La Villa Paradiso de Nice bientôt nouvelle antenne d’un Conservatoire russe ? Un projet, assez peu crédible, qui est encore loin de voir le jour, pour cette superbe demeure à l’histoire déjà mouvementée.
Voilà une semaine maintenant que le conservatoire Serge Rachmaninoff, une institution russe installée à Paris depuis plus de cent ans, a publiquement annoncé sur Linkedin son intention de s’implanter à Nice. Et pas dans n’importe quel site, puisqu’elle souhaite établir ses quartiers dans la fameuse Villa Paradiso, localisée au cœur du quartier de Cimiez.

Une prise de position appuyée par Arnaud Frilley, son directeur. Dans ce post, il est question de faire de la résidence « une filiale » niçoise visant à poursuivre l’expansion « de ses activités éducatives et de son agenda culturel.»
Un projet — toutefois pas encore présenté comme « une réalité » — qui transformerait le domaine en un « conservatoire, un lieu d’évènements culturels, une résidence d’artistes, ainsi qu’un espace muséal et d’exposition », ajoute l’organisme. Et la municipalité dans tout ça, qui est propriétaire du lieu depuis 1941 ? Elle aurait soit-disant « de l’intérêt » pour cette proposition, d’après le communiqué de la fondation.
La mairie « ne confirme pas ces propos »
Mais cette dernière n’est-elle pas allée un peu vite en besogne en avançant ce point en particulier ?
A priori un peu, puisque sollicitée, la mairie « ne confirme pas ces propos » (sans rien démentir pour autant) affirmant que « plusieurs projets culturels sont à l’étude ».
Il faut également préciser que pour parvenir à ses fins, le conservatoire Rachmaninoff a besoin de réunir les millions d’euros nécessaires à l’achat et la réhabilitation. Pour ce faire, elle a lancé l’Association pour la Renaissance de la Villa Paradiso depuis le 18 février 2025. Elle espèrerait avec cela attirer des mécènes.
Autre sujet, en vendant cette bâtisse très appréciée des riverains, la Ville risque de s’attirer une vaste polémique. Car rappelons-le, on prête à Arnaud Frilley des liens privilégiés avec le régime de Vladimir Poutine.
Plusieurs épisodes de ventes avortées

Ce site chargé d’histoire est donc encore très loin de changer de mains. Bâti au XIXe siècle, en 1881, il a d’abord appartenu à un riche homme d’affaires. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il accueille le concours des Grands Prix de Rome. Successivement domicile du conservatoire, puis de la direction des services de l’Éducation, il a ensuite connu plusieurs péripéties à propos d’une possible cession par la commune. Notamment en 2008, pour finalement aboutir à un projet de maison des associations qui n’est jamais allé à son terme.
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Mis en vente en 2018 pour 7,9 millions d’euros, il n’a depuis pas changé de propriétaire malgré les années écoulées et les quelques propositions de différents organismes, le dernier en date étant Kantys, entre 2021 et 2023.
Une donation Ben ?
L’actualité autour de la villa tourne à présent autour du réaménagement des 4000 mètres carrés du somptueux jardin. Une opération programmée jusqu’à juin 2025. Un magnifique espace paysager dotée de plantations doit ainsi sortir de terre. D’ici à la fin de l’année, une deuxième zone à l’arrière, le long du boulevard Cimiez sera rénovée, rendant au parc sa superficie d’origine, soit 15.000 mètres carrés.
En novembre 2024, Nice-Presse recevait un membre du collectif « Protège le Paradiso », qui évoquait alors l’accueil dans les murs d’une collection léguée par l’artiste Ben. Une piste pas confirmée non plus par la collectivité.



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