La première pierre d’Haliotis 2 a été, symboliquement, posée mercredi à Nice. Un projet pharaonique, « futuriste », qui doit permettre de préserver les ressources en eau de toute la métropole.
Dans son genre, il s’agit du plus gros projet du pays. Présentée en avril 2023, Haliotis 2 doit devenir une station d’épuration « à la pointe de la technologie ». Et le site a connu un premier coup d’accélérateur, avec la pose officielle de la première pierre du chantier, le 14 mai.
Entre la Promenade des Anglais et l’aéroport, cet équipement flambant neuf aura la charge d’une continuité d’Haliotis 1.
Recycler 5 millions de mètres cubes d’eau par an
Que cela va-t-il changer pour les Niçois et les habitants de la métropole ? Lorsque qu’elle sera mise en service, la station doit permettre non seulement de mieux traiter les eaux usées en améliorant la qualité générale, mais surtout, de préserver la ressource. En effet, elle sera capable de réutiliser les eaux usées en recyclant 5 millions de mètres cubes par an.
Pour vous donner une idée, cela équivaut à la consommation d’une grande commune comme celle de la capitale maralpine pour l’arrosage, et les usages non-potables.
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Pensé pour la transition écologique et énergétique, l’établissement traitera également les boues d’épuration sur place, ce qui évitera de les transporter à 400 kilomètres de là. Avec ça, sera produit du biométhane, qui servira au chauffage et aux véhicules. Une émission suffisante pour alimenter 290 bus et ainsi réduire la diffusion de CO2 de 15.000 tonnes par an.
On ajoutera à ce panel des panneaux solaires, afin de rogner encore un peu plus sur la consommation d’énergie. Précisément, une fois achevé, le site engendrera quatre fois plus d’énergie qu’il n’en utilisera !
600 arbres plantés tout autour du site
Tout autour de lui, seront implantés 600 arbres destinés à former un « îlot de fraîcheur » de 4,5 hectares. Et pour ce qui est des odeurs, les riverains ne devraient pas avoir à s’en plaindre. Du moins, des unités de désodorisation entreront en action, tandis que des capteurs seront reliés au centre d’hypervision urbain.
L’ambition du lieu est à terme de traiter les eaux usées pour 26 localités de Nice Côte d’Azur. Ce qui représente un bassin de 680.000 habitants. À titre d’exemple, Haliotis 1 - datant d’il y a trente ans passés - en englobait 20 seulement.
Qu’en sera-t-il de son impact sur la Méditerranée ? L’usine aura pour mission de filtrer plus de 90% des microplastiques, et ainsi, rejeter une eau aussi irréprochable que possible.
La station sera entièrement achevée en 2031
Concernant le calendrier, sa mise en service sera progressive. Quant à sa livraison complète, elle devrait intervenir en septembre 2031. Entre temps, à partir de 2028, les eaux pourront être réutilisées. Pour la production de biométhane, il faudra attendre 2029.
Enfin, comptablement, ce projet nécessite un financement très important - 700 millions d’euros - fourni entre autres par le Département, la Région, la Banque européenne d’investissement et l’Agence de l’eau. Couplons ça aux 260 emplois créés, et l’on comprend mieux l’ampleur de ce chantier.









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