Le nombre d’étudiants niçois a grimpé ces dernières années. Mais on dit que leur quotidien serait moins simple ici que dans d’autres métropoles comparables. Le point en cette rentrée sur les progrès de Nice, et sur ce qui pèche encore.
- Xavier Latour est universitaire, Vice-président de la Métropole chargé de l’enseignement supérieur, et président de l’établissement d’aménagement de la Plaine du Var.
On a parfois entendu « pas vraiment » : Nice est-elle, enfin, une ville étudiante ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 25.000 étudiants en 2008, 48.000 en cette rentrée 2024. On accueille de plus en plus d’établissements du supérieur, et notre Université a une certaine ancienneté (1965, NDLR).
Bien des Niçois, ces dernières années, sont partis dès leurs dix-huit ans. Arrive-t-on à les « garder » davantage ?
Il fut un temps où les jeunes métropolitains devaient partir pour suivre leur formation. Et quand ils s’en vont, ils reviennent peu. Les établissements manquaient. C’est de moins en moins le cas, même si cela existe dans toutes les régions. On en attire beaucoup des autres villes françaises, et 20 % de l’étranger - à l’Université.

La ville est parfois mal classée pour sa vie étudiante, à cause des logements hors de prix, du coût de la vie ou du manque d’équipements adaptés (restauration près des campus, etc)…
Sur les transports publics et l’animation culturelle, c’est nickel. On ne va pas se leurrer, on a des progrès à faire sur le logement. Construire des résidences, ça prend du temps. 2150 logements locatifs agréés subventionnés ont été créés depuis 2008. L’objectif d’ici 2027, c’est 5000. Sans compter le logement étudiant du privé. Un immeuble sera livré dans la Plaine du Var - une centaine d’appartements - à la fin du mois. Les Airbnb aussi sont mieux encadrés, pour que, hors saison, on y trouve des étudiants.
Pour Nice, à quoi cela « sert » d’attirer des étudiants et des écoles du supérieur ?
Les jeunes animent le territoire, ils sortent, ils consomment, travaillent en saison… On forme les collaborateurs de nos entreprises. C’est avec ces talents, aussi, que l’on attire de nouvelles société, des sièges, des centres de recherche…
On voit pas mal d’écoles privées arriver en ville ces derniers temps. Quelles installations marquantes retenez-vous ?
L’École 42 (informatique), le CNAM (arts et métiers), Simplon (numérique), Centrale (ingénieurs), Isart (gaming)… Nice a tous les atouts pour attirer, non seulement des filières parisiennes, mais aussi des établissements qui étaient installés ailleurs sur la Côte d’Azur (un cursus qui débarque à Iconic provient de Sophia, par exemple, NDLR). Certaines « commencent petit », avec un bachelor et quelques classes, mais généralement avec l’ambition de développer un campus d’importance, 1000 inscrits, chez nous d’ici quelques années.
Quelles formations nous manquent encore ?
L’architecture par exemple. D’autant que c’est très curieux, puisque notre territoire est tourné vers le bâtiment. On manque d’une belle école. Il y a des pistes, mais ce n’est pas simple. Dans la santé, on espère ouvrir la pharmacie pour la rentrée 2025 à la Fac de médecine. Mais la dissolution a bousculé les choses. Cela dépendra du ministère.
Il faudrait développer les formations plus courtes, comme par exemple pour la logisitique, les métiers de bouche… À Bac, Bac+2, voire infra-Bac, on peut faire mieux. Avec le CFA, ou avec de nouvelles écoles.









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