Une semaine après la mort de deux innocents sous les balles dans le quartier des Moulins à Nice, trois suspects ont été mis en examen et incarcérés. L’arrestation de cette équipe criminelle permet d’éviter un nouveau drame et met en lumière l’emprise impitoyable de commandos extérieurs sur la région.
Lundi 11 mai, un homme de 30 ans surgit sur une simple trottinette devant un café et un magasin de bonbons. Ses tirs fauchent brutalement deux pères de famille totalement étrangers au trafic. Ahmed, 57 ans, et Adilson, un entraîneur de football de 39 ans, perdent la vie.
Cette attaque foudroyante laisse également six blessés dans son sillage, des hommes âgés de 23 à 52 ans. Si cinq d’entre eux sont désormais « totalement hors de danger » selon le procureur de Marseille Nicolas Bessone, la sixième victime risque de lourdes séquelles suite à « des blessures très sérieuses » aux jambes.
Commando
L’enquête, placée sous l’autorité de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, a rapidement avancé pour enrayer la spirale. Trois suspects ont été mis en examen et placés en détention provisoire quelques jours après les faits.
Parmi eux se trouve le tireur présumé, originaire de la région parisienne. Avant l’attaque, cet homme « avait rejoint Marseille où il lui était proposé de se rendre à Nice pour effectuer des missions », révèle Nicolas Bessone, son téléphone ayant borné sur les lieux clés de la fusillade.
Le commando profitait d’appuis matériels essentiels. Un jeune homme de 19 ans est accusé d’avoir convoyé les véhicules des opérations. Une femme de 26 ans est également écrouée, accusée de tenir « un rôle de logisticienne » en fournissant des appartements de repli.
#Fusillades : Nice victime d’une « guerre de territoires » menée par des trafiquants aux méthodes radicalisées
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) May 18, 2026
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Sous le feu des rivalités interrégionales
Bien que ces mis en cause nient « en partie les faits qui leur sont reprochés », leur arrestation a été décisive. Ce coup d’arrêt est intervenu à temps afin « d’éviter un nouveau drame », une seconde opération criminelle au mode opératoire identique étant programmée dès le lendemain.
Le commissaire Eric Antonetti, chef de la police judiciaire des Alpes-Maritimes, décrit un climat d’escalade « entre deux équipes de narcotrafiquants » se disputant le contrôle de l’est et de l’ouest niçois.
Les autorités dressent le portrait d’un banditisme influencé de l’extérieur. Nicolas Bessone affirme de manière tranchée : « Nous sommes dans des faits de narchomicides, des faits de guerre territoriale en lien avec le trafic de stupéfiants ». Dans ce cadre, il confirme qu’il « y a des équipes qui sont projetées et qui viennent de Marseille », tandis que le procureur de Nice Damien Martinelli pointe des « influences parisiennes ».
Le lourd tribut des habitants et des mineurs

Le bilan est devenu insoutenable pour les résidents des Moulins, qui subissent de multiples assauts. Le 8 mai, une épicerie essuyait des tirs et une explosion, suivis le lendemain par une nouvelle attaque armée ciblant des jeunes à un carrefour de la ville.
En moins de deux ans, la lutte territoriale des drogues a causé la mort de onze victimes collatérales aux Moulins. En octobre 2025, la place des Amaryllis avait déjà enduré un double meurtre pour lequel sept personnes sont poursuivies, des dossiers où la justice observe l’implication de « des jeunes désœuvrés » sur les points de deal.
Cet enrôlement précoce est massif. « Il y a une véritable explosion de la présence des mineurs dans les trafics de stupéfiants, tout particulièrement aux Moulins », regrette Damien Martinelli.
« Si je prends Nice dans sa globalité, nous avons entre 2020 et 2024 une progression de 300 % en termes d’implication des mineurs dans les trafics de stupéfiants ».
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez clamait récemment sa « détermination » à « gagner » la « guerre » contre ces réseaux, au lendemain de la mort d’un adolescent de 15 ans à Nantes et d’un incendie criminel mortel en banlieue lyonnaise lié à un probable règlement de comptes.
Ce qui est important
- Une cellule criminelle pilotée depuis l’extérieur de la région a été interceptée par la justice marseillaise, empêchant une nouvelle tuerie à Nice.
- Les innocents paient le prix du sang dans cette guerre territoriale, comme l’illustre la mort brutale de deux pères de famille étrangers au trafic de drogue.
- Le recrutement des réseaux de trafiquants s’appuie massivement sur la jeunesse locale, marquant une hausse vertigineuse de 300 % de l’implication des mineurs sur la métropole en seulement quatre ans.
Nice-Presse avec agence



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