La conseillère municipale écologiste Juliette Chesnel-Le Roux interpelle Christian Estrosi, Charles-Ange Ginésy et Éric Ciotti sur leurs « notes de frais ». Une démarche qu’elle place sous le signe de la transparence.
En pleine préparation des prochaines municipales, Juliette Chesnel-Le Roux, candidate de la gauche écologiste niçoise, a adressé un courrier aux trois figures majeures de la droite locale, Christian Estrosi, Charles-Ange Ginésy et Éric Ciotti. L’élue réclame la publication intégrale des notes de frais des exécutifs (municipal, métropolitain et départemental) sur les trois dernières années.
Cette initiative, qu’elle rattache à l’association Transparence Citoyenne (qui mène également cette croisade), se veut une action pour un « contrôle démocratique renforcé ». Juliette Chesnel-Le Roux estime que les Niçois ont le droit de savoir comment est dépensé leur argent, et appelle les institutions maralpines à « faire preuve d’exemplarité et d’ouverture ».
En s’attaquant frontalement à trois poids lourds des Alpes-Maritimes, la conseillère Verte se donne la posture de la vertu contre le pouvoir en place. Les observateurs locaux y voient déjà une stratégie bien rodée pour installer son discours dans une campagne qui s’annonce âpre.
Sujet sensible ?

À Nice, la question de la gestion est particulièrement scrutée depuis plusieurs années, et chaque euro dépensé par les collectivités alimente les discussions. L’appel de Juliette Chesnel-Le Roux réactive un débat sur la transparence des comptes, un thème qui trouve un écho certain auprès d’un électorat en quête de probité.
Reste à savoir comment réagiront les trois responsables visés. Christian Estrosi (maire, président de la Métropole), Charles-Ange Ginésy (patron du Département) et Éric Ciotti (député, président de la commission départementale des finances) ne bénéficient pas des mêmes avantages.
Depuis la réforme de 2017, l’avance de frais de mandat (AFM) est soumise à justificatifs. Les députés doivent conserver les pièces (factures, tickets de carte bleue…) pour les dépenses qui sont remboursées. Le dispositif ne prévoit qu’un contrôle aléatoire, via le déontologue de l’Assemblée nationale. Certaines dépenses « sans justificatif » sont tolérées.
Pour l’édile, la Mairie explique que les frais de déplacement et de restauration « sont strictement encadrés par une délibération du conseil municipal » et qu’il « n’existe pas de frais de représentation » de nature à s’acheter des vêtements de luxe ou des chocolats hors de prix contrairement à ce que l’on a pu le voir dans des mairies d’arrondissements parisiens ces derniers temps…
Le député Bernard Chaix s’inscrit aussi dans cette démarche, mais uniquement concernant Christian Estrosi, tel qu’il l’expliquait à Nice-Presse le mois dernier .
« Le dossier avance : il est au tribunal administratif, audiencé pour les prochaines semaines. Cela fait plusieurs années que j’y travaille. Une décision m’a déjà été favorable (la CADA a statué en faveur de Bernard Chaix, NDLR), mais Christian Estrosi ne s’y est pas conformé. Il aurait dû nous donner les pièces, il ne l’a pas fait, ce qui nous a contraints à lancer une nouvelle procédure. J’espère que cette fois-ci, nous pourrons enfin avoir connaissance de ces notes de frais. Et en informer les Niçois. »



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