La capitale azuréenne ne recevra finalement aucune épreuve des Jeux olympiques d’hiver 2030, une brutale éviction qui enflamme la classe politique. La majorité municipale dénonce « des manipulations politiques » quand l’opposition de gauche savoure l’abandon d’un projet jugé ruineux et inadapté aux défis climatiques. Résumé des principales opinions…
Avant que le couperet ne tombe, la communication municipale mettait en scène un Éric Ciotti (UDR) totalement mobilisé pour sauver les Jeux à Nice. Soutenu par le Département qui votait vendredi quarante millions d’euros de garanties financières, l’édile avait annoncé saisir le président de la République, évoquant même le souvenir de l’attentat terroriste de 2016 pour défendre « une ville qui mérite le respect ». Las, elle perd toutes les épreuves parmi les plus attendues, lesquelles s’organiseront carrément en dehors de notre région.
Éric Ciotti : « une décision politique »

« La décision est honteuse et scandaleuse » jugeait hier soir le maire, promettant de chercher des coupables en faisant convoquer une commission d’enquête parlementaire. Parmi ses arguments, il tacle le choix d’une commune«d’extrême gauche », Lyon, qui aurait été choisie au détriment de Nice, co-dirigée par le RN. Des « manipulations » et les « lobbies d’entreprises privées » sont aussi pointés du doigt, sans éléments concrets pour l’instant.
Ceci étant, Eric Ciotti veut faire valoir que son administration garderait « toute son ambition sportive » et que les crédits prévus pour les JO seront fléchés vers les équipements de proximité et les clubs locaux.
Dans sa majorité, Laurent Merengone, par ailleurs conseiller régional (RN) estime que la Région aurait dû couvrir ses arrières : « des difficultés étaient connues (…) Quand les alertes sont ignorées et qu’aucun plan B n’est préparé, ce sont les habitants et les contribuables qui en paient le prix. Renaud Muselier et Christian Estrosi n’ont pas su anticiper, et c’est finalement un fiasco ».
Pendant la campagne électorale, Eric Ciotti avait donné quelques sueurs froides aux instances en craignant par avance « des gaspillages et des coûts démentiels », n’écartant pas l’idée de lancer un référendum local, au moment même où des arbitrages difficiles et stratégiques devaient être pris. Une fois élu, il n’avait plus parlé de cette consultation des habitants.
La gauche salue la réorientation des budgets « vers la proximité »

Une fois encore, l’opposition de gauche tombe en partie d’accord avec l’équipe en place. Ainsi, l’élue Juliette Chesnel-Le Roux (EELV) note que Nice soit rayée de cette carte olympique constitue une « bonne nouvelle », puisque le dossier aurait constitué une « absurdité climatique, économique et financière ».
Comme la majorité ciottiste, elle préconise d’utiliser les enveloppes prévues « là où les besoins sont réels : dans la rénovation des écoles, le développement et l’entretien des infrastructures sportives ainsi que dans les services publics du quotidien. »
Et d’enfoncer : « Cette décision rappelle qu’une politique responsable doit privilégier la qualité de vie des Niçoises et des Niçois plutôt que des projets de prestige coûteux et déconnectés des priorités du territoire. » Ce que les lecteurs de Nice-Presse souhaitent déjà beaucoup, selon notre consultation menée le 19 avril dernier.
Le « pire de la politique » selon certains journaux
Toute la presse n’est pas aussi enthousiaste. Ainsi, le grand patron des trois journaux papiers de la Côte d’Azur (Nice-Matin, Var-Matin, Monaco-Matin) Baptiste Bize dénonce dans son éditorial du jour un spectacle digne du « pire de la politique », renvoyant dos à dos Christian Estrosi et Eric Ciotti, deux maires qui auront « politisé » les JOP 2030. Pour l’équipe en place, décrite comme soutenue par des extrémistes et ayant encore besoin « de crédibilité », il s’agit d’un « couac retentissant, d’un sévère revers ». Selon les trois quotidiens, « l’opinion retiendra que Christian Estrosi avait gagné les JO et qu’Eric Ciotti les a perdus ».

Selon le pureplayer de gauche Le HuffPost, l’actuel premier magistrat « omet sa propre responsabilité » dans l’affaire, puisque c’est le refus de mobiliser l’Allianz Riviera (un engagement de campagne, pour y préserver le Gym) qui aurait provoqué le départ des festivités. Pis, ses services n’auraient pas été capables de présenter des solutions crédibles en remplacement.
Renaud Muselier : « 550 millions d’euros » perdus dans les Alpes-Maritimes

La Région, qui avait porté en premier ce projet, n’a pas caché sa colère et sa déception. Le président Renaud Muselier (Renaissance) présente une ardoise en forme de « bilan du désastre » : « on a tous essayé de sauver Nice, sauf son maire. Maintenant, c’est bouclé, on a perdu Nice. Il n’en veut pas, on s’en va. On ne peut pas le faire là, on va ailleurs ».
Selon lui, le Sud-Est verrait s’éloigner jusqu’à « 550 millions d’euros » d’investissements divers et variés. Tout ce qui est ainsi annulé : billetterie, immeubles de logement, palais des sports, nuitées d’hôtels, subventions diverses, etc. L’impact global atteindrait « 1,1 milliard d’euros » envolés, même si une part représente des équivalences de valorisation dans les médias internationaux.
La mairie a depuis répondu qu’il s’agirait-là de « chiffres extravagants » qui « relèvent plus d’un calcul grotesque, de la littérature que de l’économie ».





C’était un projet indéfendable à tous points de vue (écologique, économique, social). Au lieu de l’affirmer nettement et immédiatement, et de tout annuler, Ciotti s’est empêtré dans un dossier où il ne pouvait que perdre. Certes il n’est pas le premier responsable de ce fiasco, mais il réussità en être co-responsable. Par manque de jugement politique. Gouverner (même une ville) c’est choisir, non tergiverser.
Franchement, Muselier aurait-il osé geler le Vélodrome pour les JO ?
Le tandem estrosi/muselier , deux RPR Macron compatibles sous leur (dernière) étiquette Horizon, n’ont été que fumisterie pendant trop longtemps. Les centaines de millions d’€ qu’ils ont allègrement dépensés pour leur gloriole ne peut continuer. J’attends le jour où ils devront expliquer ce qu’ils ont réellement fait avec notre pognon. En attendant, que Muselier se la ferme ! Nice n’est pas sa propriété . 🇨🇵