C'est une véritable bataille au long cours que le ministère de l'Intérieur assure vouloir mener contre le trafic de drogues. Histoire de bien estimer l'ennemi auquel il compte se frotter, Gérald Darmanin a lancé ses services sur la voie d'une grande estimation des points de deal présents sur le territoire.

Policiers et gendarmes ont ainsi fait remonter pendant plusieurs semaines aux 103 cellules du rensei­gnement opéra­tionnel sur les stupé­fiants (Cross) "les infor­ma­tions sur les super­marchés et supérettes de la drogue situés dans leur dépar­tement" révèle Le Parisien ce dimanche 20 décembre.

"On les considère (comme tels dès) qu'il s'agit d'un lieu de vente de produits stupé­fiants installé sur la voie publique et que la présence des dealers est quoti­dienne" précise la police.

4.000 points de deal en France

Ces données, évidemment lacunaires et de nature à être conso­lidées dans les mois à venir, vont pouvoir être enrichies par les citoyens, qui vont être encou­ragés à dénoncer les dealers via une plate­forme dédiée.

Pour ce qui est des premiers résultats du grand travail effectué par la police, on estime donc fin 2021 que la France compte près de 4.000 espaces où de la drogue est vendue plus ou moins discrètement.

Cela ne surprendra aucun azuréen, sur les 3.952 points de deal, une belle partie se retrouve dans les Bouches-​du-​Rhône et les Alpes-Maritimes.

Alors que Nice a été victime de plusieurs fusillades sur fond de trafic de stups, depuis le début de l'année et parti­cu­liè­rement cet été, Beauvau estime que les AM comptent de 75 à 100 spots de vente (le Var de 50 à 75).

Le chiffre est à prendre avec des pincettes. Il place bien le 06 parmi les pires dépar­te­ments de France (loin derrière plusieurs autres en région parisienne ou dans le Nord) mais il est certai­nement sous-estimé.

Par exemple, la police évalue à 140 le nombre de points de deal dans les Bouches-​du-​Rhône "alors qu'il y a en a le double rien qu'à Marseille" pointe un spécia­liste de ces dossiers dans Le Parisien.

Les grands centres urbains sont les plus concernés : les dealers s'y installent au pied des tours, sous les porches ou dans les cages d'escaliers de façon systé­ma­tique et ostentatoire.

Chaque spot peut rapporter entre 10 et 50.000 euros chaque jour, consti­tuant une perspective intéres­sante pour de nombreux jeunes délinquants.

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