AFP - Des perquisitions sont menées mardi à Paris et Nice - tel que mentionné au cours de notre précédent article - dans une enquête sur des « soupçons de corruption et de favoritisme » autour de cadeaux offerts par l’artiste Richard Orlinski au maire Horizons de Nice Christian Estrosi, a indiqué une source judiciaire.
Selon cette source, le parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire en septembre pour corruption et favoritisme, « susceptible de mettre en cause notamment Christian Estrosi et Richard Orlinski ».
En mars 2024, Mediapart avait indiqué que M. Orlinski avait offert à plusieurs édiles niçois ou parisiens des oeuvres d’art signées de lui, au moment où il bénéficiait dans ces villes d’expositions.
La procédure est entre les mains des enquêteurs financiers de l’Oclciff, a précisé la source judiciaire.
Confirmant partiellement des informations de la presse régionale, la source judiciaire a indiqué à l’AFP que « des perquisitions sont réalisées ce jour notamment au sein des sociétés de l’artiste », à Paris, « ainsi que dans les locaux de la mairie de Nice et de l’agglomération. »
Selon deux sources proches du dossier, ces perquisitions visent également les domiciles de Richard Orlinski et de Christian Estrosi.
Sollicités mardi par l’AFP, les avocats de Richard Orlinski, Mes Robin Binsard et Patrick Klugman, n’ont pas souhaité s’exprimer à ce stade.
Contacté en mars 2024 par Mediapart, l’artiste avait confirmé avoir adressé des cadeaux à « plus d’une soixantaine de destinataires, de tous horizons, dont l’écrasante majorité n’a absolument rien à voir avec la sphère publique ».
« 80% des destinataires de ces cadeaux travaillent dans le secteur privé, et sont des amis ou des personnes avec lesquelles je n’ai pas de relation d’affaires »
Assurant offrir « des copies de sculptures sans valeur marchande aux personnes qu’[il] souhaite, et sans en attendre la moindre contrepartie, dans le seul but de faire plaisir ».
L’avocat de Christian Estrosi, Me Mathias Chichportich, a assuré à l’AFP que son client avait « remis spontanément l’ensemble des éléments utiles sans qu’il n’y ait la moindre difficulté ».
M. Estrosi « continuera à contribuer à l’enquête et attend sereinement son issue »
Suite à l’article de Mediapart, Jean-Christophe Picard, opposant écologiste à la mairie de Nice et ancien président d’Anticor, avait signalé les faits à la justice.
Une autre enquête, menée par le PNF, vise déjà M. Orlinski depuis 2019 pour blanchiment de fraude fiscale aggravée, abus de biens sociaux et escroquerie à la TVA. Selon la source judiciaire, cette enquête est toujours en cours.



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