“Ils font Nice” : chaque semaine, nos figures locales mises en vedette dans Nice-Presse.
Pendant une quinzaine d’années, Elsie de Mik a géré sa propre boutique en cœur de ville. Désormais, elle est l’envoyée spéciale de la Fédération des commerçants : sa mission, faire remonter les préoccupations et les attentes des professionnels. Rencontre.
Racontez-nous vos débuts…
Originaire d’Anvers en Belgique, je suis arrivée à Nice en 2010. J’ai ouvert une boutique, Scapa, du prêt-à-porter féminin, rue de la Liberté. Des créateurs ont aussi y proposer leurs collections. En 2023, j’ai cédé le magasin.
Je suis également devenue présidente de l’association Nice Prestige (l’association des commerçants du Carré d’Or désormais, NDLR) en 2012, jusqu’en 2022. Aujourd’hui, j’en gère la trésorerie. Je suis aussi chargée par la Fédération du commerce niçois et de l’artisanat (FCNA) d’aller rencontrer les différentes associations, dans chacun des quartiers.
« Avec la conjoncture actuelle, c’est important d’être unis, de se soutenir »
Pourquoi ces rencontres sont-elles importantes ?
La FCNA regroupe 19 associations. Mon rôle, c’est d’aller à la rencontre des gérants, faire le lien, pour voir comment elles peuvent grandir, être dynamisées, augmenter leur nombre d’adhésions… J’ai déjà discuté avec ceux de Nice Avenue, par exemple. Avec la conjoncture actuelle, c’est important d’être unis, de se soutenir. Souvent, un commerçant a tendance à rester dans son coin, sans se rendre compte que son voisin peut avoir les mêmes défis à relever et problématiques à faire remonter.
Les associations leur permettent de se rencontrer, de se rassembler. Une bonne cohésion entre tous, ça peut vraiment aider tout un quartier. Il y aussi une volonté d’animer la ville pour donner envie aux gens de venir ! Par exemple, avec Le Carré D’Or, on a pu mettre sur pied des défilés et des festivités.
« L’âge d’or du quartier est (pour l’instant) terminé »
Justement comment l’association Le Carré d’Or a-t-elle évolué ?
Elle a grandi petit à petit. Quand j’ai commencé en 2012, elle se limitait principalement aux rues de la Liberté et de Longchamp. Puis Paradis s’est ajoutée, ainsi que celle du Congrès ou encore l’avenue de Verdun et de Suède… Aujourd’hui, elle couvre l’ensemble du Carré d’Or. On compte 60 adhérents et on travaille sur différents rendez-vous qui arriveront très prochainement.
Pour ce qui est du quartier, ce n’est plus l’âge d’or. Avec Internet et les habitudes de consommation qui ont changé, il faut s’adapter. C’est très compliqué aujourd’hui pour les indépendants, notamment du côté des vêtements. On a vu dans la zone piétonne qu’il y a une augmentation du nombre de restaurants. Finalement, tout ce que l’on ne peut pas acheter sur internet, on va le retrouver de plus en plus dans la rue.
Les attentes des clients ne sont plus les mêmes : avant, s’ils avaient besoin de quelque chose, ils avaient leurs repères, leurs boutiques préférées. Maintenant, ils ont tendance à regarder sur le web et comparer les prix.
« Les indépendants se retrouvent en concurrence avec les prix cassés des géants du web »
Comment se porte le commerce de manière générale à Nice ?
Les secteurs liés aux commerces de détail font face à des grands défis avec le net mais aussi avec les « Black Friday»… Ils se retrouvent parfois en compétition avec les prix cassés des géants du web !
En général, on veut avoir un ton positif, mais réaliste. Il faut être pragmatiques. Par exemple, le Carnaval de Nice, c’est très bien pour mettre la ville en avant. En revanche, pour le commerce, sur la même période, ce n’est pas ça du tout. Du côté de la rue Verdun, il y a ces grandes palissades devant les vitrines, ça n’aide pas… De toute façon, certains commerçants ferment et prennent des vacances à ce moment là.



Les loyers commerciaux qui dérapent et deviennent insupportables avec des propriétaires complètement hors sol sont aussi un problème récurrent à Nice..