À l’Assemblée nationale, l’échange a été particulièrement vif autour d’un fait divers survenu à Nice. Interrogé par Eric Ciotti sur le viol d’une femme de 90 ans, Sébastien Lecornu a accusé le député des Alpes-Maritimes d’instrumentaliser ce drame dans le cadre de la campagne des municipales, évoquant un « recel du malheur » et une récupération politique jugée inacceptable.
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La scène s’est jouée sous les applaudissements, dans un hémicycle déjà sous tension. En pleine séance de questions au gouvernement, le ton est monté d’un cran, au point de transformer un échange politique en passe d’armes direct, marqué par des accusations frontales et des rappels appuyés au contexte budgétaire.
Femme de 90 ans violée à Nice : « Je veux dire à cette victime toute notre compassion », exprime @SebLecornu avant d’accuser Eric Ciotti de faire « le recel du malheur » de la famille touchée par le drame. #QAG #DirectAN pic.twitter.com/2B5PY7tjXs
— LCP (@LCP) January 27, 2026
Un fait divers de Nice au cœur d’un échange tendu à l’Assemblée
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a vivement réagi mardi à une question posée par Eric Ciotti, président de l’UDR et allié du Rassemblement national. Le député l’interrogeait sur le viol d’une nonagénaire à Nice, affaire dans laquelle un Tunisien en situation irrégulière a été arrêté. Eric Ciotti dénonçait alors l’«incapacité » du gouvernement « à expulser » et « à protéger ».
La réponse du chef du gouvernement s’est voulue cinglante. « On vous voit importer votre campagne municipale ici dans cet hémicycle, en faisant le recel du malheur de cette famille », a-t-il lancé, reprochant au député d’utiliser un drame personnel à des fins politiques. Ces propos ont été accueillis par des applaudissements venant des députés du bloc central et de La France insoumise.
Accusations de blocage
Sébastien Lecornu a ensuite déplacé le débat sur le terrain budgétaire, interpellant directement Eric Ciotti. « Monsieur le président Ciotti, puisque vous nous appelez à agir, pourquoi dans une heure vous allez censurer le budget du ministère de l’Intérieur, du ministère de la Justice, du ministère des Armées ? », a-t-il demandé. Une référence directe aux nouvelles motions de censure déposées après l’utilisation du 49.3 sur la partie dépenses du budget.
Le Premier ministre a souligné le paradoxe qu’il estime voir dans cette démarche, accusant l’opposition de bloquer l’action gouvernementale tout en exigeant des réponses immédiates. Il a rappelé que l’Assemblée nationale devait repousser ces deux motions, les socialistes ayant annoncé qu’ils ne les voteraient pas.
Visiblement agacé, Sébastien Lecornu a poursuivi en haussant la voix. « Qu’attendez vous pour agir ? Plutôt que de bloquer, plutôt que d’entraver ? », a-t-il insisté, avant de conclure par des mots très durs. « C’est insupportable de vous voir faire le recel de cette émotion (…) Au bout d’un moment, halte avec cette petite politique ».
Des tensions anciennes entre Sébastien Lecornu et Eric Ciotti
Ce n’est pas la première fois que Sébastien Lecornu s’en prend publiquement à Eric Ciotti. Fin novembre déjà, le Premier ministre avait multiplié les piques à son encontre, mettant en avant ses divergences avec le parti de Jordan Bardella, notamment sur la question de la fiscalité.
L’échange de mardi illustre une nouvelle fois la crispation des débats parlementaires, où les questions de sécurité, d’immigration et de budget s’entremêlent avec les enjeux politiques locaux, en particulier à l’approche des élections municipales à Nice.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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