Les voyageurs délaissent peu à peu les moteurs de recherche classiques au profit des assistants virtuels pour concevoir leurs futurs séjours. Face à cette mutation express des habitudes, le tourisme azuréen déploie une stratégie d’adaptation numérique tout en préservant l’authenticité de sa destination.
Le réflexe a basculé en l’espace de quelques mois. Pour savoir où dormir, où manger ou que visiter, des millions de voyageurs ne tapent plus leur question dans un moteur de recherche. Ils la posent directement à une intelligence artificielle.
« Aujourd’hui, on ne demande plus à Google ce qu’on va faire. On demande à ChatGPT, à Claude et à tous ceux qu’on a dans son téléphone » observe Alexandra Borchio Fontimp, présidente-déléguée et sénatrice LR des Alpes-Maritimes. « En quelques mois, on a totalement changé notre manière de voyager. Ça a révolutionné nos habitudes autant qu’Internet a révolutionné le monde. »
« Ne pas voir le train passer »
Le danger, pour le territoire ? Disparaître des réponses générées par ces outils. « Ce sont notamment les Américains qui ont la main sur ces contenus » rappelle l’élue, qui souhaite se positionner au plus vite sur la question. Côte d’Azur France Tourisme a d’ailleurs annoncé son ambition de devenir « un département un peu pilote », en lien avec Atout France, pour tenter de peser au sein de ces générateurs.

« L’objectif, c’est que nos communes et nos professionnels soient référencés » explique la sénatrice. « Il s’agit de ne pas voir le train passer et de ne pas se faire voler les destinations. » Un retard à ne surtout pas prendre, « quand des villes comme Barcelone sont déjà en pointe sur le sujet. »
Le très haut débit comme socle
Derrière cette ambition numérique, le Département a tenu à rappeler l’effort consenti pour connecter l’ensemble du territoire, jusqu’aux villages les plus reculés du haut-pays.
« Entre 2016 et 2026, on a mis cent quatre-vingts millions d’euros pour poser la fibre optique partout » souligne son président, Charles-Ange Ginésy (LR). « Il n’y a pas une commune du haut-pays qui n’a pas le très haut débit. » De quoi permettre, partout, de travailler à l’ère du numérique « avec les outils actuels. »
À l’heure où elle cherche à séduire les algorithmes, la marque continue néanmoins de miser sur l’humain. Sur l’affiche de son tout nouveau guide des fêtes traditionnelles, signée par l’artiste azuréen Éric Garence, pas la moindre trace d’IA générative… « C’est un dessin d’humain, pour les humains, fait par un humain » sourit-il en marge de la présentation.
En savoir +
- Côte d’Azur France Tourisme a pour mission de promouvoir la destination « Côte d’Azur » et de mettre en œuvre la politique du tourisme du Département des Alpes-Maritimes.






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