Chaque mercredi, RIFIFI, la rubrique des indiscrétions glanées par Nice-Presse. Vous avez une info ? Dites-le nous !
- FIASCO. C’est l’histoire d’un coup de pression qui a fait pschitt très, très rapidement. Agacée par l’un de nos récents articles au sujet de son action politique, la députée UDR des Alpes-Maritimes Christelle d’Intorni a refusé, après coup, le principe d’un droit de réponse ou d’une interview pour faire valoir son point de vue. C’est son avocate qui a contacté Nice-Presse… avec d’étonnantes méthodes. Soit notre journal rédigeait un nouveau texte qui reprenait une liste d’éléments transmis par son équipe, soit des poursuites seraient engagées. Une « proposition » pas très éloignée du chantage que nous avons évidemment refusée. La plainte a donc bel et bien été déposée contre Nice-Presse, avec une citation directe qui forçait l’organisation rapide d’un procès. Sauf qu’il n’y en aura pas, la procédure n’ayant pas été respectée par la partie adverse ! On pourrait rire d’un tel cafouillage, s’il ne s’agissait de constater la tentation galopante, chez certains élus, de s’en prendre à la liberté d’expression des médias.
- LES JO 2030 SUR TERRAIN GLISSANT. Eric Ciotti (UDR) sait parfois taper là où ça fait mal. La semaine passée, le député maralpin écrivait, remonté, au président du Comité d’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030, qui doivent se tenir à Nice et dans les Alpes. Dans cette missive, opportunément rendue publique, le grand rival du maire s’oppose vivement à l’idée d’une patinoire éphémère montée dans l’Allianz Riviera, pour les épreuves de hockey. En cause, le coût de l’aménagement et le (bref) déménagement occasionné pour l’OGC Nice. Le sel de l’affaire n’est pas tout à fait là, mais plutôt dans l’une des dernières phrases de la lettre : « Là où je serai en 2026, je m’opposerai à ce projet ». Le COJO devra faire avec un facteur d’instabilité - et Dieu sait qu’il déteste ce terme au vu des sommes pharaoniques sur la table -, à savoir l’éventuelle installation d’une municipalité Ciotti hostile à ses plans d’ici un an. Réaction agacée de l’opposition estrosiste au CD06 : « Le Conseil départemental doit choisir : soit il soutient sans réserve les JO et les équipements nécessaires, soit il assume sa volonté de saboter le projet ». Approuver la candidature des Alpes 2030 pour, dans le même temps, la torpiller en public sur un point clé c’est certes un peu comme le patinage : artistique !
- YAOURTS SALÉS. On le sait, la droite de la droite coule traditionnellement des jours heureux en Paca. Déjà, parce qu’elle surfe sur des scores costauds, mais aussi parce que la vie y est particulièrement belle, même en campagne. C’est ce que confirment les comptes - en partie recalés - du parti d’Eric Zemmour, Reconquête, pour les dernières européennes. Ont été soumis au contrôle de la Commission pour un remboursement par l’argent public de brefs séjours excédant le miller d’euros dans le cinq étoiles Pan Deï Palais de Saint-Tropez et à l’aixoise Villa Gallici (1500 euros). Parmi les documents fournis, est même demandée la prise en charge par le contribuable d’un unique yaourt. Mais attention, le petit pot avait coûté… 8 euros. Savoureux.
- « PEUT MIEUX FAIRE » Le prochain Roi du Carnaval sera une Reine et en plus de 150 ans, ce n’était jamais arrivé. C’est ce qu’annonçait la Ville, organisatrice du rendez-vous, il y a trois semaines. Sous l’oeil de la souveraine, les corsi salueront, en 2026, les nombreuses grandes personnalités de notre histoire. Un féminisme de bon aloi, persifle l’opposition écologiste. L’élu Vert Jean-Christophe Picard griffe ainsi : « C’est très bien de célébrer les femmes courageuses… Il y a néanmoins peu de chances de voir un char à l’effigie de Gisèle Halimi puisque la majorité a refusé, en 2022, de lui rendre hommage en lui attribuant un nom de rue !» Explication, alors, de la collectivité : la femme de loi, défenseure du droit à l’IVG, « n’est pas une personnalité consensuelle. Son combat pour les femmes appartient à l’histoire. Mais nous n’allons pas donner des noms de rues aux avocats des poseurs de bombes du FLN ».
- À QUI LA FAUTE ? D’ordinaire, on entendrait presque les mouches voler lors des séances du Conseil départemental, tant les échanges y sont ouatés. À un an des municipales, foin de coton, désormais, pour emballer les sabres dégainés lors de la dernière plénière. Vendredi, le groupe de centre-droit mené par Joseph Segura a ainsi tancé un exécutif « qui dérive vers les extrêmes ». En réponse, les élus Eric Ciotti et Bernard Chaix ont bombardé « le groupe macrono-estrosiste représentant d’une mauvaise gestion, du toujours plus de dépenses publiques et de fiscalité. Ici, nous sommes dans la clarté des engagements ». Ce qui aura échappé à tout le monde ! Les Alpes-Maritimes présentent une originalité presque amusante pour les non-initiés : au Conseil départemental, majorité comme opposition comportent une part d’encartés LR, alliés, par intérêt local, d’un côté aux proches de Marine Le Pen, d’un autre à l’ex-bloc présidentiel. Et, excepté Eric Ciotti et ses collègues UDR, majorité comme opposition ont soutenu, en grande partie, l’actuel gouvernement comme le précédent, en partie LR. La clarté d’une eau de boudin, vous avez dit ?
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