Le président de la Métropole Éric Ciotti annonçait lundi dans Nice-Presse son intention de rouvrir le débat historique à propos de l’aménagement d’un nouveau port. Une ambition qui entre dans une phase plutôt concrète, avec la commande d’études techniques. L’Union Maritime, qui regroupe l’ensemble des filières professionnelles des Alpes-Maritimes et de Monaco, livre son analyse dans nos colonnes après une réunion avec les élus, mardi.
« On attendait vraiment cette annonce » réagit à notre micro ce mercredi 20 mai Nicolas Plumion, le Président de l’Union Maritime 06. « Pendant les municipales, nous avions interrogé l’ensemble des candidats sur ce projet. Cela fait des années que nous travaillons dessus. Nous serons force de proposition ».
C’est donc Éric Ciotti qui rouvre le débat. Mais ce grand dessein, évoqué à Nice depuis soixante ans sans aboutir, est-il vraiment crédible ? « Il faut avoir une vision de grands bâtisseurs. C’est un dossier qui demande de la réflexion et plusieurs années de mise en oeuvre. Mais il est en réalité beaucoup moins complexe que ce que l’on entend ».
Coût, sécurité, nature : les vrais enjeux du futur port à la loupe
Première question, parmi les principales, son coût : « ce n’est pas un obstacle. La Métropole pourrait être l’aménageur, ou il pourrait y avoir un partenariat avec le secteur privé. Ce n’est pas quelque chose qui créerait de l’endettement. Dans les termes, nous évoquons davantage un ‘ouvrage maritime’. Monaco nous a déjà montré que l’on peut avoir des structures relativement légères, et très efficaces ».

Autre sujet, les risques majeurs. L’accident mortel de 1979, survenu lors de premières opérations à l’ouest de Nice, est encore dans les esprits. Nicolas Plumion estime que ce parallèle n’a plus lieu d’être : « les techniques ne sont plus les mêmes, et nous connaissons bien davantage la structure de notre littoral. Avec des quais flottants, nous serions très loin du schéma des années 1970-80 ».
Ce qui fait déjà fortement réagir la gauche locale et certaines associations, c’est aussi la question d’éventuels risques pour l’environnement. Un point sur lequel l’Union Maritime assure être « extrêmement attentive ». « Il est évident que l’on ne doit pas faire n’importe quoi avec une zone Natura 2000 à proximité. Il y a aussi une réglementation qu’il faut suivre à la lettre. Les études seront riches d’enseignement ».
Ce qu’il fait valoir, c’est « un projet décarboné, tout sauf rétrograde. Quand Lympia accueille un seul bateau des cimentiers, pour des flux corses ou italiens, il s’agit de l’équivalent d’environ 70 camions. Si demain nous avions des quais pour la Plaine du Var, les marchandises pourraient être convoyées vers IKEA et Cap 3000 par les eaux plutôt que par nos routes. Le gain pour la qualité de l’air est évident ».
« Pas de nouveau pôle de plaisance, pas de développement des croisières à l’ouest »

Dans les faits, quelles activités du bassin historique (dont les riverains s’expriment par ici) pourraient migrer à l’Ouest ? Pas les yachts, ni les pointus en attente d’un anneau depuis des années : « nous avons besoin d’un espace pour le commerce, l’industrie. On n’évoque pas de nouveau pôle de plaisance, pas de développement des croisières. »
« L’un des points importants, c’est la continuité territoriale avec la Corse. Les flux (de type Corsica Ferries notamment, NDLR) se sont fortement réduits ces dernières années, et les Maralpins s’en plaignent. Ils sont nombreux à avoir des attaches sur l’Île. Et envoyer les gens à Toulon ou Savone pour prendre le bateau, ce n’est pas spécialement écolo…»
Pour finir, « non loin de l’aéroport, tout ceci permettrait de sécuriser nos ressources énergétiques pour l’avenir, notamment pour ce qui est du carburant ».





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