Six ans après le choc du Covid, le transport aérien français a retrouvé son niveau de fréquentation d’avant-crise. En 2025, le nombre de passagers a dépassé pour la première fois le record de 2019, porté par le dynamisme de l’international. Mais derrière ce rebond global, les lignes intérieures continuent de perdre du terrain, fragilisées par la concurrence du train, la fiscalité environnementale et l’évolution des pratiques professionnelles.
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Il aura fallu du temps, beaucoup de temps. Et même un peu plus que prévu ! Le trafic aérien en France vient seulement de refermer la parenthèse ouverte par la pandémie, avec un retour symbolique au-dessus des niveaux de 2019.
Selon les chiffres communiqués par la Direction générale de l’aviation civile, 183 millions de voyages aériens individuels ont été enregistrés l’an dernier au départ ou à l’arrivée du territoire français sur des vols commerciaux. Ce total marque une progression de 2,8 % sur un an et dépasse enfin le précédent sommet d’environ 180 millions de passagers atteint avant la crise sanitaire.
L’international tire la reprise du trafic aérien français
La reprise repose avant tout sur les liaisons internationales, qui représentent désormais 85 % du volume total de passagers. Sur ce segment, le trafic a progressé de « 7,3 %» par rapport à 2019, confirmant un net appétit pour les déplacements hors des frontières nationales.
Les routes les plus dynamiques depuis la fin du Covid sont celles reliant la France à l’Afrique, avec une hausse de « 31,8 %» en six ans. Les liaisons avec l’Union européenne affichent également une croissance de « 6,4 %», tout comme celles avec le continent américain, en progression de « 6,1 %».
À l’inverse, la zone Asie-Pacifique reste à la traîne. Les flux de passagers y demeurent inférieurs de 5 % à leur niveau de 2019. Les lignes avec la Chine enregistrent encore un recul de « 30,4 %», tandis que celles avec le Japon accusent une baisse de « 34,8 %». La faiblesse du yen, susceptible de décourager les touristes japonais, et la fermeture de l’espace aérien russe depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022 compliquent durablement la desserte de l’Extrême-Orient.
Le recul persistant des lignes intérieures en France
En contraste avec cette dynamique internationale, le trafic intérieur continue de s’éroder. Le nombre de voyageurs sur les lignes domestiques a légèrement diminué l’an dernier et reste inférieur de près de 21 % à celui de 2019.
Les professionnels du secteur expliquent cette évolution par plusieurs facteurs convergents. La concurrence du train, particulièrement sur les axes reliant Paris aux grandes métropoles régionales, pèse lourdement sur l’avion. À cela s’ajoute l’alourdissement récent de la fiscalité sur les billets, dans le cadre de la politique de transition énergétique, ainsi que le recours accru aux visioconférences et aux politiques de responsabilité environnementale des entreprises.
Les chiffres traduisent clairement ce basculement. Les liaisons entre la capitale et les régions ont perdu 30 % de leur fréquentation par rapport à l’avant-crise. Les lignes transversales, de région à région, ont quant à elles reculé de 21,5 % sur la période.
Nice confirmée sur le podium, Beauvais en forte progression
Le classement des principaux aéroports français est resté stable. Paris-Charles-de-Gaulle conserve la tête avec 72 millions de voyageurs, devant Paris-Orly avec 34,9 millions. Nice confirme sa place de troisième plateforme nationale, avec 15,2 millions de passagers.
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Beauvais, spécialisé dans les liaisons low-cost, s’est hissé à la dixième place avec 6,7 millions de voyageurs, soit une fréquentation en hausse des deux tiers par rapport à 2019. Cette performance contraste avec les difficultés persistantes de Toulouse et Bordeaux, en recul respectif de « 20,8 %» et « 23,7 %» sur six ans, pénalisés par la concurrence ferroviaire et l’abandon de bases par certaines compagnies à bas coût.
Enfin, les compagnies aériennes sous pavillon français ont légèrement amélioré leur part de marché, atteignant 38,1 % l’an dernier, contre 37,5 % en 2024, même si ce niveau reste inférieur aux 40 % observés avant la pandémie.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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