Arnaud Frilley, directeur d’un conservatoire culturellement russe basé à Paris, souhaite reprendre la Villa Paradiso pour y établir « une filiale niçoise ». Trois semaines après cette annonce, qui a beaucoup fait parler, il précise (un peu) les contours de son projet.
On ne sait pas si le projet va se réaliser, mais une chose est certaine, il fait déjà réagir. Cela fait trois semaines maintenant que le conservatoire Serge Rachmaninoff, une institution originellement russe installée à Paris depuis plus de cent ans, a partagé sur Linkedin son intention de s’implanter à Nice. Mais pas n’importe où, dans la célèbre Villa Paradiso, en désuétude depuis des années.
Un dossier brûlant, que nous détaillons dans cet article publié le 5 mars dernier. Il faut dire qu’au vu de la réaction de la municipalité, les doutes sont permis. Si la collectivité n’y opposait pas un « non » catégorie, elle ne les confirmait pas non plus, arguant que « plusieurs projets culturels sont à l’étude ».
Dans un document qu’il nous a fait parvenir ce week-end, Arnaud Frilley, le directeur de l’institution parisienne, a donné sa vision de son plan pour le fameux monument azuréen du XIXe siècle dans le quartier de Cimiez. Et tenté de dissiper un certain malaise.
« Pas une antenne, ni un conservatoire russe »
Premier point évoqué, « le projet en question ne consiste ni à établir une antenne d’un conservatoire russe, ni à créer une quelconque institution à caractère russe », insiste-t-il, dans un contexte où la mairie de Nice a pris, dès le début du conflit, fait et cause pour l’Ukraine, agressée par le régime de Vladimir Poutine.
Arnaud Frilley réfute tout « amalgame », rappelant que le conservatoire a « reçu le Haut patronage du président de la République et le soutien du ministère de l’Intérieur dans notre action d’aide aux réfugiés d’Ukraine dès le début du conflit. »
Et de souligner que son « implication dans le domaine culturel en France depuis trente ans est purement professionnelle et n’est en aucune manière liée à des intérêts politiques ».
Organiser des conférences, des expos, des salons littéraires
Le dirigeant entend faire du domaine un « centre culturel et artistique international s’adressant à un public diversifié incluant la petite enfance et les adultes ». Il voudrait ainsi offrir une « formation complémentaire à celle du conservatoire de Nice. » La villa deviendrait une « résidence d’artistes » avec « un agenda riche en événements ».
Des concerts, des salons littéraires, des conférences, des expositions, un espace muséal… la fondation voit grand, « sur le modèle de la Villa Médicis » (cependant propriétaire de l’Etat français).
À LIRE AUSSI… Nice : dès l’an prochain, le jardin Paradisio enfin totalement accessible aux familles
« Ce projet contribuera significativement à la vie culturelle niçoise »
Arnaud Frilley confirme qu’il va maintenant se concentrer sur la présentation d’un « projet détaillé ». Il estime que la « communication via les réseaux sociaux avait uniquement pour but de solliciter l’opinion publique de la communauté niçoise ». De fait, il regrette que la démarche ait été « perçue comme une pression sur les élus ».
Quelle concurrence ?
Le directeur de l’institution Rachmaninoff a conscience que la concurrence pour acquérir le site est réelle. Il cite notamment l’accueil éventuel d’une collection privée, la création de logements ou encore l’installation d’espaces numériques initiés par l’acteur Samuel Le Bihan. Des rumeurs, pas confirmées par la municipalité.
Toujours est-il que l’homme croit néanmoins en son projet, rappelant que l’initiative contribuerait « significativement à la vie culturelle » locale et ne nécessiterait « pas d’aides municipales ». Reste à savoir avec quels financements.



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.