La relance surprise du projet de pôle portuaire à Nice-Ouest voulu par Éric Ciotti ouvre un vaste débat du côté des riverains du Port Lympia. Face aux promesses de développement économique et aux craintes de nouvelles nuisances, les habitants livrent à Nice-Presse leurs avis tranchés quant à l’avenir de notre littoral…
FAITES-VOUS ENTENDRE - « Ah bon ? Vous me l’apprenez !» Sur les quais du Port Lympia la semaine passée, les riverains ne savaient pas encore qu’Éric Ciotti, le nouveau maire, compte bien relancer le projet d’aménagement d’un site portuaire à Nice-Ouest. Un grand dessein développé par l’édile dans nos colonnes, ce lundi 18 mai. Durant la campagne électorale, l’idée n’avait pas occupé les débats. Cela pourrait changer.
Atténuer la pollution du coeur historique, développer l’économie maritime, booster l’attractivité de la Métropole… À notre micro, les arguments d’Éric Ciotti sont déjà fin prêts. Ceux des élus de gauche, critiques, également.
« Ça n’a pas l’air très pratique » tente Jean-Marc, croisé dans le quartier. Il fait référence aux navires de la Corsica Ferries, dont le trafic a été fortement réduit ces dernières années.
S’il reprenait ailleurs sur le littoral, « tous les croisiéristes sortiraient de l’aéroport et devraient conduire sur la Promenade des Anglais, poursuit-il. Ça va encombrer la route, déjà que c’est à bloc…» Sauf que si les escales ont tant que cela été limitées, c’est que l’on sait que ces passagers passent en réalité très peu de temps dans les rues de la ville.

« Pourquoi pas, lance plutôt Marc. L’équipement actuel est étouffé, il n’y a plus de places. Je voulais acheter un petit bateau, mais il fallait attendre quatre ans, vous imaginez ? Peut-être que ça peut le désengorger ».
« C’est vrai qu’ici, il y a beaucoup de nuisances, concède Joceline en jetant un œil circulaire. Je connais quelqu’un qui vit à côté, il ne peut pas rester sur sa terrasse l’été. Les moteurs tournent en boucle, c’est infernal, pour le bruit et l’odeur !»
« Mais ce projet ne ferait que déplacer le souci, affirme-t-elle. Il faut résoudre les problèmes de Lympia à Lympia. Que les bateliers passent à l’électrique, comme ça ils se branchent pour recharger leurs batteries ». De son côté, la Métropole planche sur une « séparation des activités ». La plaisance (verte) et les pointus à l’Est, les activités plus lourdes (mais électrifiées dès que possible) près de l’aéroport.
« Ce n’est pas une mauvaise idée. Si c’est bien fait, cette fois »


Le drame de 1979 reste dans les mémoires. Une opération liée à un premier chantier de construction avait provoqué un accident. « Il y a déjà eu des morts avec ce type de travaux, pourquoi remettre ça sur la table ?» s’offusque Eleonora. « J’avais un copain qui était ouvrier et qui est décédé pendant le tsunami, raconte Jean-Marc. Il faudrait attendre les résultats des études. Ce n’est pas une mauvaise idée. Si c’est bien fait, cette fois ».

« Pourquoi faire ?» demande Véronique, qui doute de la faisabilité. « Et ça amènerait tellement de pollution, déjà que les avions crachent du kérosène en permanence là-bas !» « Il y a des oiseaux qui nichent dans le coin, et d’autres espèces à préserver. On ne fait pas ce qu’on veut » soutient encore un riverain.
Bien des Niçois avec qui nous avons échangé s’interrogent au sujet « du prix que ça va coûter ». Notamment Joceline : « on ne peut pas réduire les dépenses, pour une fois ? La Ville est déjà bien endettée comme ça ». Tandis que d’autres sont conscients des immenses leviers économiques et de la compétitivité qu’un port de commerce peut engendrer.



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