Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche Pierre-Henri Carbonnel, candidat soutenu par le Rassemblement national (RN), face à la socialiste Cathie Bourdoncle, lors d’une élection législative partielle marquée par un fort désengagement des votants.
Avec 52,06 % des suffrages, selon les résultats quasi définitifs de la préfecture, le candidat de l’Union des droites pour la République (UDR), le parti fondé par Éric Ciotti après son départ de LR lors des législatives anticipées de 2024, conserve le siège autrefois occupé par Brigitte Barèges, dont il était le suppléant.
Brigitte Barèges, ancienne maire de Montauban et ex-membre des Républicains, avait été contrainte à la démission en juillet, après avoir été déclarée inéligible par le Conseil constitutionnel pour des irrégularités dans le financement de sa campagne.
La participation s’est effondrée, passant de 71,47 % lors des législatives de 2024 à seulement 37,4 % ce dimanche, traduisant une forte lassitude électorale.
Magnifique victoire de Pierre-Henri Carbonnel dans le Tarn-et-Garonne contre la gauche !
— Eric Ciotti (@eciotti) October 12, 2025
Victoire de l’alliance UDR-RN et de mon amie @BrigitteBareges. Un tel résultat traduit l’avènement de l’union du peuple de droite dans le pays.
L’alternance approche ! 🇫🇷 pic.twitter.com/Z4450xcu3W
« Union des droites » et abstention, un scrutin symbolique !
« Magnifique victoire », a salué sur X Éric Ciotti, voyant dans cette élection « l’avènement de l’union du peuple de droite dans le pays ». Depuis Montauban, le nouveau député a ajouté : « On voit que l’Union de droite est en marche. J’espère qu’à Paris, ils vont savoir en tirer les conséquences ».
Ce scrutin, qui ne modifie pas l’équilibre des forces à l’Assemblée nationale, met en lumière l’affaiblissement du « front républicain », notamment après la prise de position du président de LR, Bruno Retailleau, invitant à ne donner « pas une voix » à la gauche. Une partie des électeurs du candidat LR Bernard Pécou, crédité de 17,55 % au premier tour, semble s’être reportée sur M. Carbonnel.
Même sans consigne explicite, M. Pécou avait dénoncé la « dérive d’idées » de Brigitte Barèges, qui avait emporté la circonscription en 2024 en suivant Éric Ciotti dans son rapprochement avec le RN. Cathie Bourdoncle, vice-présidente du conseil départemental, n’a obtenu que 47,94 % des voix, un score inférieur à celui de la socialiste Valérie Rabault en 2024 (48,75 %).
Après sa défaite, Mme Bourdoncle a exhorté les citoyens à « croire encore à notre démocratie », regrettant que le « chaos » du contexte national n’ait « certainement pas donné envie à nos électeurs de se rassembler ».
Plusieurs figures politiques se sont déplacées durant la campagne : Éric Ciotti, Bruno Retailleau, Gabriel Attal (Renaissance) et Carole Delga (PS), signe de l’enjeu politique local et national du scrutin.
Félicitant le vainqueur, Jordan Bardella, président du RN, a salué une alliance UDR-RN qu’il juge « seule alternative crédible pour gouverner et redresser la France ». Dans l’entre-deux-tours, Bruno Retailleau avait déclaré sur Europe 1 et CNews qu’il ne fallait donner « pas une voix » à la gauche, une formule qu’Éric Ciotti avait interprétée comme un soutien total à Pierre-Henri Carbonnel.
Agriculteur de 35 ans, le nouveau député avait pris la tête du premier tour avec 29,25 % des voix, profitant également de la présence d’une dissidente du RN (7,34 %). En face, Cathie Bourdoncle, 59 ans, soutenue par Carole Delga, Valérie Rabault et le Parti radical de gauche, n’a pas bénéficié du report de voix espéré des candidats LFI et Renaissance.
Le communiste Stéphane Peu avait ironisé sur la situation en rappelant que Mme Bourdoncle n’était « pas Che Guevara », tandis qu’il dénonçait la position de Bruno Retailleau comme le signe d’une « recomposition politique où la droite républicaine envisage désormais sérieusement une union avec l’extrême droite ».
Avec AFP






