La municipalité accuse la préfecture de ne pas assumer ses compétences contre la mendicité dite « agressive » et promet de faire appel d’une récente décision de justice qui retoquait l’un de ses arrêtés à ce sujet. La situation place Garibaldi et avenue Jean-Médecin est pointée du doigt.
Un arrêté municipal cassé deux ans plus tard. Saisie par la Ligue des droits de l’Homme (LDH), la justice administrative avait « suspendu en urgence » un texte de lutte contre la « mendicité agressive » publié la mairie de Nice en 2022, avant, donc, de l’annuler définitivement la semaine passée. En l’espèce, les magistrats ont estimé que la mesure était excessive par rapport à la réalité du terrain.
La riposte de la majorité municipale n’a pas traîné. Dans un communiqué, le groupe politique de Christian Estrosi, Nice Ensemble, a annoncé que le maire a « l’intention de faire appel. (…) Le tribunal administratif a jugé que l’arrêté n’était ni « nécessaire ni proportionné » pour prévenir les troubles à l’ordre public. (L’édile) souhaite défendre ses prérogatives et souligne que certaines lois existantes ne sont pas correctement appliquées. »
Estrosi épingle le préfet… qui lui renvoie l’ascenseur
Et de faire valoir que « la mendicité est déjà interdite lorsqu’elle est pratiquée de manière agressive ou sous la menace d’un animal dangereux. Cette issue est particulièrement visible dans des zones fréquentées par des commerçants, comme la place Garibaldi, où (elle) est souvent associée à des ressortissants étrangers ».
Tout en remettant en cause l’Etat : « Christian Estrosi va demander au (préfet Hugues Moutouh) de faire son travail. (Le maire) agira avec fermeté tout en continuant à soutenir socialement les véritables victimes de la précarité. Les Niçoises et les Niçois, qui sont souvent eux-mêmes touchés par la présence de ces ressortissants étrangers. »
Lors d’un échange avec la presse en janvier, le préfet lui avait peu ou prou répondu.
« Nous agissons avec nos moyens juridiques. Et être SDF en France, ce n’est pas un délit… Moi, je suis opposé à la voie de fait (un acte portant atteinte aux droits de la personne, NDLR) et je pense que certaines situations doivent être gérées avec humanité. La répression n’est pas toujours la réponse à adopter ».
« Je précise qu’une part de ces personnes viennent d’Europe de l’Est (avec la liberté de circulation prévue par l’Espace Schengen, NDLR)» Pour finir par un petit tacle subtil : « que chaque collectivité épuise l’ensemble des ses compétences…»



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