Attentat du 14 juillet 2016 à Nice : un rapport nuance les responsabilités de la Ville et de l’État

Des blocs en béton n’ont pas été installés le soir du 14-juillet sur la Prom’, alors qu’ils auraient pu “dissuader” le terroriste. Une étude affirme toutefois qu’ils n’auraient pas été en capacité de réellement freiner le camion du tueur. Des conclusions contestées par l’avocat des familles de certaines victimes
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C’est un élément d’une importance capitale pour la compréhension du drame. Dans le cadre de l’enquête sur l’attentat de la Promenade des Anglais, un expert mandaté par la justice a reconstitué les conditions de l’attaque grandeur nature en lançant un camion sur différents dispositifs anti-intrusion, qui n’ont pas été installés par les autorités. Auraient-ils pu empêcher le drame, si des décisions différentes avaient été prises?

Une contre-expertise a été commandée par les familles de victimes à l’origine de la plainte contre X pour “manquement à une obligation de sécurité et mise en danger de la vie d’autrui”. En juillet dernier, comme nous le rapportions, l’avocat en charge, maître Jérémie Assous, a estimé que les procédés employés par l’expert indépendant ne sont pas tout à fait conformes à la réalité de l’attaque du 14-juillet (vitesse du véhicule, poids des protections, effet d’alerte du bruit sur la foule…).

Archive > Attentat de Nice : Des “failles” dans l’expertise concernant les plots de sécurité en béton?

L’étude détaillée par Nice-Matin ce jeudi 7 janvier, confirmant les infos de L’Obs cet été, apporte trois informations majeures.

La ville de Nice possédait, en 2016, deux types de dispositifs de protection.

  • Les jardinières n’ont pas été installées, mais elles n’auraient pas été efficaces

La municipalité possède plusieurs jardinières en bois blanc qui pèsent environ 1,2 tonne une fois remplies de terre. Les autorités (préfet, mairie de Nice) n’ont pas décidé d’en installer le soir de la Fête nationale, contrairement à ce qui avait été fait pendant l’Euro de football.

Lors de la reconstitution, le camion, entré en collision avec ces grosses jardinières, n’a pas été ni stoppé, ni dévié, est-il rapporté : “Le 19-tonnes a ralenti d’a peine 5 km/h au moment de l’impact avant de reprendre rapidement de la vitesse. Les dégâts occasionnés étaient superficiels. Et il n’a d’ailleurs été nécessaire de le réparer pour procéder au second essai”.

  • Les glissières en béton n’ont pas été installées, mais elles n’auraient pas pu réellement stopper le camion

Les séparateurs mobiles de voie (SMV) n’ont pas non plus été mobilisés en ville ce soir-là. L’expert note qu’en juillet 2016, la ville en détenait 26 d’une tonne et 19 de 2,2 tonnes.

Pendant le crash test du camion, il n’a été ralenti que de 8km/h, là encore sans être stoppé. L’essai a bien montré que le véhicule a légèrement dévié, notant bien que cette circonstance serait “aléatoire”.

  • Mais ces protections, même inefficaces matériellement, auraient pu “dissuader” le terroriste

Point essentiel que l’expertise n’a pu, évidemment, estimer : l’effet dissuasif dans l’esprit du terroriste du déploiement de ces imposantes protections. S’il avait vu d’énormes blocs de bétons, des jardinières d’1.2 tonne, le tout surveillé par des policiers, se serait-il tout de même hasardé à lancer son camion sur la foule?

Cette dernière aurait-elle pu réagir plus rapidement en entendant le bruit de la collision entre le véhicule et le barrage?

Impossible de le savoir.

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