réinsertion. Sur dix, il y en a peut-être deux ou trois « de circonstance », qui ont vécu un drame personnel, une perte d’emploi, une rupture. Sans un centre, on ne peut rien faire.
Une bande de seize personnes a récemment dévalisé des stands du marché des Halles, pour plusieurs milliers d’euros par stand. Si on avait un arrêté et un centre, ces gens-là ne seraient plus dans la rue.
Le narcotrafic s’est-il intensifié sur la commune ?
Comme partout dans les Alpes-Maritimes, avec comme principal centre névralgique le quartier des Moulins, à Nice. Tout part de là. À Menton, on voit des choses inédites : des pancartes avec les tarifs dans des cages d’escalier, des points de deal dans certains immeubles, des seniors qui n’osent plus descendre vers leur garage…
Exclusif • Le @prefet06 dresse dans Nice-Presse son bilan de l’année 2025 : la délinquance de voie publique serait en perte de vitesse, grâce à l’intense travail des forces de l’ordre
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) December 8, 2025
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La police municipale n’a pas les moyens directs d’agir, mais elle est essentielle comme premier relais. C’est un travail d’équipe. La nationale, en sous-effectif, fait ce qu’elle peut. Renforcer et structurer notre PM, c’est aussi aider la PN.
La frontière reste un sujet sensible à l’Est du département. Est-elle tenue, selon vous ?
En tant que députée, je suis cela de très près. Depuis l’arrivée de Giorgia Meloni (la présidente du gouvernement transalpin, ndlr), on a réduit par trois les passages et interpellations, mais on est très loin de zéro. Une centaine minimum par semaine, parfois jusqu’à deux cents. Les flux évoluent selon les réseaux et les passeurs. Ces derniers mois, il y a une vague d’immigration algérienne importante.
Vous partagez certains constats sécuritaires avec d’autres candidats de droite. Une entente au second tour est-elle possible ?
Je ne suis pas du tout sur l’idée d’une fusion. C’est toujours très compliqué, ça crée des frustrations. Je suis confiante dans mon programme, je crois en mon équipe. Je continuerai à discuter avec tout le monde jusqu’à la fin. Nous verrons ce que donneront les scores au soir du 15 mars.
Qui sont les candidats à la mairie de Menton ?
Alexandra Masson (Rassemblement national) ; Louis Sarkozy (Les Républicains, Horizons, Renaissance) ; Sandra Paire (DVD) ; Florent Champion (DVD) ; Laurent Lanquar-Castiel (Union de la gauche) et Emilie Ria (Reconquête).










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