Deux siècles durant, la Riviera a très largement attiré les voyageurs venus de Russie. Des invités de marque qui ont laissé un vaste héritage, en particulier sur le plan architectural.
Comme sa capitale Nice, la Côte d’Azur a pris son envol grâce aux milliers « d’hivernants », année après année. Ces touristes étrangers, qui fuyaient la météo froide et maussade pour séjourner sous le soleil du Sud de la France, ont marqué notre territoire de leur empreinte.
Parmi eux, il y a bien sûr eux les Britanniques - ainsi est née la fameuse Promenade des Anglais - mais les Russes ont pareillement enrichi à leur manière la région azuréenne. À l’époque, au XIXe siècle, le Moscou-Nice faisait le trajet en moins trois jours, et il fut le début de l’épopée des sujets du Tsar en territoire maralpin.
Le majestueux château de Valrose
Encore aujourd’hui, on peut contempler plusieurs témoignages de leur passage chez nous. Saviez-vous par exemple que le somptueux château de Valrose - antre de l’Université Côte d’Azur - est le fruit de l’imaginaire de l’architecte russe David Grimm ? L’ensemble ayant été bâti pour Paul von Derwies, conseiller d’Alexandre II.
Monument imposant et au style néo-gothique, il fut pendant longtemps considéré comme l’une des plus resplendissantes propriétés de la Riviera. Et que dire de son parc arboré de dix hectares ? Une merveille accessible à l’exploration et dont les jardins sont une invitation au dépaysement.
D’innombrables villas pour la villégiature
On retrouve aussi des traces de la présence russe avec de nombreuses villas et palaces. Le Cap-Éden-Roc, à Antibes, a notamment été financé par les aristocrates Paul de Fersen et Alexis de Plestcheyeff. Rappelons que ce luxueux hôtel fut édifié en 1870.
On ne compte plus les demeures ayant reçu pour quelques jours, ou mois, les têtes couronnées et personnalités influentes de Russie. Comme la villa Avigdor, détruite au profit d’un immeuble, où est descendue Charlotte de Prusse, impératrice de son état, en 1856. Son fils, Alexandre II, habitera lui les villas Bermond et Peillon.
La première fut transformée en mausolée commémoratif pour le tsar, décédé en avril 1865. De la seconde habitation, il ne reste désormais plus que la colonnade, que l’on aperçoit dans l’immeuble à angle du boulevard du Tzarévitch et de l’avenue du général-Weygand.
À Cannes, nous pouvons aussi évoquer la villa Kazbek, dans laquelle le grand-duc Michel Mikhaïlovitch, petit-fils du tsar Nicolas Ier, et son épouse Sophie de Meremberg, petite-fille de l’écrivain Pouchkine, s’exilèrent à la fin du XIXe siècle. À la même période, Catherine Dolgorouki, princesse et défunte d’Alexandre II, a vécu à la villa Georges, du côté de l’actuel boulevard Dubouchage à Nice.
N’oublions pas non plus la villa Le Rouve à Cannes, anciennement Wenden, dans laquelle un cours de tennis fut édifié à la demande de la grande-duchesse Anastasia Mikhaïlovn. Cette dernière a d’ailleurs fini sa vie à la villa Fantasia - rebaptisée Longemer - à Èze. Celle-ci fut entièrement rénovée en 2016.
La cathédrale Saint-Nicolas à Nice, LE symbole russe
Nous retrouvons aussi des monuments religieux, notamment dans la capitale des Alpes-Maritimes, avec l’église Saint-Nicolas-et-Sainte-Alexandra, visible rue Longchamp.
Plus impressionnante encore, la cathédrale orthodoxe Saint-Nicolas, inaugurée en 1912. Située dans le centre-ville, elle est l’un des plus grands trésors russes hors du pays.
Depuis le début de la guerre en Ukraine, plusieurs biens appartenant à de riches représentants de la Russie ont été saisis sur la Côte d’Azur.





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