Jeudi soir, la Métropole tâchait de déminer les choses quant à l’avenir du Port Lympia. L’échange proposé avec des riverains a permis d’obtenir des réponses concrètes, ou en tous les cas des promesses, sur la plupart des questions.
Une réunion mi-chèvre, mi-chou. Le 24 octobre, la Métropole proposait au Port un échange d’1h30 avec des habitants du quartier, pour leur présenter les grandes lignes des projets en cours, organisés autour de l’accueil historique de la prochaine conférence des Nations Unies sur l’Océan. Le maire-président n’était pas présent, pas plus que le principaux adjoints habituels (circulation, proximité, commerces…). C’était le « conseiller spécial » Olivier Bettati qui animait la soirée, sans la presse, ni les autres collectivités (pas d’élu du conseil départemental, qui a pourtant encaissé trois tirs d’affilée), pas non plus l’opposition municipale. À l’heure où les chantiers du secteur font tant parler, étrange format.
Soulignons toutefois que les 150 personnes présentes ont, dans l’ensemble, obtenu des réponses aux quelques questions soulevées. Voici ce que l’on retient des échanges, retransmis via un tweet sur le compte X d’Olivier Bettati (fallait-il le savoir).
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Cap sur le luxe !
« C’est une clientèle qui ne crée pas de problème, ne se plaint pas et dépense beaucoup ». Les touristes au portefeuille (très) bien fourni figurent parmi les priorités de ce « nouveau » Port. Un symbole : le Centre des congrès aménagé d’ici avril 2025 près du phare « comportera une gare maritime/Yacht club » a expliqué, visuels à l’appui, Olivier Bettati. « On se débarrasse des paquebots pour avoir du Ponant et du Club Med ». Mais ces gens-là ne dépensent pas un centime dans le quartier, croit savoir l’un des riverains, qui raconte avoir travaillé pour ces compagnies. « Vous avez sans doute pris votre retraite il y a un moment, puisque nos études indiquent que cela ne fonctionne plus comme ça » sourit le représentant de la Métropole. Qui vante une économie circulaire, avec les restaurants du bassin, et les hôtels 4/5 étoiles qui se multiplient. « Ces clients arrivent en ville deux ou trois jours avant d’embarquer, et consomment beaucoup dans l’intervalle ».
« Du côté d’une certaine ville où on boit du Pastis et où on a un accent très fort, l’offre n’est clairement pas de ce niveau ». Marseille appréciera, même si Christian Estrosi a coutume de se comparer surtout à Barcelone et Milan.
Exit les bateaux polluants - « qui seront tous refusés » - et ceux où les passagers embarquent avec leur voiture. Exception faite des liaisons avec la Corse, « continuité territoriale oblige ». Mais elles sont largement réduites : de 1,3 million de passagers en 2017 à 350.000 actuellement. Pour 250 escales.
Que devient la digue ?
« La digue restera ouverte à la promenade, près d’un espace végétalisé, aux abords du centre des congrès. Même si le jardin que nous avions évoqué ne se fera pas » a répondu Olivier Bettati à une habitante. Mais dans quel état est-elle, cette digue, alors qu’un rapport indépendant s’en alarmait il n’y pas si longtemps ? « Nous avons placé 50 capteurs pour suivre son état. Il existe deux points de fragilité, mais ils ne représentent aucun danger. Il y aura des travaux à faire un de ces jours, certes ».
Travaux annulés, travaux confirmés
L’électrification des quais serait achevée « au cours du premier trimestre 2025, en procédure accélérée ».
Une part du projet global annoncé avant l’été 2022 ne se fera pas. Finito, la piétonnisation du quai des Deux-Emmanuel, le Pavillon de la Méditerranée (un centre scientifique consacré aux fonds marins) tandis que la rénovation de la place Ile-de-Beauté est reportée. Pour les terrasses et la végétalisation, elles aussi évoquées fut un temps, la Métropole n’a pas précisé ce qui est prévu dorénavant. La construction d’un bassin, prévu par le Plan Piscines, « est annulée ».
Parmi les changements plus légers, Olivier Bettati a annoncé la fin prochaine des vide-greniers dont beaucoup se plaignent. « Ils n’ont plus leur place au Port, c’est devenu n’importe quoi. Ils seront déplacés. Et nous négocions depuis quatre mois avec le Conseil départemental pour récupérer ces trottoirs, qui lui appartiennent encore ».
La propriétaire de la confiserie Florian a plaidé, de son côté, pour le rétablissement du double-sens, quai des Etats-Unis. Pas de réponse sur ce point.
Mais Olivier Bettati s’est dit ouvert pour recevoir ceux qui auraient des idées pour redynamiser le secteur, reconnaissant « qu’à Nice, nous étions bons jusqu’à présent sur la montagne, et pas tellement sur la mer…»
Quel calendrier pour le Centre des congrès ?

Après le désamiantage du site, puis le tri des matériaux, viendra l’évacuation des gravats « mi-novembre ». « Il y aura entre 6 et 10 camions mobilisés quotidiennement, pendant 10 jours ». Suivra le montage de la structure. Le Centre serait livré fin avril, pour que l’Etat prenne la main jusqu’au sommet de l’ONU. La Métropole a prévu de le récupérer en juillet, puisqu’un premier évènement, un salon du nautisme, y est programmé à la rentrée.
Pour ce qui est de la hauteur du bâtiment semi-permanent - il doit rester en place au moins jusqu’aux jeux olympiques d’hiver 2030 - elle ne devrait pas surpasser l’actuelle entrée du parking. « Ça ne sera donc pas la tour de Babel » dément Bettati. « Mais pas les tentes de Kadhafi non plus. On est sur un vrai bel équipement, qui a déjà suscité 37 marques d’intérêt, c’est à dire de possibles congrès. La salle de spectacle aura l’une de ses parois qui s’ouvre sur le Port. C’est unique, et ça attire déjà du monde ».
Dans le détail, une salle de conférence sera doublée par un espace réservé aux stands d’exposants, surmonté d’un étage pour les bureaux et enfin du Yacht club.
Des nuisances pendant le sommet de l’ONU (ou après) ?
« L’ONU voulait tout fermer pendant deux semaines. On a négocié pour un verrouillage complet de seulement deux jours » souligne encore Olivier Bettati. En clair, seule la rencontre avec les chefs d’Etat. « Je ne vais pas vous dire que ce sera formidable. Si vous voulez aller prendre l’air à Saint-Martin-Vésubie, ça serait une bonne idée » a-t-il plaisanté. Mais le bassin ne sera totalement fermé que sur 48 heures, ni avant, ni ensuite.
Et après l’UNOC, avec tous ces évènements internationaux que la collectivité entend attirer, ne faut-il pas craindre les bouchons des camions de livraisons qui alimenteront le centre, s’est interrogé un riverain ? La Métropole n’a pas répondu sur ce point, expliquant, au sujet d’un autre dossier, que « la circulation sera adaptée en fonction des difficultés que nous noterons. Au fur et à mesure ».



37 marques d’intérêt !🙄🤔 Sans plans ni informations sur les configurations possibles…le mec qui ne connait rien aux marchés des congrès… malheureusement, il n’est pas le seul au sein de la la ville de Nice #deconnexion #saladenicoise # propagande à des fins uniquement électorales.…