Relancé par Éric Ciotti dans Nice-Presse, le projet d’un nouveau port dans la Baie des Anges a ses détracteurs et ses partisans. Voici les arguments des deux camps dans ce dossier stratégique.
On peut dire qu’il a fait grand bruit ! En évoquant lundi dans nos colonnes sa volonté de reprendre le projet d’un port flambant neuf à Nice-Ouest, Éric Ciotti a initié un vaste débat. À vrai dire, ces discussions remontent à plus de cinquante ans. Depuis 1970, ses prédécesseurs à la mairie ont planché sur la question. L’objectif, à l’origine, était de résoudre la saturation et les nuisances (embouteillages, pollutions, etc) du cœur historique.
Qu’espère l’édile avec cette potentielle zone portuaire complémentaire ? Selon lui, la métropole aurait«une façade maritime exceptionnelle dont nous ne tirons pas encore tout le potentiel économique. » La « muscler » avec d’autres infrastructures permettrait de « mieux répartir les flux nautiques, de soutenir les filières économiques liées à la mer et de renforcer l’attractivité internationale du territoire ».
Concrètement, quels seraient les bénéfices de ce chantier ? Offrir davantage de places, en envoyant les activités plus lourdes (mais électrifiées dès que possible) non loin de l’aéroport et en maintenant la plaisance (verte) et les pointus à l’Est. Une option sur la table de la Métropole.
Nice-Ouest : quels seraient les véritables atouts de cette nouvelle zone portuaire ?

Un second site aurait également pour vertu de réduire les désagréments dans le port actuel. « Les moteurs tournent en boucle, c’est infernal, pour le bruit et l’odeur », rouspétait Joceline. Qui admettait néanmoins que ce ne serait que « déplacer le souci ».
Ce serait en outre un important levier économique pour la localité. « Nous avons besoin d’un espace pour le commerce, l’industrie », plaidait, au micro de Nice-Presse , l’Union Maritime, qui regroupe l’ensemble des filières professionnelles des Alpes-Maritimes et de Monaco.
Cette construction devrait également permettre de renforcer les liens avec la Corse. « Les flux (de type Corsica Ferries notamment, NDLR) se sont fortement réduits ces dernières années, et les Maralpins s’en plaignent », ajoutait Nicolas Plumion, le président.
Autre point, certains rappellent la catastrophe de 1979, quand un incident majeur au cours des premières opérations avait débouché sur une tragédie mortelle. Alors, y a-t-il un risque à ce sujet ?
« Les techniques ne sont plus les mêmes, et nous connaissons bien davantage la structure de notre littoral, balayait l’organisation. Avec des quais flottants, légers, nous serions très loin du schéma des années 1970-80. »
« Bétonnage et pollution », pourquoi les écologistes et les riverains tirent la sonnette d’alarme

Maintenant, le projet n’a pas que des partisans. Et ils ont eux aussi leurs arguments. Élue écologiste et ancienne ingénieure, Juliette Chesnel-Le Roux y voit « une fuite en avant dans le bétonnage de notre littoral », une idée « du siècle dernier ». Elle affirme qu’il s’agirait d’un « modèle polluant, saturant, et dont les retombées économiques locales sont largement surestimées. Et quid de l’impact sur la faune et la flore marines, déjà fortement menacées ?»
Les progressistes sont vent debout à ce propos. Et des habitants leur emboîtent le pas. « Ça amènerait tellement de pollution, déjà que les avions crachent du kérosène en permanence là-bas », tançait Véronique. « Il y a des oiseaux qui nichent dans le coin, et d’autres espèces à préserver. On ne fait pas ce qu’on veut », soutient encore un riverain.
Ce à quoi L’Union Maritime répond qu’elle sera « extrêmement attentive ». « Il est évident que l’on ne doit pas faire n’importe quoi avec une zone Natura 2000 à proximité. Il y a aussi une réglementation qu’il faut suivre à la lettre », nous assurait-elle. Et souhaite une solution « décarbonée, tout sauf rétrograde ».
Facture faramineuse ou investissement maîtrisé : qui va payer l’addition ?
Enfin, et ce sera sûrement un angle crucial : le budget. Car le coût serait peut-être faramineux, pas nécessairement insurmontable. Même si des Niçois appellent à«réduire les dépenses, pour une fois. »
D’après Nicolas Plumion, « ce n’est pas un obstacle. La Métropole pourrait être l’aménageur, ou il pourrait y avoir un partenariat avec le secteur privé. Ce n’est pas quelque chose qui créerait de l’endettement. » De futures études de faisabilité viendront éclairer ces zones d’ombre, d’ici à la fin 2027.





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