TÉMOIGNAGES. Avec les chamboulements de l’épidémie, le blues des étudiants en classes prépas

Photo : Siora Photography

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Alors que les dates des concours d’entrée aux grandes écoles sont maintenues, celles des filières post-bac restent incertaines. Une source de stress pour les élèves

CRISE SANITAIRE — “Si j’avais su, j’aurais fait un CAP coiffure”. Face à l’incertitude dans laquelle sont plongés les étudiants de classes préparatoires, certains préfèrent plaisanter, voire ironiser. Mais l’inquiétude n’est jamais loin.

Elfi Gaillard, préparationnaire en Physique Chimie Étoile (PCE) au lycée Dumont d’Urville de Toulon, tente de faire face au stress depuis le début du confinement. Une angoisse alimentée par l’annonce des dates provisoires des concours, ce vendredi 17 avril. Les épreuves se dérouleront entre le 20 juin et le 7 août.

“Quand j’ai appris ça, j’ai passé la soirée à pleurer”

Une fourchette qui ne permet pas de s’organiser dans le temps. “On passe de trois semaines de révisions à deux mois et demi”, explique-t-elle, “c’est comme faire une course sans jamais voir la ligne d’arrivée.”

“On ne sait pas comment travailler”

Major de sa promotion l’année passée, elle a pourtant du mal à se concentrer dans ce contexte si particulier. “La persévérance paye toujours, alors je me force à recréer des conditions propices au travail. Mais ce matin, j’étais devant ma feuille, je n’y arrivais pas.”

Un sentiment de démotivation partagé par de nombreux étudiants. Corentine Prince devait elle aussi présenter plusieurs concours après deux années de préparation littéraire et artistique au lycée Carnot de Cannes. “On ne sait pas comment travailler. Même les profs sont totalement perdus, tout le programme est chamboulé.”

Le plus difficile pour cette étudiante ? “Ne pas perdre la finesse des connaissances, alors qu’on aurait dû passer les épreuves cette semaine.” 

Sentiment d’injustice 

Outre le manque d’informations de la part du gouvernement durant ce premier mois de quarantaine, tous ne sont pas logés à la même enseigne. Les conditions de travail sont inégales entre les étudiants qui devront, à l’issue, passer les mêmes concours.

“J’habite dans un coin perdu, alors les cours sur Zoom avec une mauvaise connexion, ce n’est pas l’idéal”, poursuit Corentine. Même problème pour Elfi, qui partage l’accès à Internet avec les membres de sa famille, tous en télétravail.

Problèmes de connexion, isolement, ou retour difficile dans le milieu familial viennent compliquer ces révisons prolongées. Certaines filières ont même vu leurs concours écrits et oraux annulés. C’est le cas des étudiants en orthophonie, qui seront sélectionnés sur dossiers, au même titre qu’un élève sortant du lycée. 

“C’est notre avenir qui est en jeu”

Ces filières post-bac déplorent un manque de communication, avec des conséquences certaines sur leur avenir.

Pour Lauricia Celini : “C’est une véritable discrimination !  La filière de l’orthophonie n’aura pas la chance de prouver ce qu’elle vaut”

Même incompréhension pour Flavie Laffrat, après deux années de sacrifices financiers, d’investissement personnel et de déplacements à travers toute la France. “Je devais prendre le train et loger sur place la veille des concours à mes frais. Au final je vais être jugée comme un lycéen qui ne se sera pas autant investi”.

Un avenir incertain pour ces jeunes adultes dont le futur s’est transformé en dommage collatéral du coronavirus. “On devait passer à autre chose. J’avais prévu de partir en Angleterre en tant que jeune fille au pair”, explique Corentine. Même sentiment pour Elfi : “On peut dire adieu aux vacances d’été.”

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