Bernard Chaix, député UDR de la troisième circonscription (Nice, La Trinité, Saint-André, Falicon), est l’un des plus proches alliés d’Éric Ciotti. Dans Nice-Presse Dimanche, il déroule sa vision, ses préoccupations, et défend la stratégie d’une « alliance des droites » pour les municipales de 2026.
L’âme niçoise est célébrée sur chacun des murs : drapeaux, maillots du Gym… Dans sa permanence du quartier de la Libération, le député des Alpes-Maritimes Bernard Chaix fêtera bientôt le premier anniversaire de son élection. Alors qu’il devrait occuper un rôle clé dans la campagne municipale de son ami Eric Ciotti, ce chef d’entreprise engagé pour l’UDR n’élude rien des dossiers locaux. Interview.
À la Une de l’actu locale
Les chiffres de la délinquance à Nice sont plutôt bons, mais vous ressentez une insécurité. De quelle façon ?
C’est ce que l’on ressent partout : dans les transports en commun, l’hypercentre, autour de la gare, sur l’avenue Thiers ou rue de Belgique… On retrouve toujours les mêmes commerces et les mêmes problèmes. Sans parler de Trachel, avec tous les points de deal. Il faut plus de présence humaine, plus de policiers municipaux sur le terrain.
La Fédération des commerçants niçois s’affiche de plus en plus avec vous et Eric Ciotti. Que vous fait-elle remonter ?
Le problème commercial dépasse désormais les quartiers périphériques. Tout se concentre dans l’hypercentre, la façade maritime et le Vieux-Nice, dominés par la restauration. Les « traditionnels » n’ont plus les moyens d’assumer des loyers si élevés.
Le problème du stationnement et de la circulation revient souvent. Cap 3000 offre quatre heures gratuites alors qu’à Nice, c’est énormément plus cher (la Ville promet une extension de la gratuité pour cet été, NDLR). Aujourd’hui, la moitié des places privées de Nicetoile sont disponibles en permanence à cause du prix trop élevé. Il faut repenser le plan de circulation, faciliter les accès et réintroduire les arrêts-minute vitaux pour les petites enseignes.
Visite de l’@AssembleeNat entre commerçants avec mes amis Jean-Marie Debaisieux, Président de la Fédération du Commerce Niçois et de l’Artisanat, Yves Albiser, Vice-Président, et Marie Lupo-Guestin, Directrice !
Ils portent la voix de 17 associations et de plus de 1 200… pic.twitter.com/6fTy9K0j5Z— Bernard CHAIX (@BernardChaix) May 20, 2025
Dès 10% de vacance, la situation devient critique. Des quartiers entiers - comme Joseph Garnier - montrent un mitage inquiétant. Il faut nommer un « manager du commerce », attirer de nouvelles enseignes et aider leur implantation. Nice doit devenir un grand centre commercial à ciel ouvert.
Vous dénoncez un manque de proximité, c’est-à-dire ?
La ville se transforme en carte postale, pensée pour les touristes. C’est ce que j’entends sur le terrain. Nice appartient d’abord aux Niçois qui y vivent, travaillent, paient leurs impôts. Il est essentiel d’animer tous les quartiers, de renforcer la présence physique des élus, de réellement consulter les habitants.
Certains maires critiquent l’action de la Métropole, au sein de laquelle vous avez siégé pendant 5 ans. Vous prenez parti ?
Je félicite ces élus frondeurs et encourage ceux qui hésitent encore à les rejoindre. Voyez la reconstruction de la vallée de la Roya par le conseil départemental. Elle est remarquable, d’autant plus si on la compare à celle de la vallée de la Vésubie. Cinq ans après la tempête Alex, rien n’est fait.
Le vice-président Philippe Pradal a justifié ce retard dans nos colonnes : « notre priorité est de reconstruire des équipements robustes et résiliants […] Nous n’abaisserons pas nos exigences pour aller vite ». Votre réponse ?
Ça ne veut rien dire. En parallèle, le Département a rapidement construit des infrastructures robustes et résiliantes. Dans le même temps, dans l’autre vallée, il y a sans doute eu des surfacturations, des manquements commis avec cet argent. L’économie de l’arrière-pays, déjà précaire, va fortement en pâtir.
Le Département inaugure le dernier pont reconstruit dans le Roya.
— Eric Ciotti (@eciotti) May 15, 2025
À quand le commencement du premier pont définitif dans la Vésubie @cestrosi ?
La différence entre la communication et l’action ! La différence entre la bonne gestion et la dilapidation de l’argent public pic.twitter.com/iIFti0kAWO
En route vers les municipales
Que dites-vous à l’électeur de droite qui hésiterait entre Christian Estrosi et Éric Ciotti en mars 2026 ?
La vraie droite arrive avec nous. Christian Estrosi n’est pas de droite, il est du centre. Il a simplement rassemblé tout un « ventre mou politique ».
Et s’il venait à se présenter sous l’étiquette « Les Républicains », votre ancienne famille politique…?
Ce serait juste une veste de plus dans sa garde-robe. Il incarne tous les échecs de la Macronie, changeant constamment de posture selon ses intérêts personnels. Il étudie toutes les combinaisons possibles pour conserver sa place.
Benoît Kandel évoquait une mise en commun des idées de l’UDR et du RN en vue des municipales. Où en êtes-vous ?
Chaque formation travaille avec ses équipes, puis viendra le moment de confronter nos idées. Actuellement, la politique de sécurité de la ville ne fonctionne pas. Les Niçois réclament des commissariats de proximité, des interventions rapides, une présence physique rassurante.
Faut-il surtout compter sur une gauche forte pour l’emporter face au maire sortant ?
Éric Ciotti a toutes ses chances, quel que soit le scénario. Les électeurs en ont assez de cette tambouille, des calculs politiciens, des compromis. Nous voulons redonner Nice aux Niçois.

Premier anniversaire d’un député
Vous menez votre premier mandat de député. La mission vous plaît-elle ?
Elle me plaît beaucoup. Mon bonheur, c’est d’être sur le terrain à Nice, aux côtés des Niçois et des Niçoises. J’ai réussi à fédérer localement, même au-delà de la circonscription, grâce à ce travail de proximité auquel je tiens énormément. La troisième circonscription est atypique, elle fait le grand écart entre des quartiers populaires comme l’Ariane et de notables comme Cimiez.
Quel grand combat portez-vous à l’Assemblée ?
Je suis secrétaire de la commission des forces armées. Ce domaine me passionne, notamment les questions de sécurité et de réarmement. Cela m’offre la possibilité d’être en contact direct avec des hauts gradés de l’armée, la DGSE, la DGSI et la gendarmerie. J’envisage même d’aller plus loin dans ce domaine.
La souveraineté, c’est avoir une armée qui utilise des véhicules, des munitions et du matériel français ! 🪖🇫🇷
— Bernard CHAIX (@BernardChaix) March 16, 2025
Et cela passe par la réindustrialisation de notre pays, en baissant taxes et charges pour être enfin compétitifs ! pic.twitter.com/uinpSxOAiB
Vous êtes discret médiatiquement. Est-ce une stratégie ou une certaine réserve personnelle ?
Je n’ai pas de stratégie de communication particulière. Je suis arrivé tardivement en politique. J’aime le terrain, les rapports humains. Je n’ai pas envie de subir des montages qui tronquent mon propos. Je préfère l’authenticité et la proximité plutôt que les plateaux télévisés.
L’UDR est-il un parti supplétif au RN ou a-t-il un réel poids ?
Non, il y a un parfait équilibre et une bonne entente. À l’Assemblée, nous avons une communion d’idées sur le régalien, la fiscalité, tout en conservant notre identité. Je suis ciottiste, pas lepéniste.
Comment se structure cette formation ?
Nous avons des référents dans quatre-vingt départements, bientôt dans toute la France. Chaque ville aura une tête de liste UDR ou RN, avec une représentation équilibrée des deux partis dans les listes.
La question cash — Si Éric Ciotti ne se présentait pas, est-ce que cela pourrait être vous ?
«La question ne se pose pas. J’ai toujours été derrière Éric Ciotti. Les législatives, c’était loin d’être gagné d’avance. Je suis allé au combat face à un ancien maire de Nice, qui a fini troisième avant de se retirer et d’appeler à voter pour une candidate du Nouveau Front Populaire, avec les logos de la France Insoumise. Les Niçois ne sont pas dupes, et ils ne le seront pas davantage en 2026 !»









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