À l’aube d’une saison estivale qu’il juge « prometteuse », Franck Goldnadel, directeur de l’aéroport Nice Côte d’Azur, détaille à Nice-Presse Dimanche les nouvelles lignes, les grands projets et les ambitions vertes de la plateforme azuréenne.
C’est dans son bureau surplombant la piste si singulière de l’aéroport de Nice Côte d’Azur que le patron des lieux reçoit Nice-Presse Dimanche cette semaine. Au cours d’une matinée ensoleillée, celui qui gère aussi celui de Mandelieu-la-Napoule a pris le temps d’expliquer comment le groupe entend renforcer ses connexions internationales, tout en réduisant drastiquement son empreinte carbone. Entretien.
La saison estivale approche à grands pas. Comment s’annonce-t-elle à l’aéroport Nice Côte d’Azur ?
Franck Goldnadel : Nous aurons cette année encore plus de lignes que l’an passé, avec une très forte présence des compagnies long-courriers vers les États-Unis. Depuis trois ans, on constate un retour massif des touristes américains sur la Côte d’Azur. Historiquement, la ligne Nice-New York a toujours été stratégique, mais nous avons élargi l’offre avec d’autres grandes villes comme Philadelphie, Atlanta — un hub majeur permettant des connexions vers l’ensemble des États-Unis, voire l’Amérique centrale ou du Sud — et, nouveauté cette année, un vol direct vers Washington. Notre réseau américain devient ainsi encore plus complet et attractif.
Quelles autres régions se démarquent ?
L’Asie et le Golfe connaissent un succès considérable. Les compagnies telles que Qatar Airways, Etihad ou Emirates affichent complet. L’Europe reste évidemment notre cœur d’activité avec, chaque année, l’ouverture de destinations comme en Italie ou en Roumanie, par exemple.
Justement, quelles seront les grandes nouveautés cette saison ?
Nous lançons sept nouvelles destinations : Santorin, Milan Bergame, Florence, Lamezia Terme, Washington, Istanbul Sabiha et Tours, avec cinq nouvelles compagnies qui viennent renforcer notre attractivité : Animawings, L’Odyssey, Chalair, Pegasus Airlines et SkyUp Airlines. Au total, ce sont 17 nouveautés cette année, dont 12 lancements totalement inédits. On peut citer notamment Düsseldorf, Tel Aviv ou encore Chisinau.
Comment choisissez-vous ces nouvelles lignes ?
Nous utilisons des bases de données pour mesurer l’intérêt potentiel des passagers, tant pour venir sur la Côte d’Azur que pour en partir. Ensuite, nous discutons avec les compagnies pour évaluer ensemble la rentabilité, l’attractivité en fonction des saisons. L’objectif reste de lisser au maximum le trafic, tout au long de l’année.
Quelle fréquentation avez-vous atteinte l’an dernier ?
Nous avons battu un record avec 14,8 millions de passagers en 2024, dépassant même le trafic exceptionnel de 2019. Mais au-delà des chiffres, notre ambition est avant tout d’irriguer le territoire et de connecter les Azuréens au reste du monde. L’avion reste le complémentaire du train et de la voiture. Chacun ayant son rôle à jouer.
Sentez-vous que la « destination Nice » progresse réellement ?
Nice et son territoire se sont nettement modernisés ces dernières années. Peu d’endroits en France jouissent d’une telle renommée. Après Paris, Nice et la Côte d’Azur viennent immédiatement à l’esprit, de Monaco à Saint-Tropez, et même jusqu’à Marseille et Gênes. Nous sommes, de fait, l’aéroport de toute une région internationale.
Où en est-on avec l’extension du terminal 2 ?
Les travaux avancent bien. Fin avril, nous ouvrirons une première étape avec un nouveau circuit des passagers, un salon international, et des espaces d’embarquement agrandis et modernisés.
En octobre, une deuxième phase permettra la mise en service de six nouveaux postes avions directement connectés au terminal. Enfin, début 2026, une salle dédiée à l’enregistrement des passagers et à la livraison des bagages sera inaugurée.
Les élus écologistes locaux s’inquiètent d’un lourd impact causé par cette extension. Que leur répondez-vous ?
Nous avons pris des engagements forts en matière environnementale, notamment pour devenir totalement neutres en carbone dans nos propres émissions d’ici 2030. Depuis 2013, nous avons déjà réduit de 95% celles de CO₂. Nous avons aussi reçu un certificat européen qui intègre nos émissions indirectes, comme celles générées par nos clients. Nous électrifions toutes nos infrastructures, et les avions au sol seront désormais branchés électriquement durant leur escale, éliminant ainsi les émissions liées aux moteurs.
L’arrivée du tram a-t-elle changé la donne pour vous ?
Oui, totalement. Même si cela peut sembler paradoxal puisque nous tirons des revenus des parkings, l’arrivée du tram est cohérente avec notre politique environnementale globale, en encourageant nos passagers à privilégier des modes de transport propres.
Le département a récemment été touché par un petit séisme. Êtes-vous inquiet ?
Nous sommes situés dans une région où les risques naturels sont nombreux. Mais tous nos ouvrages respectent des réglementations strictes en matière de sécurité et de résilience face aux catastrophes naturelles, qu’il s’agisse de tremblements de terre ou d’événements climatiques. Nos infrastructures sont robustes !





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