Alors que la chaleur invitera bientôt à piquer une tête, la propreté des eaux ravive les tensions sur la Côte d’Azur avant cet été 2026. Le dernier classement d’une association écologiste jette un froid sur le littoral mentonnais et relance la guerre des chiffres. Seul un coin est vraiment pointé du doigt, comme l’an passé.
La Méditerranée et sa belle couleur turquoise permettent-elles de se baigner sans risque ? On le sait, l’activité humaine n’est pas sans conséquences sur la Grande Bleue. Les bactéries qui y pullulent non plus, peut-on ajouter. L’association « Eaux et Rivières de Bretagne » (ERB) a publié mi-mai la troisième édition de son étude « La Belle Plage ».
Concrètement, ce rapport « non officiel » et plus strict que les normes européennes mesure la pollution des littoraux français. Il se base pour ceci sur les données recueillies par l’Agence régionale de santé sur les quatre dernières années. L’idée est « d’informer spécifiquement les baigneurs sur les risques sanitaires encourus », précise l’organisation.
Le classement est ensuite bâti en quatre catégories : « recommandé » si le lieu a au moins 95 % de « bons » prélèvements et aucun mauvais, mais aussi « peu risqué » (+ 85 %), « déconseillé » (entre 70 et 85 %) et « à éviter » (- 70 %). Évidemment, ces zones ne sont pas interdites, surtout que la méthodologie est contestée.

Plages de Menton : des voyants qui peinent à virer au vert
On apprend via ce baromètre que la situation ne serait pas totalement réjouissante à Menton. Pourtant, les résultats européens sont excellents pour la ville du citron. Sauf que d’après les estimations de l’ONG spécialisée, aucune des plages mentonnaises n’est à 100 % dans le vert.
Rien d’alarmant, et parfois des améliorations. D’Est en Ouest, les sites de Garavan, Sablettes, Fossan, Carei et Borrigo ne sont pas « recommandés » pour plonger en pleine mer, ce qui était déjà le cas l’an dernier. Pour Fossan, il y a du mieux néanmoins, puisqu’il était carrément « à fuir » en 2025. De 69 % de bonnes analyses, nous sommes passés à 76 % en 2026.

La plage du Gorbio épinglée parmi les sites les plus déconseillés
En revanche, méfiance à Gorbio visiblement, qui décroche un pénible 65 %. Cette partie du rivage arrive ainsi dans le top 40 des « pires » endroits de l’Hexagone, sur 1 869 lieux observés. Elle était carrément interdite de fréquentation par l’ARS en 2025.
Si le bilan peut inquiéter, il faut rappeler que pour l’UE, les six premiers espaces cités sont considérés comme « bons » voire « excellents ». C’est d’ailleurs cette différence de jugement et de procédé - ERB n’écarte pas les épisodes de pollution - qui explique que le palmarès soit remis en cause. En 2025 par exemple, l’ancienne équipe municipale de Nice l’avait critiqué.
Elle en appelait plutôt à scruter le label « Pavillon Bleu », « la meilleure distinction possible pour une plage, une reconnaissance qui prend évidemment en compte la qualité des eaux de baignade », nous disait-on à l’époque. Pour Menton, aucun des spots n’y figure en 2026.





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