Anciennement nommé Anatole de Monzi, homme politique ayant soutenu le régime de Vichy, l’amphithéâtre du Centre universitaire méditerranéen s’appelle désormais Albert-Camus. Pour l’officialiser, une émouvante cérémonie s’est tenue le vendredi 2 mai.
Institution culturelle majeure à Nice, le Centre universitaire méditerranéen (CUM) fut fondé en 1933 par Paul Valéry. L’établissement accueille depuis 88 ans des conférences, des colloques, des tables rondes ou encore des concerts. Un vrai palais de la connaissance grâce auquel on évoque aussi bien la littérature que la philosophie, l’histoire, l’art et les sciences.
Des événements qui, pour certains, se tenaient dans l’amphithéâtre Anatole-de-Monzie, tout comme les assemblées de la Métropole. Ancien ministre lors de l’entre-deux-guerres, l’homme politique a ensuite soutenu le régime de Vichy et la collaboration avec les nazis. Le nom de cet espace prêtait donc à polémique, et fut signalé à la municipalité par des élus écologistes.
« Les ‘noces’ de Nice et de la Méditerranée »
Une alerte qui a donné lieu, vendredi 2 mai, à une cérémonie au cours de laquelle sa dénomination fut enfin modifiée. Désormais, il porte le patronyme d’Albert Camus. Un moment émouvant, puisque la fille, Catherine Camus, la petite-fille, Élisabeth Maisondieu-Camus, et l’arrière-petite fille du prix Nobel de littérature 1957 étaient présentes.
Très attaché à la Méditerranée - il est né dans la région de Constantine, en Algérie - l’écrivain et philosophe a pu être décrit comme « un homme juste » qui ne « ne se trompa jamais de combat » par Agnès Rampal, adjointe au maire et responsable du CUM. Elle a également souligné l’abnégation d’Albert Camus pour « dénoncer, souvent bien seul, les crimes de tous les totalitarismes, ainsi que toutes les violences de cette douloureuse guerre d’Algérie. »
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Avec ce bouleversement, l’amphithéâtre « voulu par Paul Valéry comme le lieu de connaissance et de transmission de la culture méditerranéenne, bénéficie enfin d’une nomination digne de cette ‘machine à faire les civilisations’ comme il aimait à le dire ».
Pour Agnès Rampal, native d’Alger et dévouée à l’Euro-Méditerranée, cette nomination est une « consécration », celle « des ‘noces’ de Nice et de la Méditerranée ». Il faut d’ailleurs préciser que la famille Camus entretient encore aujourd’hui des liens étroits avec la ville.
Honoré de la médaille de la Résistance
Toutes les deux, Catherine Camus et Élisabeth Maisondieu-Camus, ont longtemps fréquenté les bancs de cette salle lors de leurs études de droit. Tout un symbole donc, d’autant plus qu’Élisabeth vit désormais dans la Baie des Anges.
Rappelons que l’essayiste, auteur de L’Étranger ou de L’Homme révolté, fut décoré en 1946 de la médaille de la Résistance.
Au-delà de son amour et de son attachement pour la Grande Bleue, ce changement de nom tend à rendre hommage à un homme engagé qui a toujours matérialisé son«refus de la violence » et « le respect de l’autre comme présupposés à toute forme d’action. »
Outre cet espace, qui peut recevoir jusqu’à 530 personnes, le Centre universitaire méditerranéen dispose de deux salons - Jules Romain et Harmonie - ainsi que d’une bibliothèque de qualité.







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