Municipales 2026 – Au premier tour, Christian Estrosi (LR-Horizons) obtenait environ 31 % des voix, 10 points de moins que le candidat UDR-RN, Eric Ciotti. Espoirs mitigés et décision majeure en fin de soirée : les coulisses de la soirée du premier tour dans les QG du maire sortant.

L’attente fut longue ! Avant l’arrivée du maire, l’ambiance est plus que calme dans la permanence. Quelques tentatives optimistes, mais isolées. « Bien sûr qu’on garde le sourire ! » lance une voix dans la foule. De l’autre côté de la pièce, une autre soupire, « non, personne ne sourit, là… »

Quand les premières estimations tombent enfin, les murs ne tremblent pas. Les militants et l’entourage proche du maire découvrent les scores avec un mélange de déception et d’appréhension pour le second tour.

« Ça fait des mois qu’on travaille sur cette campagne » lâche un militant en enfouissant son visage dans ses mains. Un camarade le remarque et tente de lui remonter le moral. Bien que la très nette percée d’Eric Ciotti ne soit pas une surprise, l’écart des points, lui, interpelle. « Je ne voulais pas croire les sondages » nous confie Monique.

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Des militants de Christian Estrosi scrutent la télévision, dans l’attente des résultats du premier scrutin. Photo : Célia Soddu / Nice-Presse

Après quelques parts de pissaladière, la fatigue commence à se faire sentir. Et à 22h30, enfin, Christian Estrosi fait son entrée. Partis prendre l’air, tous les militants s’engouffrent dans la pièce devenue bien exiguë.

Sous un tonnerre d’applaudissements, l’édile entame son (long) discours. Il y défend âprement le bilan de ses dix-huit ans d’exercice. Comprendre, comment a-t-on pu en arriver là ?

Le ton est solennel, déterminé, martial presque : « nous allons lancer la bataille de Nice, et au-delà la bataille de France ». Pour cette dernière ligne droite, il lance son nouveau slogan. On passe de « Tous pour Nice » à « Nice pour Tous ». Avec, pour lui, une pointe d’émotion. C’est la première fois que Christian Estrosi n’est pas en tête au premier tour des municipales et qu’un candidat lepéniste le concurrence.

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A l’approche de l’arrivée du candidat, les militants et journalistes s’amassent dans la permanence de Christian Estrosi. Photo : Célia Soddu / Nice-Presse

« On peut ne pas partager mes idées (…) mais je suis certain qu’il y a une immense majorité qui, au deuxième tour, ne veut pas que la cinquième ville de France finisse sous la tutelle du RN. Et voir des gens quitter la ville car ce ne serait plus possible d’y vivre ».

« J’appelle tous les abstentionnistes et ceux qui ont voté pour un autre parti à se mobiliser pour la liberté de Nice. Le RN veut mettre la ville sous cloche et faire le ménage parmi les agents publics. Vous ne serez jamais un laboratoire pour eux« .

Manif’ contre le RN

Malgré la situation à tout le moins délicate, le candidat aura rassuré les troupes. La permanence se vide peu à peu. Dehors, les militants ont (un peu) plus le sourire.

« Il nous a redonné confiance », assure Yannick. « De toute façon, au-delà d’être en accord avec les idées du maire, qui veut de l’extrême droite au pouvoir ? » objecte Rita.

Il faudra attendre deux heures du matin et un communiqué pour l’apprendre : l’édile appelle officiellement « l’ensemble des forces politiques » en dehors des extrêmes à « discuter des conditions » pour faire barrage aux ciottistes.

La liste d’union de la gauche (sans LFI) se maintient bien, ce sera annoncé le lendemain. Mais Christian Estrosi espère bien représenter ce « front républicain ». Ce jeudi soir, son camp organise même une manifestation « contre l’extrême droite » sur la place Saint François.

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Journaliste native de Nice, Célia Soddu est diplômée d'un Master en journalisme et d'une licence en Philosophie. Après des expériences marquantes au sein de Nice-Matin et de La Provence, elle rejoint Nice-Presse en 2026 et la rubrique « Nos Quartiers ». Elle se spécialise dans le reportage de proximité, couvrant les débats locaux, le tissu associatif et la vie des commerces azuréens. Sa pratique s'appuie sur une éthique rigoureuse, en tant que signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

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