Des milliers de personnes ont manifesté samedi dans une vingtaine de villes françaises pour afficher leur soutien à la police nationale et dénoncer un manque alarmant de moyens. À l’appel du syndicat Alliance, policiers, citoyens et responsables politiques de droite ont défilé, témoignant des conditions de travail dégradées, une délinquance plus violente et des réponses pénales jugées insuffisantes.
Des sifflets, des fumigènes, des pancartes et la Marseillaise entonnée dans plusieurs cortèges. Samedi, la mobilisation a voulu marquer les esprits et rappeler que le malaise policier reste profond, malgré les annonces successives des pouvoirs publics.
À Nice, elle a vu se retrouver un large plateau politique : les députés maralpins du RN (Alexandra Masson, Lionel Tivoli, Bryan Masson), le maire Christian Estrosi, Joseph Segura pour Saint-Laurent-du-Var, Éric Ciotti (UDR) et ses alliés, le parlementaire Bernard Chaix et l’eurodéputé Laurent Castillo, etc. On aura dénombré entre 1 500 et 2 000 personnes dans la capitale azuréenne, avec des agents en civil, des familles, des seniors et plusieurs candidats aux élections municipale (sauf la gauche, pas représentée).
Des policiers dénoncent un retard accumulé et des équipements dégradés
« Se battre pour eux, une nécessité pour chacun d’entre nous »
— Menton-Presse (@MentonPresse) February 1, 2026
La députée de Menton Alexandra Masson (RN) aux côtés des policiers en colère ➡️ https://t.co/XVUc9g0SYL pic.twitter.com/XderaaeDpH
À l’origine de l’appel, le syndicat Alliance Police nationale, premier syndicat de la profession. Sur le terrain, les témoignages se ressemblent. « Les policiers en ont ras-le-bol », lance Ziane Marouane, secrétaire régional pour la Nouvelle-Aquitaine. Il pointe des commissariats vétustes, parfois en mauvais état, et un décalage persistant avec les autres pays européens. « On a 30 ans de retard par rapport aux autres polices européennes », affirme-t-il, évoquant aussi des véhicules usés et du matériel insuffisant.
À Paris, la manifestation entre Bastille et Nation a également donné la parole à d’autres organisations syndicales. Gaëlle James, secrétaire générale de Synergie officiers, dénonce un « manque de moyens patent, un manque d’effectifs et un manque de moyens matériels », dans un contexte de délinquance de plus en plus violente et de décisions judiciaires jugées inadaptées.
Une mobilisation nationale aux chiffres disputés
Les slogans affichés sur les pancartes donnaient le ton. « Sans police c’est le chaos », « all cops are heroes » ou encore « l’impunité fabrique des criminels » figuraient parmi les messages visibles à Paris. Alliance affirme avoir rassemblé « 45.000 » manifestants dans toute la France, un chiffre que les autorités n’ont pas confirmé.
Dans la capitale, le syndicat évoque « 15.000 à 20.000 » participants. En région, les chiffres varient selon les villes. Un millier de personnes à Toulouse selon les organisateurs, 1.500 à Lyon, 400 à Lille et 400 à Marseille d’après les préfectures locales. À Toulouse, David Leyraud, superviseur national d’Alliance, alerte sur une situation sécuritaire tendue. « Partout sur le territoire, les violences explosent, les trafics prospèrent, les réseaux s’installent et l’autorité de l’Etat recule », affirme-t-il.
À Bordeaux, Marc, policier, déplore des moyens insuffisants face au narcotrafic. Il décrit des criminels mieux équipés technologiquement et financièrement. « Les dealers ont des moyens de communications cryptées, de grosses cylindrées et bossent en souterrain », souligne-t-il.
Réactions du gouvernement
La mobilisation a également été marquée par une forte présence politique. À Paris, Sarah Knafo, Thierry Mariani et l’eurodéputée Marion Maréchal ont défilé derrière la banderole de tête.
D’autres élus du Rassemblement national étaient présents, comme Julien Leonardelli à Toulouse ou Edwige Diaz en Gironde. En déplacement en Moselle, Marine Le Pen a dénoncé des conditions de travail dégradées. « C’est une véritable honte de laisser des policiers, bien souvent, travailler dans des conditions qui sont même des conditions problématiques sur le plan sanitaire », a-t-elle estimé, reconnaissant toutefois « un effort » ces dernières années, jugé insuffisant.
Du côté du gouvernement, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a rappelé son devoir de neutralité et décliné l’invitation à manifester. Il a néanmoins assuré de son soutien aux forces de l’ordre. « Vous savez que vous pourrez toujours compter sur moi pour vous défendre », a-t-il écrit sur X, évoquant depuis 2017 la création de 12.500 emplois, le doublement des crédits immobiliers et l’achat de 19.000 véhicules.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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