Pour la première fois depuis 41 ans, un président français effectue une visite d’État à Monaco. Emmanuel Macron s’y rend ce week-end, avant le sommet onusien sur l’océan à Nice.
Le président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte seront accueillis samedi après-midi par le prince Albert II et la princesse Charlène dans la cour d’honneur du palais princier, sur le Rocher. La visite inclut un entretien privé entre les deux chefs d’État, suivi d’un dîner officiel. Dimanche, ils se rendront ensemble dans une entreprise de thalassothermie, puis au musée océanographique, avant un déjeuner en présence de leurs épouses.
Cette visite d’État, la première depuis celle de François Mitterrand en janvier 1984, illustre les liens étroits qui unissent la France et la principauté. Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande s’y étaient également rendus, mais lors de visites à portée protocolaire inférieure. Emmanuel Macron y était passé en janvier pour des funérailles, à titre privé.
Une enclave fastueuse mais interdépendante
Monaco, État souverain de seulement deux kilomètres carrés coincé entre Nice et Menton, est connu pour ses paillettes, son Grand Prix de Formule 1, son casino et sa fiscalité avantageuse. La famille Grimaldi, qui règne depuis sept siècles, continue d’alimenter les pages mondaines depuis le mariage de Rainier III avec Grace Kelly en 1956 jusqu’à celui d’Albert II avec Charlène Wittstock en 2011.
Mais derrière les fastes, la principauté dépend largement de la France : sécurité, justice, éducation ou encore administration sont partiellement assurées par des personnels français. Le chef du gouvernement, ou ministre d’État, est lui-même traditionnellement un haut fonctionnaire français. Philippe Mettoux, conseiller d’État, a été nommé cette semaine pour succéder à Didier Guillaume, décédé en décembre.
Un accord douanier renforcé
Dimanche, les deux pays signeront un nouvel accord sur la coopération douanière. Un enjeu crucial en raison de l’absence de frontière visible entre la France et Monaco, et des flux financiers en jeu. « Pensé pour Monaco », ce dispositif vise également à mieux encadrer les données liées aux infractions routières commises en France par des résidents monégasques, précise l’Élysée.
La coopération administrative, juridique et technologique entre les deux États devrait aussi se renforcer, tout en maintenant la singularité institutionnelle de Monaco. À travers ces conventions, Paris et Monaco poursuivent un dialogue complexe, mêlant proximité géographique et souveraineté affirmée.
Protection des océans, une cause commune
La visite s’achèvera par la clôture conjointe d’un forum consacré à l’économie et à la finance bleue, organisé à Monaco en amont du sommet onusien Unoc3 à Nice. Ce rendez-vous doit rassembler de grandes institutions financières et des entreprises engagées dans la transition écologique marine. L’idée : démontrer que durabilité et rentabilité ne sont pas incompatibles.
La cause océanique est de longue date une priorité pour les princes de Monaco. Le musée océanographique fondé par Albert Ier et les engagements constants d’Albert II en matière environnementale le rappellent. Emmanuel Macron a tenu à associer la principauté à l’Unoc3, prévu lundi à Nice. « Le choix de Nice a été pensé pour Monaco, dans une discussion entre le prince Albert et le président de la République », souligne Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes.
Nice-Monaco, un tandem diplomatique pour l’océan
Au-delà du symbole diplomatique, la coordination entre Nice et Monaco pour ce sommet de l’ONU reflète une volonté d’alliance stratégique sur la scène internationale. L’idée de « communauté de destins » évoquée à l’Élysée prend tout son sens : à l’heure où la planète bleue est menacée, les micro-États et les puissances régionales entendent faire bloc pour défendre une gouvernance commune des océans.
Avec AFP



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