Auprès des médias locaux, Hugues Moutouh a promis une fermeté renforcée contre la délinquance routière cette année et une action résolue contre l’immigration illégale, « actuellement en forte baisse ». À l’attention des maires de la Côte d’Azur, avec qui les rapports ne sont pas toujours évidents, il a pu marteler : « je suis en charge des contrôles de légalité, et j’y suis très, très attentif ». Le message est passé.
Toutes les autorités azuréennes ne se prêtent pas à l’exercice. David Lisnard, à Cannes, n’y déroge jamais. Christian Estrosi, lui, ne présente plus ses voeux à la presse locale depuis des années, c’est d’ailleurs l’une des seules corporations à qui il ne les adresse pas. Ce mercredi 29 janvier, le préfet Moutouh conviait l’ensemble des journalistes maralpins dans l’une des salles de réception du Palais Sarde pour une séquence de questions-réponses à bâtons rompus.
Solide sur ses appuis, le représentant de l’Etat dans le 06 a tout abordé sans fiche, les chiffres bien en tête… Avec une sacrée langue de bois par moments, pas du tout à d’autres ! Morceaux choisis.
Polémique Jeanne d’Arc
Impossible de manquer cette actualité depuis quelques jours : la saisine du Tribunal administratif par la préfecture au sujet de la statue de Jeanne-d’Arc pourrait conduire au retrait de l’oeuvre. La justice a en effet considéré en première instance que cette commande effectuée sans appel d’offres par un satellite de la Métropole niçoise est entachée « d’un vice d’une particulière gravité ». Depuis, le maire, Christian Estrosi, accuse Hugues Moutouh « de défendre le wokisme plutôt que la République ».
Mise au point du préfet, ce matin : « Nous ne sommes pas dans une République fédérale. La même loi s’applique partout, mon rôle est d’y veiller, c’est ma mission constitutionnelle. Dès que j’ai un doute sérieux, je saisis la justice. C’est ce que j’ai fait au sujet de cette sculpture » a-t-il entamé. Tout en souriant : « je préciserais que je n’ai rien contre Jeanne d’Arc. Peut-être suis-je le seul à avoir lu Le Mystère de la charité, de Charles Péguy, c’est vous dire si je suis wokiste…»
« Je fais confiance à la Métropole de Nice pour appliquer la décision de justice, même s’il faut quelques jours entre l’annonce de la condamnation et son application ». Et si la statue n’était pas déboulonnée par la collectivité, la préfecture s’en chargerait-elle ? « Si nous étions dans cette situation, la question se poserait ».
L’interdiction controversée des croisières
Vendredi, Christian Estrosi signait à la surprise générale un arrêté pour interdire les croisières de grande capacité - plus de 900 passagers - le long de nos côtes, « pour mettre fin au surtourisme ».
Un sujet sur lequel la préfecture travaille… de près : « nous sommes en train d’étudier les choses, d’en vérifier la légalité. Nous pourrions faire appel à des intervenants extérieurs pour expertiser tout cela. Mais je précise quelque chose : si nous venions à signaler ce dispositif à la justice, ce serait suspensif…»
« Un nouveau plan pour la sécurité routière »
En septembre, la mairie de Nice forçait la main de la préfecture en annonçant l’achat et l’installation de 7 nouveaux radars, sur la Promenade des Anglais pour 4 d’entre eux, les autres sur les collines. Le hic, c’est que seul l’Etat peut décider du raccordement des appareils au logiciel central. Sans cela, ils ne verbalisent pas. « Nous connecterons bien ces 7 radars, et nous en installerons d’autres dans le département, de nouvelle génération » a confirmé Hugues Moutouh.
« Dans les Alpes-Maritimes, je constate que l’on conduit trop vite, trop souvent en étant alcoolisé ou sous l’emprise des stupéfiant. Le nombre de morts sur les routes est insupportable » a-t-il poursuivi. « Je prépare une nouvelle doctrine pour que nous soyons encore plus répressifs. Les contrôles seront multipliés ».
Sur l’affaire des banderoles de la Populaire Sud
Dimanche face à l’OM, certains supporters des Aiglons avaient déployé dans les gradins une banderole barrée d’un : « que la chasse aux rats commence !». Des propos qualifiés de « racistes » par la mairie de Marseille.
Le préfet des Alpes-Maritimes partage cette indignation : « j’ai été très choqué. Le sport, ce n’est pas la guerre. Et pourtant, à chaque match, nous observons ce climat de guerre civile. Le football est confronté à une dérive » condamne-t-il. « Il faut désormais déployer les mêmes moyens que pendant le mouvement des gilets jaunes ».
Quant au match de dimanche : « voir un tifo évoquant une ‘chasse aux rats’, le tout rédigé en lettres gothiques (une allusion au nazime, NDLR) ça fait froid dans le dos. Montrer ça dans un stade, devant des familles, c’est inacceptable ».
Nuisances dénoncées à Jean-Médecin et Garibaldi
Depuis de nombreux mois, riverains et commerçants pointent des nuisances vécues le long de l’avenue Jean-Médecin et sur la Place Garibaldi, avec de l’ivresse publique, des incivilités, plus rarement des agressions, des vols. Face à cela, la mairie rejette en partie la faute sur la préfecture, qui mobiliserait des moyens insuffisants, notamment au sujet des ressortissants étrangers.
Réponse du représentant de l’État : « nous agissons avec nos moyens juridiques. Et être SDF en France, ce n’est pas un délit… Moi, je suis opposé à la voie de fait (un acte portant atteinte aux droits de la personne NDLR) et je pense que certaines situations doivent être gérées avec humanité. La répression n’est pas toujours la réponse à adopter ».
« Je précise qu’une part de ces personnes viennent d’Europe de l’Est (avec la liberté de circulation prévue par l’Espace Schengen, NDLR)» Pour finir par un petit tacle subtil : « que chaque collectivité épuise l’ensemble des ses compétences…»
Pas assez d’effectifs dans la police ?
Le 23 janvier dernier, le syndicat Un1té dénonçait le manque de moyens et d’effectifs dévolus aux enquêtes dans la police nationale, s’alarmant du fait qu’elle en soit presque arrivé « à un point de rupture ».
Interrogé par Nice-Presse, le préfet a garanti que « aujourd’hui, nous tenons la frontière, avec des résultats solides. Notre organisation est optimale, nous avons les ressources nécessaires ». Sur un plan général, « je n’ai jamais entendu un syndicat policier dénoncer autre chose qu’un manque d’effectif. C’est le jeu, c’est normal. Mais je ne pense pas qu’une société dans laquelle nous aurions un agent derrière chaque citoyen serait très saine non plus…»
« Il faut aussi reconnaître que ‘du bleu dans les rues’, ça ne suffit pas. Les enquêtes, c’est capital. Là aussi, nous avons des résultats, avec 1650 opérations anti-stups conduites, 2000 gardes à vue… Le boulot est fait ».
« Il faut davantage d’enquêteurs, oui, mais la formation prend du temps et c’est incompressible. Cannes manquait de policiers, elle en a obtenu de nouveaux. Et nous continuerons ».
« Il faut aussi des réformes qui facilitent les choses, pour que rejoindre les forces de l’ordre soit quelque chose de plus attractif. L’idée de la création d’un parquet national dédié, plus efficace contre le trafic de drogue, est par exemple intéressante ».
Les chiffres de l’immigration
« Notre frontière est celle qui concentre le plus de passages illégaux en France » pose-t-il encore. « Mais la tendance est à la baisse. Grâce aux accords entre les pays, notamment, on a décompté seulement 15.000 interceptions en 2024, contre 42.000 l’année précédente. Les débarquements en Italie reculent de 57%. On observe également qu’il y a beaucoup moins de migrants mineurs isolés dans les Alpes-Maritimes. Le contrôle de notre frontière est une question de sécurité nationale : nous ne faiblirons pas ».










Envisager d être plus réactif dans l’exécution des expulsions de logements après décision du tribunal. Ça prend trop de temps et ça n’aide pas le marché.
Donc, si j’ai bien compris.…
Un élu s’oppose au Préfet qui de son côté est garant de l’application des lois de la République…
Non ???
Ça fait désordre.….